Jimbere

Kirundi French
Entrepreneuriat

Innovation Week, une semaine en or pour les jeunes entrepreneurs burundais

Lors du lancement ce 11 décembre 2023 de la finale de la 3ème édition du concours des projets innovants, « Innovation Week », organisée par le PAEEJ Burundi en collaboration avec le PNUD Burundi, couplé à la 2ème édition de la semaine dédiée au Dialogue continental sur la jeunesse, la paix et la sécurité, à Bujumbura, les jeunes ont exposé des produits « made in Burundi », et participé aux discussions de différents panels. Un rendez-vous du donner et du recevoir.

 Dès le début de la sélection des projets innovants, 646 candidats ont soumis leurs dossiers. Parmi eux, 44 ont été présélectionnés et au final 10 initiatives ont été primées.

« C’est à nous de créer l’histoire. Si l’innovation est portée par les jeunes burundais, elle contribuera au rayonnement du pays à l’échelle internationale, à travers la création d’emplois; ce qui diminuera le taux de chômage et accélérera la croissance économique du Burundi », a lancé Séverin Mbarubukeye, Secrétaire Permanent  au Ministère de la Jeunesse.

Ces mess annuels constituent une source de nouvelles opportunités pour les jeunes entrepreneurs. Célestin Niyomwungere, jeune entrepreneur dans les produits cosmétiques qui a participé à l’événement est catégorique : « Après avoir vu les difficultés que rencontrent les filles et femmes au Burundi pour se procurer ces produits souvent importés, j’ai pris l’initiative d’en fabriquer. L’Innovation Week nous a aidé en visibilité et en formation ».

Pour Matthieu Ciowela, Représentant Résident du PNUD au Burundi, les Jeunes innovateurs ont le potentiel de développer les secteurs clés de l’économie telles que l’agriculture, les TIC, l’énergie renouvelable, etc: « Leur créativité et leur capacité de penser différemment permettent de proposer des solutions d’innovation utiles à l’amélioration de la productivité, la durabilité et la compétitivité des secteurs. »

Difficile accès aux crédits bancaires, un frein à l’entreprenariat des jeunes

Certains jeunes ont des projets nécessitant des financements allant jusqu’à 500 millions de Fbu voire 1 milliard. « Pourquoi le PAEEJ ne nous accompagne pas à cette hauteur au lieu d’uniquement offrir un financement variant généralement entre 1 million et 10 millions de Fbu? ». Question d’une jeune participante à la 3ème édition d’Innovation Week 2023 et à la 2ème édition du Dialogue continental sur la jeunesse, la paix et la sécurité le 12 décembre 2023.

La réponse de Désiré Manirakiza, Coordinateur du PAEEJ ne s’est pas fait attendre : « Comme le dit l’adage Rundi ‘‘Nta wuvuka Rimwe ngo yuzure ingovyi’’Acceptez de commencer petit, car le PAEEJ a pour but premier d’accompagner les entrepreneurs encore au stade initial en affaires. Sinon, pour ce type de soutiens en milliards, les jeunes peuvent s’adresser aux institutions bancaires ».

Or la plupart de jeunes entrepreneurs présents à l’Innovation Week ont souligné l’impossibilité de décrocher un crédit dans ces institutions bancaires. Un frein à leur ambition.

Mme Micheline Ndizeye ADG Adjoint de la BNDE

A ce souci sur le processus de financement ou sur les montants qu’octroient les banques, l’ADG Adjoint de la BNDE Mme Micheline Ndizeye rassure : «La banque doit prendre le temps d’évaluer les mouvements bancaires des comptes du demandeur de financement et enfin procéder à l’octroi de ce crédit. Ainsi, tenant compte des fonds objet du financement qui sont remboursables, le demandeur doit bénéficier d’un accompagnement nécessaire ».

Même son de cloche chez la BIJE. Son ADG M. Sixte Niyuhire précise que pour financer un projet, la banque doit se rassurer de sa viabilité et de la capacité pour le détenteur à rembourser ce financement », ajoutant la problématique de devises comme une question commune qu’il faudrait connaître avant l’élaboration des projets. « Certains matériels et matières proviennent de l’extérieur et sont achetés en devises », précise-t-il.

Le BBN disposé à accompagner les jeunes qui veulent exporter leurs produits

A cet accès difficile aux crédits, s’ajoute, selon Béatrice Kanyamuneza de la Maison de l’entrepreneur, la protection et la normalisation de leurs produits, le manque de normes pour certains produits, le temps des procédures, le manque d’informations et les coûts élevés.

Sur cette question de facilités à accorder aux jeunes qui veulent exporter des produits Made In Burundi, Séverin Sindayikengera, Directeur du BBN, rassure : « Les jeunes n’ont qu’à demander l’autorisation d’exportation auprès des autorités compétentes. Quant à la certification de leurs produits, le BBN dispose des compétences qu’il faut. D’ailleurs nous réceptionnerons bientôt un sceau non falsifiable, qui rendra notre certification plus crédible. »

Plusieurs discussions pour les jeunes et par les jeunes ont marqué la semaine de l’innovation et les prix ont été décernés aux meilleures initiatives.

Pour rappel, les cérémonies avaient été rehaussées par le Ministre des Affaires de l’EAC, de la Jeunesse, du Sport et de la Culture au Burundi, le Représentant Résident du PNUD au Burundi, différents Ambassadeurs, des centaines de jeunes innovateurs, etc.

Click to comment

Leave a Reply

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

To Top