C’est presque devenu une coutume : les campagnes des partis politiques riment avec des hostilités alimentées par des discours et des slogans semant division et discrimination. A l’approche des prochaines élections de 2025, comment peut-on renverser la vapeur ?
Comme par enchantement, à chaque rendez-vous électoral, les Burundais renouent avec les pratiques de violences et d’intolérance. En zone Maramvya de la commune Mutimbuzi, province Bujumbura, certains habitants critiquent cette attitude.
Emile* (28 ans) en a ras-le-bol. Ce jeune pointe du doigt les leaders politiques comme étant à l’origine du chaos qui bouleverse les rapports sociaux à chaque échéance électorale. «Ce sont eux qui dressent leurs militants contre leurs adversaires en les manipulant par des discours et des enseignements de haine », déplore-t-il.
Abondant dans le même sens, Emmanuel Misigaro, conseiller communal de Mutimbuzi en charge des questions économiques et de développement, regrette l’instrumentalisation faite aux des jeunes par des politiques pour assouvir les intérêts, qui sont par ailleurs, des fois, sectaires : « Souvent, ils se lancent des invectives et ça finissent parfois dans des actes violents occasionnant des dommages humains et matériels. »
Une fois n’est pas coutume
Cependant, cet administratif trouve que les politiciens devraient adopter un langage apaisant afin de préserver la cohabitation pacifique entre les membres de différents groupes. « C’est une des solutions à l’intolérance politique qui se manifeste avant, pendant et après la période électorale », souligne-t-il.
Même son de cloche chez Richard Nkunzimana, expert en résolution pacifique des conflits, qui insiste sur la priorité à sensibiliser toutes les parties prenantes à l’aube des scrutins de 2025 : « Le gouvernement a un rôle primordial pour promouvoir cette communication où les acteurs politiques et la population doivent comprendre que la période électorale n’est pas une période extraordinaire, c’est juste un passage vers la poursuite de la vie normale ».




