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Société

Se rejeter la responsabilité entre leaders, un comportement à haut risque

La gestion de la cité ou de toute autre entité nécessité, ad le concert et la sagesse des femmes & des hommes intègres. Si ces derniers manquent de solidarité dans l’adversité, leur dissension peut diviser profondément la communauté…

Comme tout être humain, les dirigeants ont également leurs faiblesses. C’est en tout cas ce que pensent certains résidents de la colline Mwoya, située dans la commune Buhiga, province de Karusi. Selon eux, ces dirigeants doivent judicieusement gérer les situations complexes, dans l’intérêt de l’ensemble de la population.

Et pourtant, constate Jacques* (43 ans), habitant la colline Mwoya, des fois, les gestionnaires de la cité ou d’une entité se rejettent mutuellement la responsabilité, ce qui augmente encore la souffrance de leurs dirigés : « Du coup, tout le monde perd l’espoir et l’opinion ne sait pas sur quel pied danser. »

Bien plus, déplore Clotilde* (37 ans), dans telle situation, le langage souvent utilisé tend à jeter le discrédit sur un individu ou un ensemble d’individus au détriment de l’autre, ce qui divise les membres au sein d’une même entité en deux groupes qui se regardent malheureusement en chiens de faïence : « C’est quand même regrettable quand les dirigeants montrent un mauvais exemple à la population en cherchant à esquiver leurs responsabilités en faisant du tort à leurs collaborateurs. »

Risque des hostilités

Pour Emmanuel Ndikumana, expert en leadership, un discours qui n’accepte pas la responsabilité, mais qui, au contraire, la rejette sur les autres, va absolument alimenter un climat social qui n’est pas du tout bon : « Ceux qui l’entretiennent, rejettent tout. Ils n’acceptent pas le poids ou les conséquences de cet échec qui est là. Et donc, ceux, sur qui, cet échec va tomber se sentent accusés injustement. Ils se sentent trahis. En fait, c’est comme si les efforts qu’ils ont fournis pour la réussite n’ont pas été considérés. »

Lorsque les responsabilités sont d’ordre politique, estime cet expert, la population peut être manipulée en cas d’absence des résultats escomptés : « Quand les gens commencent à se rejeter la responsabilité d’un échec, cela conduit à une situation dangereuse pouvant conduire à des violences de masse. »

Et pour cause, explique-t-il, chacun cherche des soutiens parmi la population qui a, elle-même subi les conséquences de ce manque de résultats. Et donc, ça devient plus facile ou tentant de passer par la manipulation : « Dans ce cas, le risque de violences de masse est réel. »

Un bon leader, indique cet expert, doit donner l’exemple en acceptant que lui-même a une part de responsabilité : «Face à des situations de crise, un responsable devrait utiliser un langage qui est imbibé d’humilité, de paroles humbles. » En d’autres termes, conclut M. Ndikumana, quand on n’atteint pas le résultat voulu, chacun doit comprendre que les responsabilités sont partagées.

Conscient du danger de cette attitude de se rejeter mutuellement la responsabilité entre les leaders, Radjabu Macumi, chef de colline Mwoya, promet de tenir des réunions dans la communauté afin de sensibiliser sur les effets néfastes de ce comportement.

*nom d’emprunt

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