Le fonctionnement de l’hôpital de district de Cankuzo met en lumière de nombreuses fragilités structurelles : retard dans l’actualisation du cadre légal, créances impayées, équipements médicaux défaillants et insuffisances dans la gestion administrative. Ces préoccupations ont été soulevées lors des échanges entre les parlementaires et le ministre de la Santé publique, Dr Fidèle Nkezabahizi, au cours des questions orales avec débat organisées ce 4 mai 2026.

L’un des principaux constats concerne le retard dans la mise à jour du cadre légal régissant l’hôpital. Le décret de 2003 lui conférant le statut d’administration personnalisée n’est plus conforme à la loi de juin 2024.
Face à cette situation, le ministère indique avoir demandé à toutes les structures placées sous sa tutelle de réviser leurs textes réglementaires. Un projet de décret visant à harmoniser le statut des hôpitaux avec leur niveau technique est en préparation et devrait être finalisé d’ici juin 2026.
Sur le plan financier, la situation demeure préoccupante. Au 30 juin 2025, les créances non recouvrées de l’hôpital s’élevaient à 692 millions BIF, selon la Cour des comptes.
Le ministère explique que ces dettes proviennent en grande partie des prestations offertes dans le cadre des gratuités ciblées en faveur des femmes enceintes, des enfants de moins de cinq ans et des personnes indigentes. Leur remboursement dépend essentiellement de partenaires tels que le gouvernement, l’Union européenne et la Banque mondiale.
Entre conformité et irrégularités dans la gestion du matériel
Concernant les équipements, l’hôpital dispose de trois véhicules, dont une ambulance. Deux sont en règle, tandis que le troisième a perdu ses documents administratifs, une situation déjà signalée à la police.
Du côté des équipements médicaux, plusieurs pannes ont été enregistrées. Le ministère affirme avoir mis en place un service de maintenance dans chaque district sanitaire, accompagné d’un système informatisé de gestion de maintenance assistée par ordinateur (GMAO) afin d’assurer le suivi des équipements.

Le cas le plus préoccupant reste celui d’une machine d’analyse d’hématologie offerte par l’ONG World Vision en 2022. Tombée en panne alors qu’elle était encore sous garantie, elle avait été récupérée par le fournisseur pour réparation, sans jamais être restituée à l’hôpital.
Malgré plusieurs relances restées sans réponse, le ministère annonce envisager des poursuites judiciaires contre le fournisseur concerné.
Pour corriger les dysfonctionnements relevés, plusieurs actions sont envisagées, notamment la révision des manuels de procédures, le renforcement des inspections sanitaires décentralisées, le suivi rigoureux des réparations des équipements ainsi que la planification de nouveaux achats dans le cadre du PTBA 2026-2027.
Malgré ces défis, le ministère assure que certains services essentiels, notamment le laboratoire, continuent de fonctionner grâce à des équipements alternatifs.




