Le retour au pays de l’enfant prodige
Arrivé au pays, le jeune entrepreneur est particulièrement frappé par la dure réalité de la pauvreté sur sa colline. « Quand je suis revenu au pays, j’étais bling-bling. Je venais du Canada, dans un milieu plutôt aisé. J’avais tout ce qu’un jeune homme peut désirer dans la vie : argent, voitures, voyages, etc. Retrouver la famille, l’entourage, dans un tel état, cela m’a profondément marqué. » Entre-temps, le jeune a décroché une bourse universitaire en soins infirmiers. Après les vacances, il retourne au Canada poursuivre ses études.
Mais, impossible pour lui de continuer les études, comme si de rien n’était. « J’arrête l’école, et vais chercher de l’argent pour aider sur la colline. Je suis embauché dans le pétrole, à l’époque qui paie beaucoup. Je commence par la construction d’un orphelinat qui accueille plus d’une cinquante d’orphelins, mais aussi d’ailleurs, comme Gitega et Ngozi. » Après, le jeune homme retourne à la fac pour terminer son cursus en 2009. Après, il se lance dans la médecine. Pendant ce temps-là, Jackson est victime des violences policières, ceci développe en lui un sentiment de non-appartenance au Canada.
Juste après être la graduation, il retourne directement sur la colline Gasenyi pour s’y installer définitivement, avec comme nouveau projet : la construction d’un hôpital. « Par ailleurs, durant le séjour à la fac, j’avais remarqué que les hôpitaux du Canada utilisaient encore du vieux matériel, alors qu’ailleurs, ils étaient passés à un matériel à la pointe. Avec certains de mes amis, nous allons faire du lobbying pour changer cela. Une opération qui a poussé ces hôpitaux à changer de matériel, lequel je vais hériter pour lancer mon hôpital. »
C’est en 2016 que l’hôpital, la clinique Ubuntu est inaugurée. Mais Jackson remarque très vite que la plupart des patients ont un point en commun : la malnutrition. Pour cette raison, il se lance aussi dans l’agriculture, l’élevage et la pisciculture. « Tous les matins, en examinant les patients, je discutais avec eux pour essayer de me familiariser avec eux. Et quand j’asseyais de creuser pour trouver l’origine de leur maladie, pour la plupart, parmi les causes, il y’avait toujours la sous-alimentation. En rentant au Burundi, j’avais 50.000 $, une partie je l’utilise pour construire la clinique, l’autre j’achète des terres et du bétail, pour offrir à manger aux plus démunis. »
Dans le cadre du projet « Tuyage » financé par l’USAID, le Magazine
Jimbere s’associe avec Search For Common Ground au Burundi
(partenaire de mise en œuvre du projet) dans la production d’une
série d’articles économiques




