La jeunesse au cœur de l’agenda présidentiel
Président pro-jeune dans les paroles et les actes, le bilan du Président Evariste Ndayishimiye est jugé comme positif par plusieurs observateurs. Avis partagé par Rémy Havyarimana, qui salue des initiatives encourageantes même s’il persiste des défis de taille.
Par Christian Bigirimana, Jimbere Magazine
Dans un pays où 70% de la population burundaise a moins de 35 ans, ceux dont l’âge compris entre 14 et 35 ans représentent plus de 50%, où 93% des jeunes diplômés passent plus de 5 ans avant de trouver le premier emploi alors que les jeunes chômeurs sont trois fois supérieurs à ceux qui ont un emploi, il était donc impératif de repenser le modèle d’employabilité et d’autonomisation des jeunes.
Le Président Evariste Ndayishimiye a compris cette urgence. Le 31 août 2021, devant près de dix mille jeunes entrepreneurs issus de tous les milieux socioprofessionnels de la capitale économique de Bujumbura, il a exhorté les jeunes à contribuer concrètement au développement socio-économique du Burundi.
Pour parvenir rapidement à des résultats concrets, il appellera, lors de cette rencontre, les jeunes à se regrouper en coopératives ou en associations et à investir prioritairement dans la transformation et l’exportation des produits agro-pastoraux, un des secteurs porteurs de croissance.

Promotion économique et politique des jeunes
Mais tout cela demande des fonds, un capital pas toujours à la portée de ces jeunes. A cet effet, le Président Ndayishimiye mettra en place le PAEEJ, Programme d’Autonomisation Économique et d’Emplois des Jeunes. Lancée en avril 2021, cette institution a été dotée d’un capital de départ de 48 milliards Fbu. Objectif : centraliser tout soutien à l’entrepreneuriat des jeunes au Burundi, financer au moins un projet ou une entreprise des jeunes sur chacune des 2.911 collines du pays, accompagner les jeunes scolarisés ou pas sur le marché de l’emploi et les intégrer dans le circuit formel de production économique, etc. Et dans l’exercice budgétaire 2023-2024 récemment adopté par le Parlement, 32 milliards ont été alloués au PAEEJ.
Côté politique, les jeunes n’ont pas été mis sur la touche ces trois dernières années. Et pour cause, depuis 2020, des centaines de jeunes ont été placés par décret présidentiel ou recrutement dans les nombreuses entreprises paraétatiques (Obuha, ARB, Regideso, ISABU, ARCT, etc) ainsi que divers postes politiques à la Présidence, la Primature, dans les ministères.
Des initiatives encourageantes et du pain sur la planche
Pour Rémy Havyarimana, coordinateur national de la « Maison Lueur d’espoir », une organisation burundaise dont l’objectif est de favoriser le dialogue face aux problèmes, le bilan du numéro un est plus que satisfaisant concernant la promotion de l’autonomisation des jeunes : « Le Président de la République a pris le taureau par les cornes pour redresser le pays sur la voie du développement. Ce qui est en train d’être fait est une première dans l’histoire du pays en termes, avec l’exemple de la mise en place du PAEEJ. On reconnaît des performances de ce programme qui a déjà soutenu les projets de pas mal de jeunes »
Mais, souligne Havyarimana, « il y a encore des défis à relever. L’on doit savoir que certains jeunes, surtout des milieux ruraux, ne réussissent pas à accéder à des crédits faute de formation ou d’accompagnement. Egalement, il y a ce plafonnement des fonds que l’on doit allouer pour soutenir les initiatives des jeunes qui bloque la concrétisation des projets des jeunes. Certains crédits accordés aux jeunes entrepreneurs ne parviennent pas à couvrir les dépenses, et par conséquent, il n’y aura pas de création d’emplois. »
Comment pourrait-on rectifier le tir ?
L’analyse de l’intervention des acteurs dans le domaine de soutien aux jeunes montre une diversité d’acteurs sans coordination. D’autre part, comme le souligne Havyarimana, « il ne suffit pas de bien rédiger un business plan pour réussir son projet entrepreneurial. L’assistance des acteurs qui ont prospéré dans tel ou tel autre domaine est nécessaire pour challenger les défis qui se présentent sur le terrain. Que celui par exemple qui s’engage à entreprendre dans l’agriculture ne s’improvise pas, mais qu’il soit formé par ceux qui sont déjà opérationnels afin d’apprendre mais aussi et surtout pour que les jeunes entrepreneurs bénéficient d’une plaidoirie de la part de leurs « formateurs » par rapport à l’accès aux fonds. »




