La faiblesse des capacités institutionnelles entrave l’exécution des projets

Le taux d’exécution des projets de grandes envergure reste faible. Pire encore, la liste des projets non achevés ne cesse de s’allonger. Cela dénote de la mauvaise gouvernance ponctuée par le népotisme, clientélisme, corruption, militantisme, les capacités institutionnelles, manque de planification etc.… Plus d’uns se demandent pourquoi les mégaprojets sont parfois mal exécutés.
Dans son numéro du 6 novembre 2023, le journal Iwacu est revenu sur les causes de non-exécution et non-achèvement des projets d’envergure de l’Etat et ceux financés par les partenaires. « Le gouvernement se plaint du manque capacités pour réaliser un projet. La question est de savoir, s’il faut renforcer les compétences locales ou faire recours à l’expertise extérieure ou encore faire revenir les burundais hyper compétents de la diaspora ? », Abdou Dieng s’est exclamé le coordonnateur a.i du système des Nations unies au cours d’un café de presse, à l’occasion de la Journée des Nations unies
Pour lui, le pays doit arrêter des stratégies pour adéquates pour maitriser la fuite des cerveaux. Sinon ça sera un cercle vicieux. « Les capacités qu’on va renforcer vont nous passer entre les doigts. », s’inquiète-t-il.
Et la motivation ?
L’intervention du sénateur Jean Bosco Ntunzwenimana est revenue sur une des causes qui pousseraient au non-achèvement des projets. « Il y a des projets financés par les partenaires qui rencontrent des problèmes d’exécution. On a évoqué plusieurs questions, surtout liées à leur intéressement mais cela figure dans l’enveloppe globale des projets. ». C’était lors de la présentation des principales actions du plan de travail et budget annuel du Gouvernement, exercice 2023-2024 par le Premier ministre devant le Parlement réuni en congrès afin de parler.
Pour lui, le problème se trouve surtout de ce côté : « Manque de motivation », a-t-il souligné. Et de faire une proposition : « J’aimerais alors lui suggérer s’il a pris la question en main, il faut voir ce qu’il peut faire pour que les projets soient bien exécutés et dans les délais ».
Une intervention qui ne laissera sans commentaire, Emmanuel Sinzohagera, président du Sénat et Gervais Ndirakobuca, 1er ministre.
Manque de patriotisme
« C’est une question à débattre. Je ne vais pas entrer en détail dans les salaires. Je ne pense pas que ce sont les seules causes. Il y en a qui vont dans ces projets en visant leurs propres intérêts au lieu de l’intérêt national. Alors, quand on se trompe et qu’on le place dans une structure, il freine tout. Parce qu’il n’a pas été désigné gestionnaire du projet », commente Emmanuel Sinzohagera, président du Sénat.
Pour lui, beaucoup de facteurs entrent en jeu. D’ailleurs, ces projets sont exécutés par des Burundais et pas des étrangers.
Gervais Ndirakobuca, Premier ministre, abonde dans le même sens.
D’après lui, il y a un sérieux problème. « Tant que les gestionnaires n’auront pas compris qu’il faut achever le projet pour que les Burundais commencent à bénéficier de ses dividendes, il y a un problème. »
Il indique qu’il y en a même ceux qui font retarder l’exécution des projets afin qu’une fois les délais prolongés, ils maintiennent le poste de chef du projet.
Par Jérémie Misago, Iwacu.




