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National Prayer Breakfast : un appel à la responsabilité et à l’intégrité des dirigeants burundais

Réunis ce mardi 14 avril 2026 au siège de l’Assemblée nationale, à Kigobe, à l’occasion du National Prayer Breakfast, une rencontre annuelle dédiée à la prière, au partage et à la réflexion sur la gouvernance du pays, les hauts dirigeants burundais ont été appelés à renforcer leur sens des responsabilités, à respecter les lois et à promouvoir une gouvernance intègre au service du développement national.

Placée sous le thème biblique tiré de l’épître aux Romains : « C’est aussi pour cela que vous payez les impôts, car les autorités sont des ministres de Dieu, entièrement appliqués à cette fonction » (Romains 13:6) , cette édition a rassemblé un large éventail de dirigeants politiques, religieux et institutionnels.

Le président Évariste Ndayishimiye annonçant le découvert d’une pierre exceptionnelle

Parmi les participants figuraient le Président de la République, Évariste Ndayishimiye, le Vice-Président, le Premier ministre, les anciens chefs d’État, les présidents des deux chambres du Parlement, ainsi que plusieurs parlementaires et hauts responsables du pays.

Organisé chaque année, le National Prayer Breakfast constitue un moment privilégié de communion entre dirigeants, visant à promouvoir l’unité nationale, la prière collective et le dialogue constructif en faveur du développement du pays.

Cette tradition, importée des États-Unis, remonte aux années 1930-1940 sous l’impulsion du pasteur méthodiste Abraham Vereide. Elle a ensuite été institutionnalisée en 1953 par le président américain Dwight D. Eisenhower. Aujourd’hui, elle est adoptée par plusieurs pays, dont le Burundi, où elle en est à sa 17ᵉ édition.

Appel à l’intégrité et au respect des lois

Le père Désiré Yamuremye appelle chacun à vivre dans la vérité et à respecter leurs obligations, notamment fiscales

Dans son message, le prêtre Désiré Yamuremye a exhorté les dirigeants et les citoyens à vivre dans la vérité et à respecter leurs obligations, notamment fiscales. « Il est préoccupant de voir certains se réclamer de Dieu tout en violant les lois du pays, en détournant les ressources publiques ou en évitant de payer les taxes », a-t-il dénoncé.

Il a insisté sur le fait que le paiement des impôts constitue à la fois un devoir légal et un engagement moral, tandis que leur bonne gestion relève de la responsabilité des autorités.

Intervenant lors d’un panel, l’ancien président Domitien Ndayizeye a dressé un constat préoccupant de la situation éducative au Burundi. « Le système éducatif est aujourd’hui en dégradation. Autrefois, un élève sortant du secondaire pouvait rivaliser à l’international. Aujourd’hui, même certains diplômés universitaires peinent à atteindre ce niveau », a-t-il regretté.

Selon lui, cette situation constitue un frein majeur au développement du pays et appelle des réformes profondes.

Le leadership, une responsabilité partagée

De son côté, l’ancien président du Sénat, Emmanuel Sinzohagera, a rappelé que toute autorité est avant tout un service rendu à la population. « Chaque dirigeant doit se considérer comme un serviteur du peuple, investi d’une mission divine », a-t-il souligné, appelant à une gestion responsable et transparente des ressources publiques.

Le Président Évariste Ndayishimiye a abondé dans le même sens, affirmant que le leadership ne concerne pas uniquement les hautes autorités : « Que personne ne pense que diriger est réservé au Président ou aux élites. Chacun est appelé à exercer un leadership à son niveau. »

Il a également insisté sur la responsabilité individuelle dans la gestion des missions confiées par Dieu, appelant les dirigeants à agir avec droiture et crainte de Dieu.

Ex président Domitien Ndayizeye critiquant le système éducatif burundais

Pour sa part, Domitien Ndayizeye a nuancé l’idée selon laquelle toute autorité serait automatiquement d’origine divine : « Il faut faire preuve de discernement. Certains dirigeants ne servent pas le bien commun. L’histoire nous en donne des exemples », a-t-il déclaré, évoquant les dérives autoritaires du passé.

Il a également insisté sur la nécessité d’un système fiscal équitable et d’une lutte efficace contre la corruption, tout en reconnaissant les défis liés à la fraude et à la mauvaise gestion.

Vous saurez qu’en marge de ces échanges, le Président Ndayishimiye a surpris l’assistance en révélant avoir récemment découvert une pierre « exceptionnelle », décrite comme transparente et verdâtre. « Je vais la faire analyser. Elle pourrait contenir quelque chose d’important », a-t-il indiqué, soulignant le potentiel des ressources naturelles du Burundi comme levier de développement économique.

Il a rappelé que la richesse du pays réside dans ses ressources naturelles, ses terres fertiles et son capital humain, appelant à leur exploitation responsable pour le bien-être de la population.

Ecrit par Elvis Nshimirimana

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