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Pénurie d’eau : un casse-tête

Eau potable en mairie de Bujumbura : toujours un long chemin à faire

Le ministère de l’Hydraulique, de l’Energie et des Mines reconnait la carence d’eau potable en mairie de Bujumbura. Il estime à plus de 30% la perte de la production d’eau potable par jour. Pour y faire face, les investissements privés dans ce secteur s’avèrent une nécessité

Par Mélance Maniragaba, Burundi Eco

Léonidas Sindayigaya, porte-parole du ministère de l’Hydraulique, de l’Energie et des Mines : « Les investissements dans le domaine de la distribution de l’eau potable exigent beaucoup de moyens ».

Selon Léonidas Sindayigaya, porte-parole du ministère de l’Hydraulique, de l’Energie et des Mines, l’eau potable est un produit qui constitue un grand défi pour le faire parvenir à la population. Cela dans la plupart des pays.

« Les investissements dans le domaine de la distribution de l’eau potable exigent beaucoup de moyens. Ce qui fait que les investisseurs privés sont moins intéressés par ce secteur. Celui-ci n’est pas productif en terme de rentabilité », indique M. Sindayigaya avant de reconnaître qu’à Bujumbura, capitale économique, comme partout ailleurs dans le pays, on constate une carence d’eau potable.

Toutefois, renchérit-il, des efforts sont en train d’être fournis à Bujumbura comme dans les autres centres urbains du pays. Cela malgré le budget insuffisant et l’augmentation de la population en besoin d’eau potable.

Des changements avant la fin de cette année à la Regideso

Face aux défis auxquels font face la Regideso, notamment les équipements vétustes, la faible production d’eau potable par rapport à la demande, les problèmes liés au recouvrement des arriérés, le porte-parole du ministère en charge de l’hydraulique précise que les partenaires ont déjà promis de contribuer au redressement de la Regideso.

« On envisage de séparer le secteur de l’eau potable et le secteur de l’électricité à la Regideso. Par ailleurs, il y aura pas mal de changements dans cette institution », annonce M. Sindayigaya avant d’indiquer qu’une étude a été faite à cet effet et qu’il y a également des exigences des partenaires comme la Banque Mondiale (BM) jusqu’ici attendus.

Les partenaires vont appuyer également sur la mise en place de la loi sur l’organisation de la distribution de l’eau potable. « Celle-ci est toujours dans l’avant-projet et reste une préoccupation du ministère. Ce qui contribuera à l’amélioration de la distribution de l’eau potable », informe-t-il.

M. Sindayigaya fait remarquer que la seule alternative pour le réseau vétuste de la Regideso est de remplacer les tuyauteries et de réhabiliter les canalisations. Pour lui, les pertes sur le réseau dépassent 30% de la production journalière d’eau potable. D’où il serait mieux de les réduire et de rester dans les limites acceptables de 20%.

« Au début de l’année 2023, l’eau potable produite par la Regideso est estimée à 150 mille m3 par jour. Bien qu’il soit difficile de connaître les besoins en eau potable de la Regideso nécessaire pour alimenter la population, la quantité pourrait être projetée à 200 mille m3 par jour », fait-il savoir.

Des avancées dans le secteur de l’eau

M. Sindayigaya témoigne que des avancées sont enregistrées dans le secteur de l’eau potable. « La Regideso prévoit investir 60 milliards de BIF pour l’année 2023-2024 dans le secteur de l’eau potable », signale-t-il avant d’aviser que même au niveau des petits centres du milieu rural, l’Agence Burundaise de l’Hydraulique et de l’Assainissement en Milieu Rural (AHMER) prévoit 12 à 15 milliards de BIF chaque année pour construire les adductions d’eau.

Pourtant, confirme-t-il, la quantité d’eau potable reste insuffisante. Pour le cas des villes installées à Bujumbura-mairie et des autres villes installées le long du lac Tanganyika, M. Sindayigaya a souligné qu’on doit penser au grand réservoir d’eau douce qu’est le lac Tanganyika.

D’après lui, les contacts sont en cours pour chercher les partenaires qui vont aider dans le captage de l’eau dans ce lac. Et de déplorer que les eaux provenant des sources des collines ne peuvent pas suffire pour desservir la population. Il l’invite d’ailleurs à gérer la quantité mise à sa disposition.

En matière de gestion intégrée des ressources en eau et d’assainissement, le Plan National de Développement pour la période 2018-2027 stipule que les défis du secteur sont le manque de cadre légal et institutionnel, la préservation et la valorisation durable des ressources en eau, la mise en place du code d’assainissement, la promotion de l’assainissement de base en milieu rural, la création d’une base de données sur l’eau et l’assainissement et l’aménagement adéquat des bassins versants.

La stratégie sectorielle alignée au Plan National de Développement du ministère en charge de l’hydraulique prévoit une extension du système d’alimentation en eau potable dans la partie Sud de la ville de Bujumbura et dans les nouveaux quartiers viabilisés de la ville Bujumbura par captage des eaux du lac Tanganyika. Le coût global de la réalisation de ces activités est évalué à 132,068 de milliards BIF, soit 71, 201 millions USD. Elle envisage aussi l’élaboration d’un schéma de développement du réseau d’Alimentation en Eau Potable (AEP) de la ville de Bujumbura.

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