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Le Pr Marc Ngendahayo encourage la culture du millet au Burundi

Cet enseignant et chercheur en agronomie avec plus de 50 ans d’expérience au Rwanda, au Nigéria et au Burundi considère le millet comme une céréale « stratégique pour l’avenir de l’agriculture burundaise » de par sa résistance aux changements climatiques, sa richesse sur le plan nutritionnel et ses atouts agroécologiques

Une céréale présente en Afrique depuis près de 5.000 ans, mais très peu connue au Burundi: les personnalités qui l’ont introduite depuis 2020 l’ont ramené de Tanzanie. Alors que le pays affiche l’un des taux de malnutrition les plus élevés au monde (jusqu’à 56% des enfants de moins de cinq ans), et que les aléas climatiques, dont des périodes de sécheresse, balaient certaines des 3.037 collines du Burundi, le Pr Marc Ngendahayo voit dans le millet l’une des réponses aux défis du moment.

Et c’est pour faire connaître cette plante que le Pr Ngendahayo lui a dédié le deuxième volume de sa série sur l’horticulture au Burundi, publié aux Éditions Gusoma et présenté à l’Hôtel Belan, à Ngozi, ce 23 juillet 2026.
Une céréale riche en nutriments, capable de vivre dans des sols de 300mm de pluie avec plus de 30° de température ambiante, et qui se prête à la préparation culinaire sous différentes formes. Bouillie, pain, crêpes, galettes, gâteaux, pâte, et bien d’autres aliments à base de farine: les invités aux cérémonies ont pu goûter à toutes ces déclinaisons.

Devant un parterre composé des collègues du milieu universitaire, des fonctionnaires de l’ISABU, des agriculture, des religieux, et des membres de sa famille, l’infatigable agronome de 78 ans, enseignant à l’université École Africaine de Leadership et d’Innovation (EALI) à Ngozi a mis également en avant les avantages du millet dans les systèmes agroécologiques.

Une plante aux multiples vertus

En effet, le millet protège les sols en réduisant l’érosion éolienne et hydrique par le couvert qu’il forme et qui amortit l’impact des gouttes de pluie (« effet splash« ), protégeant les surfaces contre le vent et le dessèchement. Ses racines se développent en profondeur (jusqu’à deux mètres) et en largeur, ce qui retient efficacement les particules de terre et stabilise la structure des sols.
Il absorbe de l’azote dans les sols, et leur apporte du carbone, tout en améliorant leur biodiversité après sa décomposition.
Plusieurs qualités qui ont conduit la FAO à déclarer « 2023 l’Année Internationale du Millet ».

Selon le Pr Marc Ngendahayo, cette céréale s’intègre facilement dans les rotations culturales et se combine efficacement avec les légumineuses (arachide, petit pois, haricot), très répandues au Burundi. Une complémentarité qui permet aux agriculteurs de maintenir la fertilité des terres tout en limitant l’utilisation d’engrais chimiques.

Convaincu de son potentiel, le professeur Ngendahayo appelle les producteurs, les chercheurs, les autorités publiques et les partenaires du secteur agricole à unir leurs efforts pour promouvoir cette culture: «Le millet peut contribuer à nourrir les populations, à protéger les terres agricoles et à renforcer la résilience des agriculteurs face aux changements climatiques », conclut-il.
Pour ce chercheur, l’avenir de l’agriculture burundaise passe aussi par la valorisation de cultures encore peu exploitées mais capables d’apporter des solutions durables aux défis alimentaires et environnementaux du pays.

Le livre « Le Millet: Une céréale stratégique pour l’avenir agricole et alimentaire au Burundi » du Pr Marc Ngendahayo est disponible à Bujumbura à la Librairie Saint Paul (30.000Fbu l’exemplaire), et sur Amazon.

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