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Lutte contre les messages haineux : la population appelée à discerner les enjeux derrière les discours des politiques

Des propos divisant la société et entachant la réputation des autres s’observent du côté des leaders d’institutions publiques, de partis politiques avec risque d’aboutir à la violence au sein de la communauté. Cap vers le sud plus précisément en commune Nyanza Lac de la province de Makamba…

Colline Mayengo. Des gens accusent certains leaders de diviser la population à travers des discours divisionnistes alors qu’ils sont censés être des exemples dans la pacification. S. Minani, habitant de Mayengo, n’y va pas par quatre chemins : « Plus un jour ne se passe sans entendre dans une réunion, bistrot ou n’importe quel lieu de rassemblement, un leader d’un parti politique s’en prendre à ses adversaires politiques en les qualifiant d’ennemis de nation, de méchants, d’hypocrites, d’espions, de dangereux criminels, etc. »  

Pire, confie M. Minani, ces discours sont chaque fois accompagnés d’un message exhortant leurs partisans à ne plus côtoyer ceux qui sont considérés comme des adversaires.

Les causes de ce comportement des leaders sont nombreuses et dépendent des contextes assurent des sources sur place. Pour C.J, originaire de Mayengo, cesdiscours qui dressent les uns contre les autres s’observent de plus en plus chez les leaders des partis politiques, surtout à l’approche des élections.

Cette attitude, avance-t-il, s’explique par la peur de perdre les élections et donc les dividendes que ces leaders tirent des postes qu’ils occupent : « Du coup, ils font tout leur possible pour dissuader ou décourager les membres ou sympathisants de leurs adversaires politiques. »

Selon Blaise Izerimana, socio-anthropologue, ces discours tendancieux, pleins de haine, visent à séparer les gens et à semer la haine au sein de la communauté pour atteindre tel ou tel autre objectif, mais avec risque d’aboutir à la violence. « Les membres des différents partis se regardent en chien de faïence. Le vivre-ensemble devient impossible, laissant place à l’animosité », déplore-t-il.

Risque d’affrontements…

Dans ce cas, signale-t-il, si les gens n’ont pas d’esprit critique, s’ils ne sont pas capables de discernement, il s’ensuit la polémique et les divisions dans la communauté. « Des gens, sur fond d’appartenance de leurs partis ou groupes, peuvent se dresser les uns contre les autres et se livrer à des actes de violence comme le kidnapping, voire s’entretuer », prévient le socio-anthropologue.

Onesphore Niyongendako, secrétaire permanent de la commune Nyanza Lac, reconnait cette situation : « Même si ce n’est pas très fréquent dans notre commune, ça peut arriver que des leaders malintentionnés de tel ou tel autre groupe sèment la haine dans la communauté pour leurs propres intérêts. Si ces leaders parviennent à tromper la vigilance de leurs adhérents, ces derniers, sur fond de leurs différents groupes d’appartenance, commencent à se regarder en ennemis avec le risque d’affrontements ».

En tant qu’administration, confie Onesphore, si de tels cas se manifestent, le coupable est puni conforment à la loi. « Nous demandons à la population de toujours veiller à ce que les dirigeants ne perturbent et ne les divisent pas, car, indique-t-il, une société divisée est une société à risque et ne peut ainsi pas prospérer ».

L’attitude à adopter

Blaise Izerimana fait savoir que la population devrait être au courant des enjeux qui se cachent derrière les discours des dirigeants. « Nous sommes dans une société où certains individus visent leurs intérêts sans se soucier de ceux des autres. De ce fait, certains responsables des groupes n’ont pas peur de propager des messages de haine pouvant même être facteurs de violence entre les groupes adversaires. »

Selon Izerimana, la population, quelques soient leurs différents groupes ou partis, doit rester unie et dépasser les intérêts de certains chefs qui sèment la division dans la communauté. Et de rappeler que, dans le passé du Burundi, toutes les violences qui ont eu lieu ont débuté par des messages de haine propagés par des leaders politiques, religieux, etc.

A l’Etat, le socio-anthropologue, recommande de punir sérieusement ceux qui véhiculent des discours qui dressent la population les uns contre les autres et d’envisager une sensibilisation auprès de la population pour qu’elle soit sensible aux messages haineux, car, confie-t-il, un peuple non informé devient facilement proie des dirigeants qui propagent les messages de haines divisionnistes.

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