Dans le cadre de la célébration du jubilé d’or de l’IFDC global, sa branche du Burundi a organisé, ce 4 avril à Bujumbura, une soirée pour présenter au public le bilan de ses deux projets phares à savoir PSSD et PAGRIS exécutés depuis 2018. Une occasion également d’accueillir son président et chef exécutif, Mr Henk Van Duijn. Récit.
« La seule façon de produire plus au Burundi et dans les autres pays africains, c’est de restaurer les sols dégradés », Cette phrase de Mr Henk Van Duijn aura marqué les cérémonies du 4 avril 2024 organisées par IFDC (Centre international pour le développement des engrais) dans les enceintes de l’hôtel Belvédère avec un double objectif : présenter le bilan des réalisations des projets PSSD et PAGRIS et accueillir son représentant au niveau mondial.
Pour ce chef exécutif, il n’y a pas plusieurs options si nous voulons parvenir à une meilleure productivité : il faut passer par la restauration et la sauvegarde de l’environnement.
PSSD, pour l’essor du secteur semencier
Marcel Nibasumba, Directeur-Pays de l’IFDC au Burundi a eu ensuite à présenter le bilan des projets cités à commencer par PSSD (projet du développement du secteur semencier privé). Initié en 2018, rappellera-t-il, ce projet visait à appuyer les multiplicateurs des semences en moyens techniques et financiers, mais aussi dans le marketing de leurs productions.
Il intervient également dans la collaboration avec les centres de recherches agricole (ISABU, la faculté de FABI de l’université du Burundi ainsi que l’université de NGOZI) pour produire des semences adaptées au sol et aux conditions agricoles existantes.
En guise de résultats, 259 projets de production et de commercialisation des semenciers certifiés ont bénéficié d’un appui tant technique que financier, ce qui a permis la vente de plus de 7500 tonnes de semences à plus de 330.000 ménages agricoles au cours du projet. Au-delà de ces projets, SETRACO, une entreprise semencière de droit burundais a été appuyé à initier la production du maïs hybride sur le sol burundais.
A côté de cet appui technique, la collaboration entre IFDC et ces centres de recherches habilités dans le domaine a permis l’introduction et l’homologation de 107 nouvelles variétés performantes. Ces variétés comprennent notamment 33 variétés de haricot, 19 variétés de maïs hybride, 11 variétés de maïs composite, 13 variétés de pomme de terre, 9 pour le riz, 6 pour la banane, 11 pour le sorgho contre 5 variété de manioc.
Au cours de ce projet, IFDC a également contribué à favoriser l’environnement des affaires dans le secteur semencier. Cela se traduit dans la libéralisation de la production des semences de plusieurs générations aux acteurs privés. De plus, la collaboration avec les instances publiques a permis d’éditer la deuxième version du catalogue national, la mise à jour du plan national semencier mais aussi l’élaboration d’un guide d’achat des semences par les ONG, les coopératives et les projets, et le développement d’un système de précommande des semences.
Du progrès dans la gestion du sol grâce au projet PAGRIS
Le Projet d’Appui pour une Gestion Responsable et Intégrée de la fertilité de Sol (PAGRIS en sigle) a, quant à lui, été mis en place en 2020. Il est intervenu dans 14 provinces du pays. Ce projet consistait à appuyer les agriculteurs à faire face à l’érosion en traçant des haies herbacées antiérosives sur les pentes.
Grâce à ce projet, 834 ménages agri-chercheurs issus de 154 collines de la zone d’intervention ont été formés sur la gestion intégrée de la fertilité du sol. Dans la même perspective, les communautés de 755 sites ont été facilitées à l’organisation et planification de la protection et l’aménagement des micro-bassins versants ayant une superficie totale de 131.590 hectares.
Parallèlement, le projet a facilité l’élaboration et la mise en œuvre d’un plan de protection du sol pour plus de 94.000 ménages agricoles, s’inspirant du plan d’aménagement des micro-bassins versants.
Dans le cadre de la lutte pour la fertilité du sol, plus de 19.000 tonnes de dolomie ont été octroyés à plus de 48.000 ménages agricoles.
Ce projet a également permis la collaboration entre IFDC et différentes institutions notamment les institutions étatiques ou privées, les établissements scolaires ou universitaires. Cette démarche a été prolifique en 2022 avec l’actualisation de la cartographie de l’état des lieux sur la fertilité des sols via l’ISABU sans oublier l’étude de faisabilité sur le renforcement de la filière dolomie rendue possible grâce à cette franche collaboration.
Quant à la collaboration avec l’université de NGOZI et l’école normale supérieure ENS, un projet de recherche sur la production de vermi-compost à partir des déchets organiques a été réalisé.
Restauration des sols : une clé à plus de production

Au cours de son discours de circonstance, Henk VanDuijn, président et chef exécutif d’IFDC, a félicité l’équipe IFDC Burundi pour les réalisations déjà faites et les résultats atteints au niveau de ces deux projets. Et de rappeler que la bonne production dépend de la qualité des sols qu’on exploite: » Même si on peut introduire de nouvelles semences sélectionnées, cela ne peut pas être bénéfique quand elles rencontrent un sol plein d’acidité, d’où la restauration des sols demeure primordiale pour une meilleure productivité ». En outre, indique-t-il, si le Burundi vise une autonomie alimentaire au lieu de recourir aux importations, cela doit passer par la restauration et la fertilité des sols.
Pour rappel, IFDC dont le siège général est basé à Alabama aux Etats Unis d’Amérique fait son année jubilaire de 50 ans avec 17 ans d’existence au Burundi.




