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Le « test » de tous les dangers

Des dialogues incessants et des promesses non tenues

Il n’a suffi d’un seul fait pour que l’ombre de la grève des enseignants réapparaisse. A vrai dire, rien n’a été réglé sauf surseoir au test voulu par le ministère. D’aucuns se demandent ce qui adviendra prochainement si le gouvernement burundais n’agit pas vite.

Mai 2002, octobre 2008, mars 2010, mai 2013,… sans doute des dates qui tracent une chronologie de l’époque burundaise des grèves des enseignants répétitives. En effet, ces décalages trouvent l’origine depuis les années 2000 où les revendications réclamaient la correction des disparités salariales qui commençaient à se manifester. Par après, des grevés se soldaient toujours par un dialogue prometteur de changement positif au profit des enseignants.

Des promesses sur papier, et l’acte ?

Selon le plan transitoire de l’éducation du Burundi de 2012 à 2020 (PDSEF 2012-2020), le Gouvernement du Burundi avait élaboré le premier plan d’action triennal couvrant la période 2013 à 2015.
Grosso modo, la réforme de l’enseignement fondamental a démarré en 2013/14, par l’introduction des programmes d’enseignement rénovés à partir de la 7ème année et s’est installée progressivement sur l’ensemble du cycle 4 du fondamental.

La première cohorte de cette réforme a accédé, comme programmé, au post fondamental en 2016/2017. Dans sa conception initiale, le 4ème cycle du fondamental devait être accolé aux anciennes écoles primaires, avec des constructions annuelles de salles de classe jusqu’à l’arrivée de la 1ère cohorte en dernière année du cycle fondamental à la rentrée 2015/16. Au cours de l’année scolaire 2013/14, la 7ème année a été organisée à la fois dans les écoles primaires qui ont pu construire une classe pour accueillir les élèves et dans les lycées et collèges en remplacement de la 1ère année des collèges.

La double vacation (deux groupes se relayant dans une salle de classe), à laquelle la majorité des écoles des trois premiers cycles du fondamental (54% des groupes pédagogiques) ont 15 recours pour compenser le manque de classes, a eu pour conséquence des effets non souhaités sur le temps d’apprentissage. Il est estimé que les élèves du primaire en double vacation ne bénéficient actuellement que de 490 heures de temps d’apprentissage annuel, alors que le temps scolaire est officiellement fixé depuis 2012 à 855 heures pour les deux premiers cycles et 950 heures pour le cycle trois.

Or depuis 2015, les évènements socio-politiques qu’a traversés le pays ont modifié le paysage sectoriel en éducation et la baisse de la mobilisation des ressources intérieures (baisse forte de la pression fiscale) affectent nécessairement les services sociaux, notamment l’éducation.
Ces raisons ont généré une difficulté de mettre à jour une planification couvrant l’ensemble du secteur de l’éducation et de la formation. C’est ainsi que le gouvernement a, en concertation avec ses partenaires techniques et financiers, pris l’option de développer un plan de transition à moyen terme (2018-2020), qui lui permettrait de concentrer ses efforts sur l’enseignement fondamental, de préserver les autres niveaux jusqu’à ce que le pays ait surmonté les turbulences.
Les enseignants ont eu beau attendre patiemment la réduction des disparités salariales qui inclue l’augmentation de salaire mais l’annonce d’un test de ce 28 janvier 2022 a retourné le couteau dans la plaie.

Encore un dialogue … ?

De la coalition Cosesona aux syndicalistes tous réclament urgemment la révision du gel des annales et des primes sur salaire. Le facilitateur qui est le Comité National de Dialogue Social (CNDS) a pu éteindre la fumée qui commençait à se manifester de loin ce mardi 17 janvier 2022 même si aucune réponse aux problèmes n’a été proposée.
Les enseignants se plaignent encore d’une manifestation d’un paquet de défis qui heurtent le milieu professionnel de l’enseignement burundais: le personnel ayant subi un déploiement est tombé dans les oubliettes en ce qui concerne le retour à leur poste de jadis ; certains enseignants se sont retrouvés en train d’exercer leur travail loin de leur domicile entrainant des dépenses de plus dans le transport et un retard journalier répétitif au sein des établissements; l’effectif des écoliers par classe est souvent supérieur au nombre exigé par enseignant; le matériel didactique reste insuffisant dans la majeur partie des écoles primaires et les bibliothèques sont presque inexistantes, etc.
Reste à se demander ce qui se passera lorsque nos chers éducateurs décideront de poser des actes palpables face à ses défis.

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