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Travaux doctoraux : une possibilité d’accessibilité pour le grand public

De gauche à droite, Matthieu Sergier, professeur de philosophie à l'Université libre de Bruxelles, et Dag Houdmont, assistant en littérature néerlandaise à l'Université libre de Bruxelles

En visite dans le cadre de renforcement du partenariat entre l’Ecole doctorale du Burundi et l’ARES, deux professeurs de l’Université de Bruxelles, Dag Houdmont et Matthieu Sergier, sont à Bujumbura pour s’enquérir de l’état d’avancement des programmes exécutés, surtout l’anglais académique, afin de faciliter les possibilités de publication des travaux doctoraux, et de les rendre accessibles à un plus grand public. Jimbere les a rencontrés.

Vous êtes en visite à l’école doctorale grâce à la coopération entre l’ARES et l’Université du Burundi. Parlez-nous un peu de cette coopération.

Matthieu : La coopération entre les universités francophones de Belgique et les universités du Burundi est une coopération d’assez longue date, à peu près 25 années, je dirais. De cette entente de bonne qualité sont nés plusieurs bons projets, dont l’école doctorale du Burundi qui, aujourd’hui dispose de ses propres bâtiments.

Quels sont les récents programmes implantés à l’école doctorale grâce à cette coopération ?

Matthieu : Il y en a eu beaucoup. Il y a des projets axés sur la recherche scientifique, sur l’enseignement. Il y a aussi un autre type de projet qu’on appelle appui institutionnel de renforcement de l’école doctorale qui devait fonctionner sur cinq ans, et actuellement on est dans la troisième année. Il intervient notamment dans la digitalisation et l’informatisation des données. On organise aussi des cours de méthodologies de la recherche scientifique. Il y aura donc une possibilité d’exploiter une piste de mobilité estudiantine, mais aussi la réception des professeurs et des chercheurs étrangers d’Afrique et d’ailleurs, afin qu’ils puissent partager leurs connaissances et expertises avec des doctorants et de post-doctorants. Il y a eu aussi la mise en place d’autres projets notamment le master en journalisme. Des sociologues, architectes et géographes belges sont aussi ici pour étudier des projets permettant de lutter efficacement contre les inondations. Nous avons également introduit des cours d’anglais académiques de six mois.

Concernant l’anglais, quelles sont vos attentes ?

Houdmont : C’est vrai que nous n’allons pas faire d’eux des experts doctorants bilingues en six mois, mais nous sommes satisfaits du niveau qu’ils ont aujourd’hui. Déjà en octobre 2024, ils ont fait des examens écrits, et cette semaine on est là pour leur faire faire des examens oraux. Le but est de les aider à améliorer leur niveau quitte à être capable de faire des publications de leurs recherches en anglais.

Quelle serait la pertinence des publications en anglais ? Y’aurait-il des opportunités derrière l’introduction de l’anglais à l’école doctorale dans le secteur de l’éducation ?

Houdmont : Etant une langue qu’une grande majorité scientifique maitrise avant l’espagnol, plus les doctorants vont publier en anglais, plus ils seront connus et leur ouverture au monde professionnel sera plus grand. Cela augmente les chances de carrière scientifique puisque leurs travaux seront publiés sur leurs plateformes en anglais, ils auront plus d’audience que s’ils étaient publiés en français. Et surtout nous encourageons les femmes à s’y mettre, car des vingt participants, il n’y avait que deux femmes.

En parlant de femmes, pourquoi est-il pertinent pour vous qu’il y ait des femmes doctorantes ?

Matthieu : Ce n’est pas qu’une question de genre. C’est une question où tout le monde doit avoir les mêmes opportunités peu importe son genre, sa couleur de peau ou des yeux, ses croyances et j’en passe… Je ne vois pas pourquoi il y aurait de différence. Je trouve qu’il nous faut un monde où il y a égalité de chances devant les opportunités de carrière.

Ici, au Burundi certaines femmes sont confrontées à certains défis culturels qui les empêchent d’aller plus loin dans les études. Est-ce le même cas en Belgique ?

Matthieu : Tous les scenarios sont possibles. Là, nous parlons d’une minorité de femmes qui a accès aux études universitaires, mais cela dépend des régions et des milieux sociaux, vous trouverez toujours en Belgique des régions où dans certaines familles, on a une vision très traditionnaliste au niveau du genre. Mais la ville de Bruxelles est hyper diverse en matière culturelle. Vous trouverez aussi qu’au niveau des études, les femmes préfèrent les lettres. Cela aussi est une question de tradition. Disons dans ma faculté des sciences humaines et philosophie par exemple, sur une population de vingt étudiants je n’ai que trois garçons. Eux ils préfèrent les autres disciplines. Je crois que ce qu’il faut c’est un changement positif de mentalité partout dans le monde.

Comment parvenir à ce changement de mentalité selon vous ?

Matthieu : Il faut d’abord normaliser la présence féminine dans la communication déjà, bien que ce soit un combat quotidien. Nous sensibilisons l’opinion publique par rapport au parcours doctoral de la femme, en revisitant les attentes réciproques de la femme et son compagnon pour améliorer son parcours doctoral, en forçant aussi le temps dont elle peut disposer pour rédiger sa thèse doctorale, et la création d’un espace physique qui lui permette de bien travailler ainsi que pour son épanouissement professionnel. Encore plus, si elle parle anglais, les opportunités de carrière seront plus nombreuses.

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