Avec un budget de plus de 5.075 milliards de BIF pour 4.821 milliards de recettes prévues avec un déficit de 436 milliards, l’année budgétaire 2025-2026 s’annonce plus novatrice en termes de collecte des recettes, de gestion des dépenses ou encore d’efficacité des actions…
Environ 400 milliards de BIF n’ont pas été décaissés par certaines institutions à la fin de l’année budgétaire 2024-2025, soit 20 % des recettes prévues pour cette année, et constituent donc le reliquat. Cela marque un tournant décisif contre le gaspillage ou l’envol des fonds du trésor public qui, naguère, étaient perpétrés par certains gestionnaires.
Lors de l’atelier d’ouverture des crédits budgétaires ce 9 juillet 2025 au Donatus Conference Center à Bujumbura, Nestor Ntahontuye, ministre burundais des Finances, a insisté sur certaines lacunes qui ont marqué l’exécution des budgets antérieurs : « Les années antérieures, ces gestionnaires attendaient à la dernière minute pour liquider cet argent avec des activités qu’ils n’avaient pas encore achevées. Mais la question demeure : si tu paies, où est le reliquat ? »
Pour le ministre, ce reliquat n’est qu’un phénomène qui tient de deux facteurs : « C’est que ces activités n’ont pas été exécutées à temps, ou encore, c’est que les prestataires des services n’ont pas bien exécuté les services et cela fait que la mise en œuvre de différentes activités soit tardive et que l’année budgétaire soit clôturée alors qu’il reste du budget sur les comptes de ces institutions. »
Soulignant le principe de l’annualité, le ministre précise : « Ce qui doit être fait, c’est d’abord de niveler ce montant pour que ça revienne sur l’exercice qui va commencer et que ça soit pris en compte comme des recettes exceptionnelles. Ça doit financer les PTBA qui sont prévus pour l’année suivante de 2025-2026. »
Un budget en pleine évolution
Lors du même atelier, Mathias Nyandwi, directeur général en charge du budget, a rappelé que le budget programme est basé sur les principes de transparence, traçabilité et responsabilisation des acteurs.
Depuis l’adoption du budget programme en 2022, a-t-il martelé, cette direction a mis en évidence une évolution qui consiste à adopter de nouvelles procédures afin d’arriver à une gestion plus efficace, plus efficiente et plus transparente.
Quant aux nouveautés visibles dans la loi budgétaire, le ministre a clarifié : « Ce ne sont pas des innovations. C’est plutôt de nouvelles étapes de la mise en œuvre des dispositions de la loi organique. Nous dirons que le budget-programme est véritablement opérationnel quand toutes les dispositions de la loi organique relative aux finances publiques seront toutes opérationnelles. » Et de mentionner le besoin d’atteindre cet objectif avec le budget 2026-2027.
Par exemple, pour cette année, dans le cadre de la gestion efficace des dépenses, les institutions constitutionnelles engageront leurs dépenses sous forme de tranches moyennant la présentation du projet de leur utilisation. Sinon, les ministères et autres institutions auront accès à cette opération sur accord préalable du ministre en charge des Finances pour certaines fournitures de biens et services (article 22 de la loi budgétaire). Un autre article intéressant (le 35ᵉ) concerne la conclusion des marchés publics. Ceux-ci sont conclus pour une période d’une année, en conformité avec le principe d’annualité budgétaire. Ainsi, l’autorité contractante doit s’assurer de la disponibilité du financement avant le lancement de l’avis d’appel d’offres, conformément à son plan prévisionnel de passation des marchés publics et avant la signature de la lettre de commande.
Dépenser, oui !, mais,…
« Chaque argent dépensé doit avoir un impact mesurable sur la vie du citoyen », a lancé le ministre Ntahontuye, qui appelle les gestionnaires au dynamisme en vue de ne plus clôturer l’année budgétaire sans avoir décaissé le montant, au moment où les prestataires ne sont pas encore payés.
Il prévient : « Le ministère des Finances va beaucoup plus poursuivre le contrôle et la qualité, mais aussi le rapportage pour voir si toutes les exigences sont respectées. »
Quant à la collecte des recettes, le ministère a également réaffirmé son engagement en vue d’une généralisation de la machine à facturation électronique en vue d’étendre l’assiette fiscale. Ainsi, chaque commerçant doit utiliser cette machine, afin de lutter contre les détournements de TVA. À ce sujet, il a rappelé la règle : « Celui qui achète les biens de service sans demander la facture, ses biens seront confisqués et il paiera 20 % de leur valeur, assure le ministre. »
Et enfin, dans les perspectives du budget-programme, le ministère des Finances vise à allouer un plafond de 53,36 % du budget national aux investissements, tout en veillant à ce qu’au moins 70 % de cette proportion soit dédiée aux projets structurants du PIP (programme d’investissement public).




