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Plus de 900 milliards FBU alloués aux entités administratives : quid de l’employabilité des jeunes

Au Burundi, plus de 70% de la population ont moins de 35 ans. L’accès aux opportunités d’emploi reste un défi majeur pour cette catégorie. Les statistiques de la Banque Africaine de Développement (BAD) révèlent que plus de 50 % des jeunes sont touchés par le sous-emploi alors qu’environ 150 000 lauréats arrivent chaque année sur le marché du travail. Les autorités administratives sont invitées à prioriser les projets pourvoyeurs d’emplois pour atténuer les effets du chômage endémique

Face à cette situation, de nombreux jeunes diplômés se tournent vers des activités génératrices de revenus à petite échelle. Certains tiennent les salons de coiffure ou se lancent dans le petit commerce alors que d’autres s’orientent vers le secteur des services : agent de transfert d’argent, transport, etc. Les jeunes en situation de chômage restent sous-informés sur la situation des projets communaux susceptibles créer des opportunités d’emploi.

Dans ce contexte, l’organisation Labenevolencia a organisé, le 23 Septembre 2026, un débat multiplex diffusé sur 18 médias dont 12 radios et 6 presses écrites et en ligne. Tenu au chef-lieu de la commune Gitega, le débat revient sur la planification des projets communaux a fort potentiel à créer un travail décent pour les jeunes.

Au cours de cet exercice budgétaire 2026-2027, l’État affecte plus de 944 milliards de francs burundais aux communes et provinces afin de financer des projets locaux de développement. La question est : comment faire pour que ces fonds soient investis dans des projets pour créer des emplois durables aux jeunes ?

L’agriculture et l’élevage, au cœur des initiatives communales

Diane Irakoze, l’administratrice communale : « Certaines priorités doivent également être prises en compte, notamment la construction et la réhabilitation des routes ainsi que l’approvisionnement en eau sur les collines. »

Dans des communes de l’intérieur du pays, les autorités locales expliquent qu’une grande partie des investissements est destinée à l’agriculture et à l’élevage, des secteurs qui constituent une importante source de revenus pour une grande partie de la population.

À Bugendana, dans la province de Gitega, l’administrateur communal Melchiade Ciza indique que plusieurs projets sont axés sur l’agriculture et l’élevage et soutenus par l’État et les organisations locales. Dans sa commune, l’administration prévoit notamment de promouvoir la plantation d’avocatiers en mettant des terres à disposition des producteurs potentiels. Elle soutient également l’élevage de poules, de lapins et de porcs à travers les coopératives.

À Kiganda, l’administratrice communale Diane Irakoze affirme également qu’une grande partie de la population dépend de l’agriculture et de l’élevage. « La commune encourage également les habitants à rejoindre les coopératives pour travailler ensemble et créer des projets avec l’appui du Programme d’autonomisation économique et d’emplois des jeunes », explique-t-elle.

Des initiatives privées créent également des emplois

Jean Bosco Ndayizeye : le responsable de D-TECHNO

Au-delà des projets communaux, certaines initiatives privées contribuent à la création d’emplois au niveau local.

Jean Bosco Ndayizeye, jeune entrepreneur de la commune Gitega affirme que l’organisation D-TECHNO, spécialisée dans la fabrication de machines destinées notamment à l’irrigation et au décorticage des céréales de maïs contribue à la réduction du chômage.

Selon lui, cette initiative peut contribuer à créer des emplois durables. Une machine capable de traiter jusqu’à 15 tonnes de céréales par jour pourrait, estime-t-il, fait travailler au moins 20 personnes.

Des projets attendent les financements communaux

Les 944 milliards de francs burundais prévus pour les communes et les provinces doivent notamment permettre de financer des projets de développement inscrits dans les plans locaux.

À Bugendana, Melchiade Ciza évoque notamment la création d’un site touristique. « Aménager un site touristique capable d’accueillir des visiteurs et de créer des opportunités d’emploi pour les jeunes diplômés, notamment dans le domaine de l’accueil et de l’accompagnement des touristes », souligne-t-il.

