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Alimentation en eau potable : un secteur presque oublié

Les politiques et la société civile s’expriment

Olivier Nkurunziza : « C’est une honte pour le pays »

Olivier Nkurunziza

« C’est très étonnant, car on ne devait pas se lamente alors que le Burundi a beaucoup de sources d’eau douce. Je trouve que c’est une mauvaise organisation de la Regideso qui devrait tout faire pour que la population burundaise ait accès à l’eau potable », indique le président du parti Uprona. Et d’ajouter : « En mairie de Bujumbura, il y a le lac Tanganyika, mais il s’observe un manque criant d’eau potable. C’est une honte pour le pays. »

Le président du parti Uprona déplore la corruption qui règne au niveau de l’attribution des marchés pour le matériel de raccordement. « C’est un problème très sérieux. » Pour Olivier Nkurunziza, le vrai problème est la corruption, car on attribue des marchés à des personnes incapables. « C’est une perte énorme pour la population. Qui va rembourser cet argent ? Là où le bât blesse, ces personnes ne sont pas inquiétées. Elles se la coulent douce et on trouve cela normal. »

Aloys Baricako : « La Regideso doit savoir que c’est une entreprise commerciale et travailler comme telle. »

Aloys Baricako

Le président du parti Ranac pense qu’il faut une politique adaptée à la situation actuelle. « L’eau est distribuée par la Regideso qui est une entreprise de l’Etat et une entreprise commerciale. Donc, le service devait être excellent et très rapide. » Aloys Baricako rappelle qu’auparavant, la Regideso distribuait de l’eau dans des quartiers peu nombreux, mais que la ville s’est agrandie. « Des quartiers comme Nyabugete, Ruziba, Kajaga, Gatunguru, Gahahe. Carama, Tenga, … n’existaient pas. La Regideso n’a pas de choix. Elle doit faire face à cette situation. »

Pour lui, il faut augmenter les sources d’eau, réparer ou remplacer les tuyauteries vétustes qui ne peuvent plus supporter la quantité d’eau qu’il faut distribuer. Selon Aloys Baricako, les dirigeants de la Regideso et ceux des entreprises publiques ne faisaient dans le temps que détourner les fonds, mais il trouve qu’aujourd’hui le gouvernement essaie de mettre beaucoup d’efforts dans la gestion de ces entreprises. « Le gouvernement peut injecter de l’argent dans la Regideso. Il faut prévoir dans le budget de l’Etat des fonds pour redynamiser cette entreprise. »

Le président du parti Ranac fait un clin d’œil à la Regideso : « Elle doit savoir que c’est une entreprise commerciale. Par conséquent, elle doit travailler comme telle. En commerce, il faut satisfaire le client. Je n’aimerais pas que les privés s’incrustent dans ce commerce, car ces derniers mettent en avant leurs intérêts au détriment de la population. Ça pourrait devenir trop cher alors que le pouvoir d’achat des Burundais est encore très bas. »

Agathon Rwasa : « La politique de la gestion de l’eau potable a été mal conçue »

Agathon Rwasa

Pour le président du parti CNL, cette politique nécessite des améliorations. « Il faut que les techniciens en la matière et d’autres experts qui peuvent contribuer se mettre ensemble pour redéfinir la politique de l’eau potable au Burundi. » D’après lui, le pays regorge dessources dans les montagnes qui surplombent la ville de Bujumbura. « Pourquoi ne pas canaliser cette eau-là et alimenter Bujumbura par la gravitation et recourir aux eaux du lac Tanganyika juste comme un palliatif temporaire le temps des réparations s’il y en a et on reprend l’approvisionnement à partir des hauteurs. »

Si c’est question de lésiner sur les moyens, poursuit-il, je pense que des tuyaux sur 10 ou 15 km ne valent pas plus que les machines qu’on utilise pour aspirer l’eau du lac, le purifier ou le pomper vers les hauteurs. « Si on devait capter l’eau à partir de Bugarama, ce n’est qu’une trentaine de kilomètres. Je donne souvent l’exemple de la ville de Dar-es-Salaam, elle est alimentée à partir de la rivière Ruvu qui passe à 80 km de la ville. Si ailleurs, on peut aller à plus de 100 km pour canaliser l’eau potable, pourquoi nous n’arrivons pas à le faire à partir d’une dizaine de kilomètres ? »

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