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Clinique Prince Louis Rwagasore : des infrastructures jugées indignes d’un hôpital national de référence

Vieillissement des bâtiments, insuffisance des services d’urgence, problèmes d’hygiène et fragilités financières : la gestion de la Clinique Prince Louis Rwagasore (CPLR) suscite de vives inquiétudes au sein de l’Assemblée nationale. Les députés appellent à des réformes urgentes pour permettre à l’établissement de répondre aux exigences d’un hôpital national de référence.

Les infrastructures de la Clinique Prince Louis Rwagasore ne répondent plus aux standards d’un hôpital national de référence. C’est l’un des principaux constats du rapport de la Cour des comptes présenté, le 4 mai 2026, devant la commission permanente de l’Assemblée nationale chargée de la jeunesse, des sports et loisirs, de la culture et de la communication.

Selon la députée Patricie Nduwimana, présidente de cette commission, plusieurs bâtiments de la clinique, dont certains datent de 1945, sont aujourd’hui vétustes et inadaptés aux besoins actuels. « Les salles d’hospitalisation sont exiguës et ne correspondent plus au nombre croissant de patients accueillis », a-t-elle déclaré.

Patricie Nduwimana, expliquant le rapport définitif d’audit de la Cour des comptes devant l’Assemblée nationale

Le rapport relève également l’étroitesse des salles de prélèvement et du laboratoire, l’insalubrité de certains murs ainsi que les mauvaises odeurs provenant des canalisations du bloc chirurgical.

Les députés se disent aussi préoccupés par les conditions d’accueil dans les services d’urgence et de réanimation. « Le service de réanimation ne dispose que d’une seule petite salle de six lits. Aux urgences, certains patients sont parfois pris en charge à même le sol », a ajouté Patricie Nduwimana.

Les parlementaires craignent que ces conditions ne favorisent des infections supplémentaires chez les malades venus se faire soigner. « Un hôpital de référence doit offrir des conditions d’accueil et d’hygiène irréprochables », ont insisté plusieurs députés au cours des échanges.

Face à cette situation, les élus recommandent une réhabilitation en profondeur des infrastructures ainsi qu’un renforcement des normes d’hygiène afin que l’établissement puisse pleinement assumer son statut d’hôpital national de référence.

Des défis financiers et administratifs persistants

Répondant aux préoccupations des députés, le ministre de la Santé publique, Dr Fidèle Nkezabahizi, a reconnu plusieurs défis liés aussi bien aux infrastructures qu’à la gestion financière de la clinique.

Dr Fidèle Nkezabahizi, ministre de la Santé, répond aux préoccupations des députés

Concernant les irrégularités budgétaires relevées dans le rapport, notamment au niveau du compte des « autres frais du personnel », le ministre a expliqué que certaines dépenses, comme les frais funéraires, restent difficilement prévisibles. « Le compte 6563 est utilisé pour le paiement des frais funéraires, lesquels sont par nature imprévisibles », a précisé Dr Fidèle Nkezabahizi.

Le rapport évoque également des anomalies dans le classement des pièces comptables, des équipements hors d’usage toujours non vendus ainsi qu’une trésorerie fragilisée par plus de 1,48 milliard de BIF de créances non recouvrées. « Les écarts relevés s’expliquent principalement par des imprévus opérationnels et des ajustements nécessaires face à l’inflation », a ajouté le ministre.

Daniel Gélase Ndabirabe, président de l’assemblée nationale, demande une correction rapide de toutes les difficultés relevées

Malgré ces difficultés, le ministre a rappelé plusieurs réalisations effectuées ces dernières années, notamment l’agrandissement de la salle de réanimation, la construction de nouveaux blocs opératoires et d’un bâtiment moderne mère-enfant inauguré en 2023. Il a également cité les travaux d’assainissement réalisés en 2024 ainsi que d’autres rénovations actuellement en cours.

Clôturant les échanges, Daniel Gélase Ndabirabe, président de l’Assemblée nationale, a demandé au ministère de la Santé publique de suivre de près toutes les difficultés relevées afin que les irrégularités constatées soient corrigées dans les meilleurs délais. « Il faut que les problèmes relevés trouvent des solutions concrètes afin d’améliorer les conditions de prise en charge des patients », a-t-il insisté.

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