Le maintien d’une bonne santé mentale chez les réfugiés constitue un enjeu majeur pour leur bien-être et leur équilibre au quotidien. Face aux traumatismes et aux conditions de vie souvent difficiles, un accompagnement psychologique continu et adapté s’avère indispensable. C’est dans cette optique que l’ONG internationale HealthNet TPO a organisé, du 4 au 7 mai 2026, une formation destinée aux professionnels de santé et aux acteurs intervenant auprès des réfugiés au Burundi.

En plus de leur situation de grande vulnérabilité, les réfugiés ont, dans la plupart des cas, besoin d’un soutien psychologique pour préserver leur équilibre mental. C’est dans ce cadre que HealthNet TPO a réuni des professionnels de santé, des psychologues, des infirmiers psychiatres ainsi que des représentants des réfugiés. Plusieurs ONG locales et internationales ont également pris part à cette initiative. Au total, 22 participants, dont 9 femmes, ont été certifiés à l’issue de cette formation de quatre jours.
Selon Dr Sakubu Désiré, directeur pays de HealthNet TPO au Burundi, les participants provenaient des différentes régions du pays accueillant des camps de réfugiés, principalement originaires de la République démocratique du Congo, ainsi que des rapatriés burundais. D’après lui, cette formation vise à renforcer les capacités des intervenants afin de proposer une prise en charge adaptée aux besoins des réfugiés en matière de santé mentale.
Des services adaptés aux réalités du terrain
Pour Pepe Beavogui, représentant du HCR, la mise en œuvre de l’approche de psychothérapie interpersonnelle ainsi que le renforcement des capacités des intervenants avant leur déploiement sur le terrain répondent à un besoin essentiel des réfugiés. Selon lui, faire face aux réalités vécues dans les camps exige des compétences solides et actualisées.
Il s’est réjoui de cette formation, estimant qu’elle permettra de consolider et d’actualiser les connaissances des professionnels de santé grâce au partage d’expériences locales et internationales.
Dr Srishti Sardana, venue de New York et de l’Université du Wisconsin-Milwaukee souligne : « Je viens d’une communauté qui valorise le service et promeut la bonne santé. Nous sommes ici pour accompagner la communauté burundaise dans l’amélioration des connaissances en santé et contribuer à sauver des vies. Nous apprendrons également beaucoup de vous et de votre savoir-faire ».
Elle a ajouté que cette formation constitue une opportunité d’approfondir les connaissances sur la psychothérapie interpersonnelle, les méthodes d’intervention, la résilience sociale et les mécanismes de prise en charge de la santé mentale. Selon elle, cette initiative bénéficiera particulièrement aux personnes vulnérables, notamment aux femmes vivant dans les camps de réfugiés.
Dr Léopold Ndikuriyo représentant du ministère de la Santé publique a, quant à lui, rappelé que la psychothérapie interpersonnelle est une méthode qui aide les patients à retrouver un équilibre mental et à mieux affronter les difficultés du quotidien. Il a également remercié les partenaires engagés dans l’amélioration de la santé mentale à travers le projet KENBU, tout en réaffirmant l’engagement du gouvernement à soutenir les initiatives visant à améliorer les conditions sanitaires de la population.
Une formation saluée par les participants

Lors de sa présentation, Dr Srishti Sardana, une psychologue et enseignante à l’Université du Wisconsin-Milwaukee a expliqué que la dépression est souvent liée aux événements vécus par les patients. Selon elle, ces événements sont généralement négatifs, mais peuvent aussi être associés à la perte d’une situation positive à laquelle une personne était profondément attachée.
Concernant les réfugiés, elle a cité notamment la guerre, la perte de proches, l’exil, l’abandon des biens et de la terre natale ou encore les échecs personnels comme facteurs pouvant fragiliser la santé mentale.
Elle a également partagé plusieurs notions permettant d’identifier une personne dépressive à travers certains signes tels que les troubles du comportement, la boulimie, le manque d’appétit, la phobie sociale ou encore le stress post-traumatique. Les participants ont aussi été formés aux différentes méthodes d’accompagnement, notamment l’analyse du comportement du patient, son implication dans le processus de guérison et la prévention des comportements suicidaires ou délictueux.
Gifeza John, l’un des représentants des réfugiés, estime qu’il est indispensable de renforcer les connaissances sur la santé mentale.
« La vie dans les camps n’est pas facile, surtout avec la diversité culturelle. Il devient parfois difficile de vivre ensemble, car chacun porte en lui des blessures différentes liées aux épreuves traversées. Il arrive même que certaines personnes souffrent de troubles mentaux sans s’en rendre compte », a-t-il confié.
Selon lui, ce type de formation devrait être organisé régulièrement afin de permettre aux réfugiés et aux intervenants de mieux s’entraider au sein des camps.
S’exprimant avec gratitude, le Dr Musirikare Charles, responsable de la santé des réfugiés à Muyinga, a affirmé que ce renforcement des capacités était indispensable pour actualiser les connaissances des professionnels de santé. Il a notamment insisté sur l’importance de mieux analyser les causes profondes de la dépression et d’apporter des réponses adaptées aux patients, tout en préparant de futures actions de sensibilisation.
HealthNet TPO




