Gitega: l’eau potable entre dans les denrées rares de première nécessité
Dans plusieurs quartiers de la ville de Gitega, l’eau de la Regideso n’est pas toujours disponible. Aucun quartier n’est à l’abri d’une coupure. Ces pénuries régulières sont devenues des gagne-pain des taxi- vélos et autres personnes sans emploi.
Par Jean Noël Manirakiza, Iwacu

Dans les quartiers, il faut toujours être sur ses gardes. Les plus prévoyants se munissent toujours des bidons de 100, 50 et 20 litres pour stocker cette eau qui peut devenir rare à tout moment. On ne peut pas dire qu’il y’a une rupture qui dure longtemps mais 2 journées ou 12 h peuvent passer sans que l’eau ne coule dans les robinets. C’est devenu une habitude à Gitega car au fur et à mesure que les quartiers s’agrandissent, l’eau potable diminue et les plus éloignés du centre-ville sont les moins servis.
Dans les quartiers populaires comme Magarama, Nyamugari, Yoba, Gahera dans lesquels tous les ménages ne possèdent pas des robinets dans leurs parcelles, les habitants se débrouillent en allant faire la queue sur des robinets publics. Pendant la période de pénurie, ils sont les premiers à souffrir. « Au moment où les autres peuvent en avoir durant les heures avancées de la nuit, nous devons attendre le matin quand les gestionnaires de ces robinets sont sur place pour puiser. », confie une habitante du quartier Yoba. Et là, il faut être chanceux car, souvent ils rentrent bredouille malgré des heures passées sur des longues files d’attente.
« Quand les uns se lamentent qu’ils ne dorment pas pour ne pas rater l’arrivée de l’eau, nous le prenons pour de la chance. Chez nous, il faut toujours payer un taxi-vélo pour qu’il t’amène 5 bidons à 2500 BIF », charge Caroline du quartier Magarama. D’après cette mère de famille, la recherche de l’eau ne peut pas incomber à la seule domestique qu’elle a. D’après elle, elle doit se munir de 3000 BIF par jour pour avoir de l’eau potable chez elle sinon l’utilisation de l’eau sale pour la cuisine et la vaisselle reste la seule solution.
Même son de cloche chez Audace du quartier Nyabiharage. D’après lui, même si ce n’est pas tout le quartier, il arrive qu’il passe deux jours sans l’eau de la Regideso dans le robinet chez lui. « Quand nous nous adressons à la Regideso, c’est toujours la même réponse : l’eau est insuffisante peut-être que pendant la saison des pluies nous en aurons plus et vous serez tous servis! »
L’eau de la Regideso ne suffit plus pour toute Gitega
Pendant les périodes de faibles précipitations, cette seule société qui fournit l’eau potable se retrouve à l’épreuve de l’incapacité de répondre à la demande d’une population en pleine urbanisation. Les habitants de la ville de Gitega peuvent ne pas avoir accès à l’eau pendant plusieurs jours ou alors seulement quelques minutes par jour .La population des quartiers périphérique se débrouille avec l’eau des ruisseaux et bornes fontaines. Cependant, ces ressources sont menacées par la surexploitation et la pollution. « Lorsque les tuyaux sont à sec pendant toute une semaine, la seule option est le recours à l’achat chez les taxis-vélos ou le marigot », déplore Donatien de la 2ème Avenue de Gahera, sous-quartier de Magarama appelé communément quartier Place.
La recrudescence des vols des compteurs d’eau dans les ménages participent à cette pénurie d’eau potable. Une information confirmée par les services de la Regideso à Gitega fait état de plus de 10 compteurs volatilisés au quartier Magarama dans ce seul mois de septembre 2023. Comme des sources au sein de la Regideso nous l’ont confirmé, la pénurie d’eau potable peut avoir différentes causes : les pics de consommation d’eau, les pannes, l’augmentation de la densité de la population, le manque d’équipements comme les tuyaux et compteurs, … Les autorités régionales de la Regideso n’ont pas été disponibles pour plus d’amples informations.




