Un budget presque insignifiant

Selon une analyse du budget général de l’Etat exercice 2023/2024, faite par l’Unicef, le montant alloué à l’eau, l’hygiène et l’assainissement (EHA) est de 45 milliards de BIF, soit 16 millions d’USD, contre 36,4 milliards de BIF en 2022/2023 (18 millions d’USD). Un budget très minime au regard des défis qui gangrènent ce secteur.
Ce budget représente 1,1 % du budget total contre 1,5 % en 2022-2023. « Cette baisse relative s’explique par l’augmentation des dépenses des autres secteurs (infrastructures, production, défense et sécurité, etc.) engendrant une forte augmentation du budget global et ainsi une diminution de la proportion des dépenses dédiées à l’EHA. »
| Années | 2020/2021 | 2021/2022 | 2022/2023 | 2023/2024 |
| Montant (en milliards de BIF) | 15,6 | 35,5 | 36,4 | 45 |
| % du budget total | 0,94 | 2,1 | 1,5 | 1,1 |
Source : Analyse budgétaire de l’Unicef
Selon cette analyse, les diverses interventions du secteur EHA sont réalisées par des ministères et institutions, dont le ministère de l’Hydraulique, de l’Énergie et des Mines, le ministère de l’Environnement, de l’Agriculture et de l’Élevage, le ministère des Infrastructures, de l’Équipement et des Logements Sociaux, le ministère de la Santé Publique et de la Lutte contre le Sida et la Regideso qui en absorbe une part importante.
L’analyse indique que depuis l’exercice budgétaire 2021-2022, les allocations budgétaires au secteur de l’EHA intègrent le budget de la Regideso, avec une part importante d’environ de 47 %.
Répartition des allocations budgétaires par ministères et institutions pour le secteur EHA, en %

Concernant les sources de financement, l’analyse montre qu’ils provenaient essentiellement des ressources externes. Les choses ont changé, car depuis l’année budgétaire 2019-2020 jusqu’à aujourd’hui, le gros des financements du secteur provient des ressources domestiques (97.5 % pour l’exercice 2023-2024).
« Les moyens de financements figurent parmi les défis en matière d’amélioration des conditions d’accès aux services de l’EHA, mais il y a des programmes adaptés grâce aux efforts du gouvernement et ses partenaires au développement », indique l’Unicef.
Selon cette Agence onusienne, le Burundi a besoin de moyens importants pour financer la construction et l’entretien des infrastructures durables et résilientes du secteur EHA.
« Il est crucial d’augmenter les allocations budgétaires »
« Pour améliorer l’accès à l’eau potable, à l’hygiène et à l’assainissement comme prévu dans la « Vision Burundi, Pays Émergent en 2040 et Pays Développé en 2060 », il est crucial d’augmenter les allocations budgétaires pour ce secteur EHA qui pourraient contribuer à l’amélioration du taux d’accès et à la gestion des infrastructures en eau et assainissement en faveur de la population bénéficiaire », plaide l’Unicef.
D’après cet organisme onusien, cette augmentation peut provenir de ressources internes ou de ressources externes et devrait se focaliser sur les dépenses d’investissement nécessaires pour développer les infrastructures du secteur.
« Le gouvernement devrait revisiter les politiques et stratégies sectorielles afin de mettre en place un cadre unique pour améliorer la coordination sectorielle ainsi que le suivi budgétaire, étant donné que le secteur est couvert par plusieurs ministères/institutions ».




