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Publi-Reportage

La dolomie, une solution à la forte acidité du sol burundais

Acides à plus de 70%, les sols cultivables burundais peinent à rendre leur pleine potentialité. Pour pallier ce défi, l’IFDC a procédé, du 16 au 17 août 2023, dans les provinces de Bururi et Ruyigi, au lancement officiel de l’application de la dolomie dans les champs pour la saison culturale A 2024.

Les études de faisabilité du renforcement de la filière dolomie au Burundi, et les cartes de fertilité des sols produits respectivement en 2013 et en 2021 par ISABU et IFDC, prouvent que l’acidité des sols est un problème réel et commun pour la majorité des sols du Burundi.

Parmi les conséquences de cette acidité, l’on cite leblocage de l’assimilation par les plantes de certains éléments nutritifs, une faible capacité d’échange cationique et une activité des micro-organismes souterrains, l’apparition de toxicités en aluminium et manganèse qui affectent la croissance des plantes et par conséquent leur rendement.

Les mêmes études ont révélé que l’application de la dolomie dans les champs s’avère efficace pour corriger cette acidité du sol et contribuer à l’augmentation de la production agricole. Pour cela, la population burundaise, à majorité cultivatrice, doit connaitre les bonnes techniques d’appliquer la dolomie dans leurs exploitations agricoles.

C’est ainsi que le Centre International pour la Fertilité des sols et le Développement agricole (IFDC)  en collaboration avec certains de ses partenaires techniques dont Help Channel Burundi et Jacaranda Agro-Industrie procédait du 16 au 17 août 2023 dans les provinces de Bururi (communes Songa et Rutovu) et Ruyigi (commune Nyabitsinda) au lancement officiel de l’application de la dolomie dans les champs pour la saison culturale A 2024. Cette campagne a pour objectif de sensibiliser la population sur le bien-fondé d’utiliser la dolomie pour corriger l’acidité du sol.

Gloriose Niyubahwe directrice du Bureau Provincial de l’Environnement, de  l’Agriculture et de l’Elevage (BPEAE) dans la province de Bururi fait savoir qu’auparavant, les agriculteurs ne savaient pas utiliser correctement la dolomie dans leurs champs. « Un agriculteur pouvait acheter de la dolomie dépendamment des moyens financiers dont il dispose. Des fois, un agriculteur pouvait acheter beaucoup ou peu de quantité de dolomie, car il ne tenait pas compte de la superficie et du degré de l’acidité  de son champ », a-t-elle indiqué.

Pour cedes séances de démonstration des techniques liées au chaulage ont été effectuées par les techniciens agricoles pour montrer aux agriculteurs comment appliquer efficacement la dolomie dans leurs champs. « Une occasion aussi de savoir que la dolomie est appliquée un mois avant le semi. La dose recommandée par le projet  dure 2 ans dans le sol sans qu’on y ajoute d’autre dolomie », se réjouit un agriculteur de Muzenga de la commune Rutovu.

A cette occasion, Claudette Nduwimana, point focal du projet pilote dolomie au sein de Help Channel à Bururi, se référant aux données de l’IFDC, confie : «  plus de 70% des terres arables au Burundi sont acides et cette acidité prive les plantes des éléments nutritifs, une faible activité des micro-organismes souterrains, l’apparition des toxicités qui affectent la croissance des plantes et par conséquent leur rendement.» 

L’application de la dolomie dans les champs s’avère donc efficace pour corriger l’acidité du sol et contribuer à l’augmentation de la production agricole, explique-t-elle.

Des témoignages prouvant l’efficacité de la dolomie…

Les agriculteurs qui ont déjà appliqué la dolomie dans leurs champs depuis l’année dernière témoignent de la croissance du rendement agricole. Evariste Ndikumasabo, de la colline Kigabiro en commune Songa ne tarit pas d’éloges quant à l’efficacité de la dolomie. Il confie : « Avant l’application de la dolomie dans mes exploitations, je ne recevais pas un bon rendement. Mais avec l’utilisation de la dolomie, la production a doublé voire triplé. Dans un champ où je récoltais à peine une tonne de pomme de terre avant l’usage de la dolomie, j’y ai récolté la saison dernière plus de deux tonnes. Et ce, grâce à l’application de la dolomie ».

Et ce n’est pas Jean Claude Hakizimana qui dira le contraire. Cet agriculteur de la colline Taba en commune Songa se réjouira d’avoir récolté plus de 100Kg de haricot dans un champ où il n’obtenait que  25 kg avant l’introduction de la dolomie.

Néanmoins, la dolomie seule ne suffit pas pour accéder à la productionagricole souhaitée, rappelle Rénovat Simuzeye, directeur du Bureau Provincial de l’Environnement, de l’Agriculture et de l’Elevage  (BPEAE) en province Ruyigi. « À côté de la dolomie, on doit penser à une approche intégrée: application des fumures organiques, des fertilisants organo-minéraux, des semences sélectionnées, le traçage  des courbes de niveaux et la plantation des arbres agro-forestiers. »

Quant à Chadrick Habonimana, directeur général de Jacaranda Agro-Industrie, partenaire technique de l’IFDC dans le projet pilote dolomie, il insiste sur l’importance de la dolomie dans les exploitations agricoles : «Elle contribue à l’augmentation de la production des récoltes. » Et de  lance un appel vibrant à l’endroit des agriculteurs qui n’ont pas bénéficié de la dolomie dans ce projet pilote de s’en procurer avec leur propres moyens : «La dolomie est moins chère: un sac de 50kg coûte 5000Fbu. Il y a même une possibilité d’acheter un sac de 25 kg à moitié prix, l’emballage restant le même. »

Des résultats satisfaisants…

Avec l’appui technique des partenaires (Tubura, Réseau Burundi 2000 Plus, Twitezimbere, Adisco, Ucode, Oap, Inades, Help Channel et Jacaranda), IFDC a subventionné, au cours des phases pilote I et II, environ 20.000 tonnes de dolomie pour corriger l’acidité des sols dans 38 communes de 14 provinces du pays, avec une dose de correction du PH pour une période de 2 ans, comme l’indique Déogratias Bizabityo, chargé de suivi et évaluation au sein de l’IFDC. 

L’application effective de la dolomie, confie Mr Bizabityo, est effectuée principalement au mois d’août  pour les saisons 2023A et 2024A. Et 288 champs de démonstration ont été mis en place afin de faciliter l’analyse des effets de la dolomie sur le court et le long terme.

Au cours de la saison 2024A, IFDC compte approximativement 30870 bénéficiaires du projet dolomie et entend corriger l’acidité du sol sur une superficie de plus de 5500 ha à travers toutes ses zones d’intervention. « C’est un projet qui vient appuyer les initiatives du gouvernement du Burundi dans son  projet de subvention des fertilisants organo-mineraux aux agriculteurs », conclut Déogratias Bizabityo.

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