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Synergie des médias : les libertés politiques

Dr. Guillaume Ndayikengurutse: « Il est très difficile de faire une lecture nette de l’état des lieux des libertés politiques. »

Le politologue Guillaume Ndayikengurutse trouve, qu’actuellement, il n’y a que peu de partis politiques qui veulent s’engager sur le terrain. De plus, il suggère que la reprise des activités du CNL soit le fruit d’un consensus entre le ministère de l’Intérieur et ce parti. Selon lui, si tel n’est pas le cas, cela peut engendrer des conséquences encore plus graves sur le processus démocratique et le pluralisme politique au Burundi.

Comment jugez-vous l’état actuel des libertés politiques au Burundi ?

Il est très difficile, aujourd’hui, de faire une lecture nette de l’état des lieux des libertés politiques. Cela est dû essentiellement au fait que les partis politiques ont pris l’habitude de s’engager dans la dynamique électorale, quelques jours avant les élections. Si les partis politiques avaient pris au sérieux cette dynamique électorale dès le départ, pour se préparer longtemps avant, certainement qu’on aurait une lecture beaucoup plus claire de l’état des lieux des libertés politiques, mais actuellement, c’est très difficile de le déterminer parce qu’il n’y a que peu de partis politiques qui veulent s’engager sur le terrain.

Justement, sur la question de l’exercice des libertés politiques, les activités du parti CNL ont été suspendues par le ministère de l’Intérieur. Cependant, Agathon Rwasa, le président de ce parti, a annoncé récemment la reprise prochaine des activités malgré la suspension. Quelle est votre analyse sur cette situation ?

Pour moi, je suggérerais que la reprise de telles activités soit le fruit d’un consensus entre le ministère de l’Intérieur et ce parti. Parce que si tel n’est pas le cas, cela peut engendrer des conséquences encore plus graves sur le processus démocratique et le pluralisme politique au Burundi.

Dans une telle situation, qu’est-ce qui doit être fait ?

C’est toujours souhaitable que dans de telles situations, l’autorité en charge de la gestion des partis politiques et le parti concerné soient en accord sur les différentes activités à mener.

Dernièrement, il s’observe des dissensions au sein du CNL, certains membres allant jusqu’à renier l’autorité du président actuel, Agathon Rwasa. Est-ce que ce « chaos », n’avantage-t-il pas le parti au pouvoir ?

C’est clair que c’est le second parti politique le plus important, au regard de la présence des députés au parlement. Mais cette logique où nous devons toujours chercher les causes d’un problème interne d’un parti politique ailleurs, surtout au sein du parti au pouvoir, n’est pas pertinente. Cela a pu être le cas par le passé, mais il est toujours important de se poser la question de savoir si tel est le cas aujourd’hui.

Autrement dit, nous ne pouvons pas accuser le parti au pouvoir d’être derrière ce qui se passe au CNL ?

Il y a des problèmes internes aux partis politiques qui sont directement liés aux acteurs membres. Ces problèmes ne doivent pas nécessairement provenir du parti au pouvoir. Cela dit, comme il s’agit d’une compétition, un CNL affaibli est une victoire pour tous les partis politiques qui sont en concurrence avec lui.

Il existe une trentaine de partis politiques au Burundi. Est-ce un signe de liberté politique favorable au pays ou ces partis n’existent que dans les documents du ministère de l’Intérieur ?

D’un côté, c’est un signe de vitalité démocratique. Mais, de l’autre côté, cela démontre un déficit idéologique au sein des différents partis politiques parce qu’il est très difficile que tous ces acteurs, membres de ces partis politiques, aient des idées originales à proposer à la population.

Propos recueillis par Audry Carmel Igiraneza, Yaga

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