Longtemps perçue comme un domaine réservé aux hommes, la gouvernance locale connaît aujourd’hui une évolution notable en commune Rugombo, particulièrement en zone Rugombo, où les femmes démontrent de plus en plus leurs capacités de leadership et leur contribution au développement communautaire.
Le 22 avril 2026, le chef de zone Rugombo, Selemani Sibomana, s’est réjoui des progrès réalisés par les femmes dans les instances de prise de décision. Selon lui, celles qui exercent des responsabilités accomplissent efficacement les missions qui leur sont confiées, même si certaines restent encore freinées par la peur. « Il est clair que la femme d’aujourd’hui est capable », affirme-t-il.
Pour illustrer ses propos, il cite l’exemple de Nizigiyimana Chantal, une femme leader de la colline Dogodogo, reconnue pour la qualité de son travail. Elle s’est notamment distinguée dans l’élaboration des listes des bénéficiaires de parcelles, une tâche qu’elle a accomplie « avec rigueur et clarté ».
D’après lui, les femmes peuvent parfois surpasser les hommes dans certaines fonctions, notamment dans la médiation, la rédaction de rapports ou encore la sensibilisation communautaire.
Malgré ces avancées, des défis persistent. Le chef de zone souligne la nécessité de renforcer la sensibilisation afin d’encourager davantage de femmes à s’engager dans la politique locale. Actuellement, sur les 30 responsables administratifs des six collines que compte la zone Rugombo, seules trois femmes occupent des postes de responsabilité.
Chantal Nizigiyimana, une figure inspirante du leadership féminin

Âgée de 44 ans et mère de trois enfants, Nizigiyimana Chantal est l’une des figures féminines emblématiques de la colline Dogodogo. Ancienne cheffe de colline, elle fait aujourd’hui partie du comité dirigeant local. Elle affirme que le leadership féminin est non seulement possible, mais également essentiel au développement du pays. « La femme est un pilier incontournable du progrès national », souligne-t-elle.
Selon elle, une femme leader se distingue par son sens des responsabilités et son engagement envers le bien-être de la communauté. Elle se félicite de la confiance que lui accordent les habitants, notamment grâce aux actions concrètes qu’elle a menées, comme l’adduction d’eau sur la colline et la résolution de nombreux conflits familiaux.
Revenant sur son parcours, elle explique que son engagement est né grâce aux encouragements reçus, dans un contexte où les hommes dominaient largement la sphère politique. Elle insiste toutefois sur l’importance du dialogue au sein du couple et d’une bonne gestion du temps, compte tenu des responsabilités familiales.

« Une fois engagée, il faut dépasser la peur et les obstacles pour se consacrer pleinement à la mission », affirme-t-elle. Elle lance également un appel aux autres femmes afin qu’elles surmontent leurs craintes et osent briguer des postes de responsabilité.
Au niveau local, Régine Ndayizeye, responsable d’un groupement de dix ménages, confirme que le leadership féminin est bien réel et efficace. Elle conseille aux femmes aspirant à des fonctions de leadership d’adopter une conduite exemplaire : être intègres, disciplinées, à l’écoute de tous et équitables.
Des témoignages qui confirment leur impact
Les habitants de la colline reconnaissent unanimement les compétences de Chantal Nizigiyimana. Emmanuel Nyabenda, l’un de ses voisins, souligne sa capacité à rassembler et à servir équitablement la population. Il cite notamment son rôle déterminant dans l’amélioration de l’accès à l’eau potable.
Joselyne Nishimwe partage le même avis : « Notre responsable nous dirige très bien. Elle a contribué à améliorer nos conditions de vie, notamment en facilitant l’accès à l’eau, dont nous manquions cruellement. »

Au sein de sa famille également, son engagement est soutenu. Son époux, Alexandre Harerimana, affirme que son rôle de leader n’a en rien perturbé leur vie conjugale. Selon lui, aucun homme ne devrait empêcher son épouse de s’engager en politique, car cela apporte des bénéfices aussi bien au foyer qu’à la communauté, y compris sur le plan économique.
Le Collectif des associations et ONG des femmes du Burundi (CAFOB) indique poursuivre ses efforts pour promouvoir la participation des femmes à la vie publique. Sa représentante, Marie Goreth Janvière Niyimbona, met l’accent sur l’éducation des filles et leur implication dans les associations, considérées comme un tremplin vers le leadership.
De son côté, Acher Niyonizigiye, expert en leadership et gouvernance, estime que les femmes disposent aujourd’hui des compétences nécessaires pour diriger, parfois même avec plus d’efficacité que les hommes. Il souligne qu’elles accordent une attention particulière aux relations humaines, ce qui favorise la cohésion sociale et une meilleure communication avec la population.

Elvis Nshimirimana




