Depuis 2017, la Banque de la République du Burundi (BRB) modernise progressivement le système national de paiement afin de rendre les transactions plus rapides, plus sûres et plus accessibles. Au cœur de cette transformation, la plateforme BurundiPay s’impose comme un outil stratégique pour accélérer l’inclusion financière et soutenir l’économie numérique du pays.
Selon Amédée Kwizerimana, chargé de la gestion du système de paiement à la Banque centrale, l’écosystème financier burundais comprend aujourd’hui 17 banques commerciales, 60 institutions de microfinance, trois établissements émetteurs de monnaie électronique : Lumicash, Ecocash et Cashtel ainsi que neuf sociétés de transfert international d’argent.
Toutes ces institutions sont agréées et supervisées par la Banque centrale, qui demeure le pilier central du système financier burundais.
Les systèmes de paiement mis en place par la BRB
Amédée Kwizerimana énumère les systèmes de paiement mis en place par la BRB, notamment le RTGS, l’ACH, le CSD, le B-Switch et BurundiPay.
Le RTGS (Real Time Gross Settlement) est un système de règlement brut en temps réel permettant d’effectuer des virements instantanés entre banques pour des montants supérieurs à 15 millions de francs burundais, soit environ 10 000 dollars américains selon le taux de change de 2017.
Ce système facilite les transferts importants en toute sécurité et respecte les standards adoptés au niveau de la Communauté d’Afrique de l’Est (EAC).
L’ACH (Automated Clearing House) est une chambre de compensation électronique destinée aux transactions inférieures ou égales à 15 millions de francs burundais.
Contrairement au RTGS, les opérations effectuées via l’ACH sont compensées à la clôture de la journée. Ce système permet donc de traiter efficacement les paiements courants tout en réduisant les délais et les coûts des transactions.
Le CSD (Central Securities Depository) est une centrale dépositaire des titres financiers. Ce système permet la gestion des obligations et des bons du Trésor, notamment lors des opérations d’achat, de vente ou de conservation des titres publics. Il contribue ainsi au développement du marché financier burundais et à la sécurisation des investissements.
Le B-Switch est un switch monétique désormais rapatrié et géré localement par la BRB, alors qu’il était auparavant contrôlé à l’extérieur du pays.
Son rôle principal est d’assurer l’interopérabilité entre les différentes institutions financières. Grâce à ce système, les utilisateurs peuvent effectuer des transactions entre plusieurs banques ou opérateurs via les cartes bancaires, les téléphones mobiles ou encore les plateformes internet. Le B-Switch constitue ainsi un élément essentiel dans la construction d’un système financier intégré et moderne.
BurundiPay : une plateforme au service de l’économie numérique. Un système de paiement instantané. BurundiPay représente aujourd’hui l’une des innovations majeures du secteur financier burundais.
Cette plateforme de paiement instantané permet d’envoyer et de recevoir de l’argent en moins de dix secondes. Le système peut traiter jusqu’à 1 000 transactions simultanément et fonctionne 24 heures sur 24, sept jours sur sept et 365 jours par an.
Contrairement aux systèmes traditionnels, BurundiPay intègre à la fois les banques et les institutions non bancaires, favorisant ainsi une inclusion financière plus large.
Les avantages économiques de BurundiPay

Selon Amédée Kwizerimana, les transferts d’argent s’effectuent presque instantanément, ce qui facilite les échanges commerciaux et améliore la fluidité des activités économiques. Le système contribue également à la réduction des coûts de transaction, au renforcement de la sécurité des paiements, au développement de l’inclusion financière ainsi qu’à une disponibilité permanente des services.
Actuellement, confie Amédée Kwizerimana, le taux d’inclusion financière au Burundi est estimé à environ 22 %. Le pays se positionne ainsi au 22ᵉ rang africain et au 3ᵉ rang dans la Communauté d’Afrique de l’Est, derrière la Tanzanie et le Rwanda. « Les projections montrent cependant une forte progression, avec un objectif de 98 % d’inclusion financière d’ici 2040 et de 99 % à l’horizon 2060 », indique-t-il.
Dans cette dynamique, fait savoir Amédée Kwizerimana, BurundiPay pourrait jouer un rôle déterminant en facilitant l’accès aux services financiers numériques, notamment pour les populations vivant dans les zones rurales.
Des défis encore persistants
Malgré ces avancées, précise Amédée Kwizerimana, plusieurs défis demeurent, notamment l’usage encore excessif du cash, les coûts élevés de certaines transactions, la faible couverture internet dans certaines régions ainsi qu’une interopérabilité encore limitée entre certains systèmes.
Pour répondre à ces difficultés, Amédée Kwizerimana confie : « BurundiPay prévoit également des solutions de paiement sans connexion internet grâce aux codes USSD, une innovation qui pourrait favoriser l’accès aux services financiers même dans les zones les moins connectées. »
La modernisation du système de paiement initiée par la Banque de la République du Burundi marque ainsi une étape importante dans la transformation numérique du pays. À travers des infrastructures comme le RTGS, l’ACH, le CSD, le B-Switch et surtout BurundiPay, Kwizerimana indique que le Burundi s’oriente progressivement vers une économie plus digitalisée, inclusive et efficace.
Selon Amédée Kwizerimana, BurundiPay apparaît désormais comme un outil stratégique capable de stimuler les échanges économiques, de réduire la dépendance au cash et de renforcer durablement l’inclusion financière au Burundi.




