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Quel bilan des trois ans de règne du Président Ndayishimiye ?

Bilan politique de ‘’Neva’’ : jusqu’où iront les déboires du CNL ?

Nouveau redécoupage territorial, suspension des activités du CNL sur tout le territoire national, arrestation de l’ancien Premier ministre, … autant d’actes qui ont marqué la mandature du président Évariste Ndayishimiye. Les trois années de pouvoir ont été pleines de rebondissements à l’approche des échéances électorales de 2025.

Par Alphonse Yikeze, journal Iwacu

16 décembre 2022. L’Assemblée nationale vient de voter la loi sur le nouveau redécoupage territorial. Dans l’exposé des motifs, le redécoupage propose que la commune ait une superficie moyenne de 662 km² afin de créer un ensemble géographique plus vaste, capable de présenter des opportunités de développement, un espace où peut s’épanouir le partenariat public-privé et favorable aux investissements de toute nature sans disperser les efforts et les moyens financiers.

Le nouveau redécoupage se veut également porteur d’une administration de proximité au service du citoyen. Il est noté dans le texte qu’il faut que l’autorité apprenne à déléguer une partie de ses pouvoirs, suivant le principe de subsidiarité selon lequel une responsabilité doit être prise par le plus petit niveau d’autorité compétente pour résoudre le problème. Le niveau supérieur n’intervenant que si le problème excède le niveau inférieur (principe de suppléance).

Au niveau des provinces, la nouvelle province de Bujumbura qui aura comme chef-lieu la mairie de Bujumbura, comptera notamment les anciennes provinces de Bujumbura-mairie, Bubanza, Cibitoke et Bujumbura. La province de Buhumuza à l’Est comptera les anciennes provinces de Cankuzo, Muyinga et Ruyigi.

La nouvelle province de Gitega, quant à elle, comptera les anciennes provinces de Gitega, Muramvya, Mwaro et Karusi. La province de Burunga, au Sud, comptera les anciennes provinces de Bururi, Makamba, Rutana et Rumonge. Enfin, la province de Butanyerera au Nord comptera les anciennes provinces de Ngozi, Kirundo et Kayanza.

Et l’accès de la population aux services administratifs ?

Pour le spécialiste en droit administratif, le professeur Siméon Barumwete, si on regroupe deux ou trois communes, les ressources globales ne vont pas augmenter pour autant. « C’est que si on regroupe deux à trois communes, le chef-lieu de la commune sera difficilement accessible pour les populations. Avec une longue distance à parcourir, le coût des documents administratifs sera élevé parce que si, par exemple, la carte nationale d’identité coûte 500 BIF, pour s’en procurer, il faudra prévoir au moins 5 000 BIF dans certains cas suite aux frais de transport qui s’en trouveront décuplés ».

Cet enseignant d’université estime également que les chefs collinaires pourraient éprouver des difficultés à se rendre au chef-lieu de la commune avec un budget communal dont il y a lieu de penser qu’il ne prévoirait pas des frais de déplacement supplémentaires.

En plus, ajoute-t-il, il faudrait recruter un personnel suffisant pour que les services publics et administratifs soient le plus proche de la population. « Il faut plutôt une étude pour évaluer le coût et l’impact financier de ce regroupement par rapport au fonctionnement de la commune ».

Le CNL dans l’œil du cyclone

Dans sa lettre du 2 juin, le ministre burundais de l’Intérieur, Martin Niteretse, a annoncé la suspension, sur tout le territoire national, des activités organisées par « les organes irrégulièrement mis en place » du parti d’Agathon Rwasa.

Pour justifier une telle décision, le ministre est revenu sur les dissensions en cours au sein du CNL et a dit craindre des troubles de l’ordre public. « Seules les réunions de dénouement des tensions au sein de votre parti pourront avoir lieu après avoir demandé et reçu l’autorisation des autorités habilitées ».

Certains membres de l’ancien bureau de ce parti ont récemment envoyé une lettre au Ministre de l’Intérieur pour s’opposer aux résultats du congrès extraordinaire tenu en mairie de Bujumbura en date du 30 avril. A l’issue, de nouveaux organes avaient été mis en place.

Notons que le 31 janvier dernier, dans une lettre adressée aux gouverneurs de province, le ministre Niteretse avait demandé à ce que les partis politiques puissent organiser librement leurs réunions. « Dans l’exercice de leurs libertés de réunion, ils informent les autorités, mais ne demandent pas l’autorisation ».

Cette suspension est intervenue après que le président du CNL, Agathon Rwasa, se soit vu retirer sa garde rapprochée. « Les policiers chargés de ma sécurité ont reçu l’ordre de quitter ma résidence. Les remplaçants sont arrivés sans que je sois informé de ce changement. On m’a dit que c’était une simple relève. En matière de sécurité, le concerné devrait normalement choisir sa garde rapprochée », a fustigé Agathon Rwasa, contacté par Iwacu.

Concernant la suspension des activités de son parti sur tout le territoire national, le député a parlé de « dérive dictatoriale » de la part du pouvoir en place.

Un ancien Premier ministre derrière les barreaux

Le 24 avril 2023. A l’issue d’une émission publique des porte-paroles du gouvernement tenue dans la province de Cibitoke, la porte-parole de la Cour Suprême, Agnès Bangiricenge, a fait savoir que l’ancien Premier Ministre, Alain-Guillaume Bunyoni, était détenu au Service national de renseignement (SNR) et qu’il était poursuivi pour atteinte à la sécurité nationale, atteinte au bon fonctionnement de l’économie nationale et intérêts personnels indus.

Dans un communiqué de presse du 23 avril 2023, le procureur général de la République, Sylvestre Nyandwi, a indiqué qu’une perquisition avait été effectuée en date du 17 avril 2023 au domicile de l’ancien Premier ministre mais que ce dernier avait déjà pris le large. « C’est ainsi qu’un mandat d’amener a alors été lancé pour qu’il soit recherché. »

Il a également souligné qu’Alain-Guillaume Bunyoni avait été appréhendé, le 21 avril 2023, à Nyamuzi, zone Mubone de la commune Kabezi dans la Province de Bujumbura, où il se cachait. Depuis le 8 mai dernier, ce Général de la Police croupit à la Prison de Ngozi. Rappelons que le 7 septembre 2022, Bunyoni avait été démis de ses fonctions de Premier ministre et remplacé par Gervais Ndirakobuca.

Coup de balai dans l’administration de Rumonge

7 décembre 2022. Le procureur à la Cour d’appel de Bururi a arrêté Gratien Nduwayo, administrateur communal de Buyengero. Ce dernier a été directement conduit à la prison de Rumonge.

Samedi 10 décembre, c’est au tour de Charles Karorero et Jérémie Bizimana, respectivement administrateurs des communes Bugarama et Rumonge, de prendre le chemin de la prison.

Ces deux administratifs étaient accusés d’avoir trempé dans le détournement de matériaux de construction des écoles (tôles et ciment) offerts par le Bureau de la présidence du Burundi.

Assa Gituwitaye, conseiller du gouverneur de la province Rumonge chargé des finances et administration, a également été appréhendé et conduit à la prison de Rumonge pour « complicité de détournement de ce matériel ».

Cette série d’arrestations faisait suite au déplacement du Président de la République dans cette province dans la journée du 24 juin 2022 où il s’en était violemment pris aux autorités administratives de cette province accusées de corruption et détournement des produits stratégiques (sucre, carburant, etc).

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