Au Burundi, des dizaines d’enfants réfugiés peinent à accéder à une scolarité normale. Retards accumulés, barrières linguistiques et manque d’accompagnement compromettent leur avenir, tandis que parents, associations et autorités appellent à des réponses rapides pour éviter un décrochage massif.
Les enfants réfugiés au Burundi font face à de nombreux obstacles pour poursuivre leur scolarité. Parmi les principales difficultés figurent les différences de systèmes éducatifs : certains viennent d’écoles anglophones ou swahiliphones, ce qui rend leur adaptation au système burundais, principalement francophone.
À Karidonzi, dans la commune de Ruyigi, Violette Nshimirimana, réfugiée et mère de cinq enfants, témoigne avec inquiétude : « Mes enfants ne vont pas à l’école. Je les vois errer dans les rues pendant que les autres apprennent. Parfois, je réagis durement, mais ma priorité reste de leur trouver à manger. »
David Ninganza, vice-président de l’association SOJEPAE, tire la sonnette d’alarme : « Ces enfants risquent de décrocher. Il faut des mesures concrètes pour leur permettre de suivre les cours, même après plusieurs mois d’absence. » Il pointe notamment les retards d’inscription fréquents en cas d’arrivée en cours d’année ainsi que le manque d’encadrement adapté : « On ne peut pas évaluer un enfant sur des matières qu’il n’a jamais étudiées. »
Des mesures de soutien encore insuffisantes
Herménégilde Nibigira, directeur communal de l’éducation à Ruyigi, reconnaît les difficultés : « Nous accueillons certains enfants en cours de semestre, mais il est difficile de les évaluer immédiatement. Il faut d’abord les encadrer et renforcer leurs acquis. »
Parmi les solutions envisagées figurent l’organisation de cours de rattrapage pendant les grandes vacances, ainsi que la mise en place d’un encadrement individualisé, permettant d’évaluer les efforts et les progrès des élèves plutôt que de leur imposer une moyenne standard souvent inatteignable.

Pour David Ninganza, le rôle des familles et des partenaires est essentiel : « Les enfants doivent comprendre que leur vie ne s’arrête pas avec l’exil. Avec l’appui du HCR et des associations locales, ils peuvent continuer à apprendre sans se sentir abandonnés. »
De son côté, Herménégilde Nibigira insiste sur la nécessité de faciliter l’inscription des enfants réfugiés : « Ils doivent pouvoir s’inscrire avec leurs bulletins précédents. Il ne s’agit pas de les sanctionner, mais de les aider à reprendre le fil de leur scolarité. »
Néanmoins, Mr Nibigira indique : « Quant aux enfants que nous avons accueillis au début du deuxième trimestre, nous avons récemment reçu une instruction de nos supérieurs indiquant que tous les élèves arrivés devront attendre la prochaine année scolaire. C’est à ce moment-là qu’ils se verront attribuer des places et seront accueillis sans aucune condition préalable. »




