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Un peu d'Histoire...

Quel bilan des trois ans de règne du Président Ndayishimiye ?

Le retour fracassant du Burundi sur la scène internationale

Visites de plusieurs pays, levée des sanctions contre le Burundi, réchauffement des relations avec le Rwanda, désignation du Burundi à la tête des organisations internationales, voilà quelques points positifs enregistrés par Evariste Ndayishimiye au cours de ses 3 ans au pouvoir. Il aura pris le contre-pied de son prédécesseur en ce qui concerne les relations internationales. Découvrons comment avec ce blogueur.

Par Nobel Ndirariha, Yaga

Aussitôt arrivé au pouvoir, le Chef de l’Etat Evariste Ndayishimiye a vite fait du retour du Burundi sur la scène internationale son cheval de bataille, après la crise de 2015 qui avait sonné le repli sur soi. Ndayishimiye effectuera sa première visite officielle en Tanzanie deux mois après son investiture. Une visite visant le renforcement des liens socio-économiques dans un pays où 95% des marchandises entrant au Burundi passent par le port de Dar-es-Salaam. Il enchaînera par la suite avec d’autres pays comme la Guinée Equatoriale, l’Egypte, le Congo Brazzaville, l’Ouganda, le Kenya, la RDC, etc.

Les Présidents Evariste Ndayishimiye (Burundi), Paul Kagame (Rwanda) et William Ruto (Kenya) suivant une conférence lors du Sommet US – Afrique en décembre 2022

Si le pays montrait déjà une certaine ouverture au monde, c’est avec la participation d’Evariste Ndayishimiye à la 77ème session de l’Assemblée générale des Nations Unies tenue en septembre 2021 qui confirmera le retour du Burundi sur la scène internationale. Le Président burundais en a profité pour mener des discussions économiques avec d’autres dirigeants du monde entier.

Le Burundi marquera aussi des points à l’internationale avec son retrait sur l’agenda du Conseil de sécurité des Nations Unies, juste 4 mois après la prise de fonction de Ndayishimiye à la tête du pays.

La normalisation des relations avec le Rwanda

Les 3 ans du pouvoir de Ndayishimiye, c’est aussi la réouverture des frontières entre le Burundi et le Rwanda. Fermée depuis 2015 à cause des tensions entre ces deux petits pays de l’Afrique centrale, c’est en octobre 2022 que la réouverture des frontières a été officiellement déclarée. Cette réouverture a été effective après des négociations qui avaient commencé depuis des mois. Les délégations de la part de chaque pays transmettaient des messages de réchauffement des relations entre les deux présidents.

Si la réouverture des frontières a plu aux populations des deux pays, la participation de Paul Kagame au 20ème sommet des chefs d’Etat de la Communauté Est Africaine tenu à Bujumbura a ravivé l’espoir des deux peuples frères.

La levée des sanctions, un coup de pouce pour Gitega

Malgré l’attente des aides directes, la levée des sanctions contre le Burundi et certaines de ses autorités par l’Union Européenne et les USA a été un signe fort du retour du Burundi dans le concert des nations. Cette étape salutaire franchie a été enregistrée après d’intenses ‘’dialogues’’ entre ces partenaires de longue date.

La visite d’Antonio Guterres, Secrétaire général de l’ONU, au Burundi en mai 2023 et son appel à la communauté internationale de soutenir le Burundi est aussi un succès qu’il faut mettre au crédit du Président Evariste Ndayishimiye. Egalement, la visite de Sergei Lavrov, Ministre des Affaires Etrangères de la Fédération de Russie, au Burundi a laissé des traces sur le plan diplomatique vu que ces deux pays entretiennent des relations depuis longtemps, même si la profondeur stratégique de cette relation est à interroger.

Des responsabilités au sein des organisations internationales, la cerise sur le gâteau ?

En juillet 2022, Evariste Ndayishimiye a pris les rênes de l’EAC. Avec cette nouvelle casquette, Ndayishimiye insistera sur la nécessité de stabiliser la paix et la sécurité en RDC. Il dirigera plusieurs sommets sur la situation de ce vaste pays qui est plein de minerais. Certains sommets se dérouleront sur le sol burundais et verront la participation des Chefs d’Etats de l’EAC, hormis celui du Sud Soudan.

En plus de cela, lors du 36ème sommet ordinaire des Chefs d’Etats et de gouvernements de l’UA tenu en février 2023, Ndayishimiye a été nommé membre du bureau de l’Union Africaine en tant que 3ème vice-président, représentant ainsi la région de l’Afrique centrale. Il expliquera que cette nomination est un honneur pour le Burundi. A cette même occasion, il a été nommé leader pour la promotion du programme : « Jeunesse, paix et sécurité en Afrique ».

Récemment, Evariste Ndayishimiye a été nommé Vice-Président du COMESA. C’était lors du 22ème sommet des Chefs d’Etat et de Gouvernement qui s’est déroulé à Lusaka. A l’issue de ce sommet, ces dirigeants ont décidé que le prochain se tiendrait à Bujumbura.

Une bonne politique intérieure, l’indispensable

Pour tirer profit de ce renouveau diplomatique, « une bonne politique intérieure doit être la base », a précisé Pascal Niyonizigiye, expert en relations internationales, interrogé par le Groupe de presse Iwacu. Il évoque notamment la gestion saine des affaires de l’Etat.

A cela, ajoutons que le Chef de l’Etat doit aussi miser sur la bonne gouvernance. Mais encore, les questions liées aux droits de l’homme, le retour des exilés sont, entre autres, des notions sur lesquelles les bailleurs de fonds insistent beaucoup pour décaisser les aides directes, qui se font toujours attendre.

A bon entendeur….

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