À Kiganda, l’administration communale envisage, quant à elle, des projets de fabrication de savons et de chaussures ainsi que l’installation d’une unité de transformation du maïs.

Diane Irakoze déplore toutefois que la machine destinée à la transformation du maïs soit disponible, mais qu’elle ne soit plus fonctionnelle depuis 2014.

Pour elle, compte tenu des moyens disponibles, certaines priorités doivent également être prises en compte, notamment la construction et la réhabilitation des routes ainsi que l’approvisionnement en eau sur les collines. Ces infrastructures pourraient, selon elle, faciliter l’accès à la commune et créer un environnement plus favorable aux investisseurs.

Des jeunes réclament davantage d’information aux projets planifiés par leurs communes

Melchiad Ciza, l’administrateur communal de Bugendana, fait savoir que son administration prévoit notamment de promouvoir la plantation d’avocatiers en mettant des terres à disposition des producteurs potentiels.

Alors que les autorités communales affirment disposer de projets, certains habitants déplorent le manque d’information.

Dans la commune Gitega, des jeunes dénoncent notamment l’absence de plateformes officielles permettant de connaître les projets planifiés par l’administration communale.

Les administrateurs de Bugendana et de Kiganda estiment, de leur côté, que les informations relatives aux projets communaux sont disponibles, mais que les citoyens ne cherchent pas suffisamment à s’en informer.

Des obstacles au développement communal

Jean Bosco Ndayizeye, responsable de D_TECHNO estime que les communes ne parviennent pas toujours à créer les conditions nécessaires à l’émergence de projets générateurs d’emplois.

Les administrateurs de Bugendana et de Kiganda évoquent également l’insuffisance des ressources face aux nombreux besoins prioritaires des communes, notamment la construction et la réhabilitation des routes ainsi que l’approvisionnement en eau potable.

Diane Irakoze affirme que l’absence d’électricité dans certaines zones constitue également un obstacle au développement de la commune.

Recommandations aux communes pour créer l’emploi 

Arthémon Muntunutwiwe, secrétaire général de la société civile OLUCOME

Pour favoriser la création d’emplois durables, Jean Bosco Ndayizeye recommande aux communes de renforcer le dialogue avec leurs citoyens.

« Les communes devraient mettre en place un cadre de dialogue entre les administrations communales et leurs citoyens. Cependant, les habitants soient rarement consultés pour proposer des projets susceptibles de créer des emplois durables », indique-t-il.

Arthémon Muntunutwiwe estime, pour sa part, qu’une commune qui compte un grand nombre de jeunes sans emploi ne peut pas aspirer au développement durable.

Il considère que l’investissement dans l’agriculture constitue une bonne initiative, mais recommande également le développement des unités de transformations agroalimentaires afin de faciliter la conservation et la transformation des produits agricoles, tout en créant des emplois pour les jeunes.

« Pour qu’une commune puisse mettre en place des projets créateurs d’emplois, elle devrait également mobiliser les intellectuels originaires de la commune afin de recueillir leurs idées et propositions susceptibles de favoriser la création d’emplois durables », explique-t-il.

Les projets doivent être inscrits dans les plans communaux

Pour Fortuné Bigirindavyi, directeur général du Fonds national d’investissement communal (FONIC), les communes doivent inscrire leurs projets dans leur Plan de travail et budget annuel (PTBA) pour pouvoir bénéficier des financements.

« Le FONIC assure ensuite le suivi de l’utilisation des fonds. En cas de mauvaise gestion, des recommandations seront données. Si les irrégularités persistent, des sanctions peuvent être prises et les responsables peuvent être contraints à rembourser les montants dus », déclare-t-il.

Selon un rapport de la Banque mondiale publié en 2016, environ 95 % des emplois au Burundi relèvent du secteur informel, principalement dans l’agriculture.

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