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Jackson et la clinique Ubuntu, le coup de cœur à appuyer

Service pédiatrie de la clinique Ubuntu

A 6ans, Jackson doit apprendre survivre seul dans la natureu

Sur terre, j’ai déjà vécu l’enfer et le paradis, résume-t-il. Une vie d’obstacles, jonchée de hauts et de bas. L’histoire débute en 1993. Une nième guerre civile sévit au pays. Jackson, 6 ans, échappe in extremis à une mort certaine. La seule issue qui reste : fuir le pays. Séparé de sa famille, il se retrouve dans un camp de réfugiés burundais improvisé en RDC. Il doit alors apprendre à vivre seul.

Il est obligé de travailler pour survivre, mais cela se transforme en un calvaire. « Pour avoir quelque chose à me mettre sous la dent, j’ai menti que je pouvais remplir le rôle de berger. Même si à la maison, on élevait du petit et grand bétail, j’étais encore très petit pour y participer. Une famille congolaise m’offre le petit boulot, mais en retour, je suis maltraité : je ne vois ni paie, ni nourriture. Au contraire, je suis souvent battu. Et ce sont les mangues non mûres qui constituent mes repas quotidiens »

Le trentenaire rentre dans les détails de son périple, tout en s’efforçant de retenir ses larmes. Mal nourri, le jeune garçon tombe gravement malade. Par miracle, il est évacué à l’hôpital. Guéri, il fait tout pour ne pas retourner chez la famille qui le séquestrait. La suite ? « Par hasard, je rencontre d’autres réfugiés burundais en partance au Mozambique vers une meilleure verdure. Sans papiers, ils ont besoin d’un enfant pour la traversée. »

Jackson et ces nouveaux amis parviennent à passer les frontières. Avec l’aide de ces derniers, Jackson réintègre l’école : « A l’époque, j’ai 9 ou 10 ans. Je passe en 3ème année primaire. » Des jours plus tard, ils seront arrêtés par la police. Jackson, encore mineur, échappe à la prison. Il est alors placé dans un camp de réfugiés, avant d’être transféré dans un autre camp au Zambie. Là-bas, toujours pour survivre, il doit faire de la débrouillarde. 

Un jour, en faisant de l’aumône, il rencontre une « blanche », et une nouvelle page de sa vie va s’écrire. « Elle était Canadienne. Elle m’a demandé ce que je voulais comme appui. Sans hésiter, j’ai répondu que je voulais retourner à l’école. Je me rappelais toujours de ce que maman disait :  » Les enfants, ne soyez pas comme nous (leurs parents, Ndlr). Allez à l’école, et vous aurez avoir une vie meilleure. » »

La femme lui donne rendez-vous le lendemain, lorsque son mari sera présent. Le matin, quand Jackson retourne les voir, ils décident de l’aider à retourner à l’école, et enfin l’adopte pour vivre avec eux. Par ailleurs, le jeune garçon est particulièrement brillant à l’école. Et quand la famille adoptive retourne au Canada, sans document attestant leur paternité vis-à-vis du jeune garçon, il ne peut pas embarquer avec eux.

Il sera aidé par un « ange », Éric, un autre burundais vivant Zambie. Il va prétendre être son oncle pour le faire traverser l’aéroport. C’est ce même Éric qui, des années plus tard, va aider Jackson à retrouver sa famille qui le croyait mort. C’est en 2005, à la fin des études du secondaire, que Jackson revient au Burundi et retrouve sa famille, et sa vie change à jamais.

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