D’habitude, les périodes électorales sont toujours marquées par des évènements exceptionnels tendant souvent à bouleverser les rapports sociaux. Une chose est sure : tout part dans l’ensemble des interactions qu’échangent les adversaires politiques, parfois à couteaux tirés. A l’approche des échéances de 2025, il y’a lieu de faire mieux.
Des messages de discrimination, d’intimidation, de diabolisation, les habitants de la commune Nyabiraba, en province Bujumbura, ont l’habitude de les entendre durant la période électorale. Comme un mauvais présage, ces messages précèdent des hostilités surtout entre les jeunes politiquement engagés.
Aimable*, habitant cette contrée, s’indigne que les militants des partis politiques s’arrogent le droit d’insulter, d’attaquer verbalement leurs adversaires : « Chacun tend à rabaisser l’autre sans ambages en ignorant les valeurs qui doivent les guider dans de telles rivalités », déplore-t-il.
Pire encore, insiste Jacqueline*, habitant elle aussi la commune Nyabiraba, des menaces de mort s’enlisent dans des slogans et des chants qu’interprètent les militants des partis politiques lors des propagandes : « Ça fait toujours peur d’entendre les gens qui parlent haut et fort que celui qui n’est pas de leurs côtés doit crever ou fuir. »
Un mauvais signe
Cependant, cette attitude des militants des partis politiques ne va pas sans conséquences, avertit Jacqueline*. Parfois, souligne-t-elle, ça finisse dans des hostilités plus violentes que l’on peut imaginer : « On regrette toujours des vies humaines emportées par l’intolérance politique que les hommes politiques ne cessent de manifester jusqu’ici. »
A ce titre, rappelle Isaac Ntibampamate, secrétaire permanent de la commune Nyabiraba, suite à des messages de haine qui ont marqué la période électorale de 2015, des affrontements entre membres des partis politiques rivaux ont créé un chaos qui a ébranlé le tissu social : « Des dégâts matériels et humains ont été signalés dans différentes zones du pays ».
Renverser la vapeur, c’est possible !
Les compétiteurs ou les leaders politiques doivent apprendre à vivre dans la tolérance sans déshumaniser l’autre ou montrer que l’autre n’a pas de valeurs, ou encore n’est pas compétent, interpelle Chartier Niyungeko, expert en résolution et transformation des conflits.
Pour lui, il y’a toujours moyen de montrer qu’on est capable de vaincre l’autre sans toutefois le dévaloriser ou le comparer à un animal. « Comme on l’a vu, il y a des fois, quand vous passez quelque part où l’on bat campagne, il suffit d’écouter les gens qui s’y trouvent pour mesurer l’ampleur de l’intolérance politique qui y règne. Ils ne font que diaboliser leurs adversaires, et le passé nous a montré que cela conduit à des souffrances et à des malheurs plus dévastateurs. » Aux candidats des prochains scrutins, cet expert invite à montrer ce dont ils sont capables de faire tout en préservant la valeur de l’autre : « Il suffit d’avoir un background, ou un parcours professionnel qui comprend des réalisations et des exploits. On peut partir de ces exploits, et dire aux gens, » voilà, nous avons déjà fait ça, alors, si vous nous donnez encore une autre opportunité, on peut faire mieux. » »




