Des résultats mitigés des coopératives collinaires
Le modèle des coopératives est en vogue. Le gouvernement encourage les producteurs à intégrer les coopératives pour accroître la production. Depuis 2019, les coopératives collinaires bénéficient des financements dans la mise en œuvre de leurs projets de développement. Plus de 30 milliards de FBu ont été octroyés sous forme de crédits sans intérêt aux 2 911 coopératives collinaires éparpillées sur tout le territoire du Burundi. Ainsi, 62% d’entre elles ont pu fructifier le capital de 10 millions de FBu leur octroyé par l’Etat…
L’étude faite par le Fonds National d’Investissement Communal (FONIC) a fait ressortir quelques facteurs majeurs qui handicapent les activités des coopératives collinaires. Ce sont notamment un leadership organisationnel défaillant, l’ingérence de l’administration et/ou des services communaux déconcentrés dans l’encadrement des coopératives, l’incompatibilité des projets avec la zone d’exécution.
Revoir le modèle des coopératives
Au cours de cet exercice budgétaire, les prévisions d’appui aux coopératives collinaires s’élèvent à 87 830 000 000 de FBu pour appuyer au moins 2 900 projets des coopératives collinaires. A en croire les résultats d’une enquête de la commission parlementaire en charge des finances et des affaires économiques certaines sociétés coopératives ne parviennent pas à identifier les secteurs adéquats d’activités rentables. Ce qui entraîne parfois des faillites notoires. Selon les députés, les autres pertes sont dues à l’irresponsabilité des gérants, les aléas climatiques, l’insuffisance des semences sélectionnées, l’inadaptation des semences à la région, le manque de vétérinaires compétents, retard/rareté des intrants agricoles, etc. pour les coopératives agropastorales.
Pour que les coopératives collinaires soient rentables, les députés suggèrent un suivi rigoureux. Ils appellent également à l’identification des besoins de chaque colline. Le gouvernement doit créer au niveau des communes une unité qui s’occupe de l’encadrement des coopératives avec un contrat et une logistique appropriée, contraindre les leaders de l’administration et les natifs intellectuels à s’impliquer dans les sociétés coopératives collinaires et assurer un encadrement de proximité.

Kirundo de plus en plus éclairée
Dans la province de Kirundo, le projet d’électrification rurale initié par le gouvernement porte des fruits. Le ministre de l’Hydraulique, de l’Energie et des Mines Ir Ibrahim Uwizeye a fait savoir que 34 villages des communes Busoni, Bwambarangwe et Gitobe ont bénéficié de l’électricité. D’ailleurs, « 40 autres villages de la province de Kirundo vont aussi être alimentés en électricité dans la deuxième phase grâce aux reliquats dégagés d’environ 9 millions USD », a-t-il annoncé en mars dernier lors des cérémonies inaugurales des réalisations.
Le projet d’électrification en province de Kirundo a été lancé officiellement en novembre 2016. Il est financé à hauteur de 24 millions USD (plus de 40 milliards de FBu) par l’Etat, le fonds de l’OPEP pour le développement international et la Banque Arabe pour le développement économique en Afrique (BADEA). Le budget général de l’Etat, exercice 2022-2023 prévoyait 500 millions de FBu.
Un long chemin à faire….
Le Burundi est parmi les pays qui affichent un taux d’électrification encore faible. Seuls (12%) de la population ont accès à l’électricité. En ce sens, les projets initiés pour accroître l’offre énergétique peinent à se concrétiser. A titre illustratif, les travaux de construction de la centrale hydroélectrique Kabu-16 sur la rivière Kaburantwa tournent au ralenti. Lancés depuis 2017, les travaux stagnent.
La mise en œuvre de ce projet reste problématique en raison du manque d’équipements et de financements. D’ailleurs, l’Etat demandé un délai de grâce et un financement additionnel à la banque indienne Exim Bank. Au cours de cet exercice budgétaire, l’Etat avait affecté 7 milliards de FBu audit barrage. Malgré la mise en service du barrage hydroélectrique de Ruzibazi, les coupures et l’insuffisance du courant électrique persistent.
« Un budget fantaisiste… »
Gabriel Rufyiri, président de l’Observatoire de lutte contre la corruption et les malversations économiques déplore un budget fantaisiste qui n’applique pas les règles. « Dans le compte rendu budgétaire, tout le budget a été consommé. Sauf là où il y a un problème de capacité d’absorption, c’est-à-dire dans les budgets où les bailleurs exigent des normes de gestion. Il y a même des budgets consommés à 200 ou 300%. Des dépassements notoires ».
Pour lui, dans le processus budgétaire, il doit y avoir une lettre de cadrage qui montre les orientations du gouvernement. Cette lettre est envoyée en principe au mois de mars ou février à toutes les institutions publiques concernés par le budget général de l’Etat. C’est sur base de ces orientations, dit-il, que les institutions se pressent auprès du ministre des Finances pour communiquer leurs activités et budgets y relatifs. « En principe, le vol se commet souvent dans les marchés. Qui reçoivent ces marchés ? ».




