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Gestion des rumeurs : comment séparer le bon grain de l’ivraie ?

En commune Kabarore, de la province Kayanza, les rumeurs altèrent le climat social surtout en période électorale

Comme une traînée de poudre, certains messages se répandent dans l’opinion, tout en agitant sa sérénité. Parfois, difficile à vérifier, ils sont susceptibles d’ébranler la cohésion sociale.

Sur la colline Rutondero, zone Rugazi, de la commune Kabarore, en province Kayanza, certains habitants témoignent avoir été alertés par des rumeurs selon lesquelles des rebelles auraient récemment pénétré dans la forêt de la Kibira : « On a eu gravement peur puisque de telles informations ne sont pas à prendre à la légère car elles rappellent les drames du passé », indique Denise* (42 ans), habitant cette colline.

Bien plus, souligne Berchmas Nsanguye, administrateur communal de Kabarore, dans une période électorale, les rumeurs fleurissent et alimentent des tensions entre les citoyens politiquement engagés : « Souvent, la population tombe dans la désinformation faute de suffisamment d’outils pour démêler le vrai du faux. »

Le dessous des cartes

Pour cet administratif, certains militants des partis politiques attisent la haine et la méfiance en alimentant des rumeurs pour semer le chaos et la zizanie, afin d’assouvir des intérêts sectaires : « Cela perturbe l’ordre public, d’autant plus que le climat social se dégrade, et c’est tout le monde qui souffre. »

Selon Hélène Mpawenimana, docteure en communication, enseignant-chercheur à l’Université du Burundi, les auteurs des rumeurs peuvent viser le soulèvement de la population contre le gouvernement et les conséquences peuvent être désastreuses : « Certaines personnes peuvent fuir le pays par crainte d’être tuées, d’autres peuvent entrer en conflit, en s’accusant mutuellement. Il y’a ceux qui peuvent même abandonner ou suspendre leurs projets de développement. »

Démêler le vrai du faux

Cependant, cette experte en communication recommande aux récepteurs de ces rumeurs d’être tranquilles, de ne pas participer à la diffusion de ces rumeurs, de faire des recherches approfondies pour avoir des vraies informations en rapport avec ces rumeurs : « Il est très important de suivre les médias de confiance qui offrent des informations bien collectées, bien analysées avant d’en faire la diffusion. »

En outre, souligne Mme Mpawenimana, le rôle des autorités est d’une importance capitale : « Les leaders doivent donner la priorité à l’offre d’une information bien analysée, servie à la population de façon régulière et à temps. Ils doivent faire recours aux médias pour donner à la population des informations en rapport avec ces rumeurs d’une manière régulière, sans cacher aucun aspect de ces derniers, et à temps.»

*nom d’emprunt

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