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Entrepreneuriat

Des étudiants mettent leurs connaissances techniques au service de la communauté

Financés par Joseph Iteriteka, homme d’affaires, 11 étudiants de l’Université du Burundi ont créé la coopérative CIRDI (Coopérative de l’Innovation et Réflexion pour le Développement Intégré). Objectif : exploiter leurs connaissances techniques pour résoudre certains problèmes de la communauté en fabriquant différents types de machines.

Le domaine de l’environnement est vital, incontournable. Des étudiants de l’Université du Burundi (Institut supérieur des Sciences Appliquées, Bac 2, dans le Département d’Electromécanique au campus Kiriri) l’ont bien compris.

Grâce à leurs compétences intellectuelles, ils ont ainsi fabriqué une machine électromécanique capable de transformer des déchets de ménage et autres en charbon écologique. « Nous protégeons notre environnement : tout d’abord en enlevant les déchets que l’on retrouve parfois n’importe où en mairie de Bujumbura. Ensuite, en diminuant le déboisement, puisqu’on n’aura plus besoin de couper les arbres. Cette machine est capable de fabriquer 1 tonne de charbon écologique par jour », explique Don Simplice Ishimwe, le secrétaire de la coopérative.

Côté élevage à l’étable, ces étudiants ont pensé à élaborer une machine capable de couper le « fourrage » en petit morceau. Ce qui facilite le bétail lorsqu’il broute et permet une bonne gestion de l’herbe dans l’étable. Cette machine peut se faire de deux manières différentes : « Nous pouvons la fabriquer à tel point qu’elle soit mécanique. Dans ce cas, elle va consommer du carburant. Nous l’avons pensé sciemment car il y a ceux qui habitent dans des zones non électrifiées. Une autre façon de faire cette machine, nous pouvons la fabriquer de telle sorte qu’elle utilisera un moteur asynchrone électrique. » Cette machine est utilisée surtout dans des zones électrifiées, ajoute Don Simplice Ishimwe.

Côté production agricole et transformation et conservation de la récolte, essentiellement le maïs qui figure parmi les cultures vivrières les plus cultivées au Burundi, ils ont ainsi fabriqué un engin capable d’égrener les épis de maïs. Ce qui permet de gagner du temps et de réduire la main d’œuvre.

Perspectives et défis

Au chapitre de l’agriculture toujours, ces étudiants passionnés par le métier d’électromécanicien sont en train de mettre au point une machine qui sera capable de labourer 50 hectares par jour. Sans oublier une couveuse, pour les œufs.

Leur ambition : développer le pays en donnant de l’emploi, et, comme ils ne manquent pas d’ambition, être connus et reconnus au-delà des frontières burundaises.

Même s’ils sont parvenus à s’organiser, reste un défi de taille, et non des moindres : le manque de fonds de roulement net global. « Nous manquons de capital de base pour commander les matières premières qui seront utilisées pour fabriquer des machines de réserve », souligne Emery Nshimirimana, chef de la coopérative. Ils manquent aussi de moyens pour visiter d’autres ateliers développés pour faire des recherches avancées.

Actuellement, conclut-il, ils peuvent fabriquer 2 machines par mois avec les matières premières qui leur restent si elles sont commandées, bien entendu.  Ils estiment pouvoir gagner 300.000 Fbu par engin réalisé.

Un article rédigé par Gérard Niyongabo, issu de la faculté des Lettres et Sciences Humaines, en filière de journalisme à l’Université du Burundi, dans le cadre d’un stage au sein du Magazine Jimbere

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