Des centaines de Burundais continuent de rentrer volontairement au pays depuis les camps de Nduta et de Nyarugusu en Tanzanie. Accueillis chaleureusement dans leurs localités d’origine, notamment à Ruyigi, ces rapatriés doivent néanmoins faire face à des défis liés au logement, à la scolarisation et à la reconstruction de leur vie.
Après près d’une décennie passée en exil, plusieurs Burundais ont choisi de rentrer volontairement. C’est le cas de Richard Bigirimana, originaire de la colline Rukaragata, en zone Ruyigi, qui vivait au camp de Nduta depuis 2016. Il salue l’accueil reçu : « Les voisins nous ont bien accueillis et jusqu’à présent, nous vivons en bonne entente. Nous nous entraidons dans la vie quotidienne », témoigne-t-il. Il souligne également les restrictions vécues en exil : « En Tanzanie, nous n’étions pas autorisés à travailler. Ici, chacun peut exercer une activité dans le respect de la loi. »
À leur arrivée, les rapatriés bénéficient d’une assistance financière destinée à faciliter leur réinstallation. Chaque personne reçoit environ 200 dollars américains, soit près de 568 000 francs burundais, ainsi qu’une aide de 58 000 francs burundais pour le transport.

Selon Séverin Ndakazi, secrétaire communal de Ruyigi, les autorités locales s’organisent pour assurer un accueil adéquat : « Lorsqu’ils arrivent, parfois même la nuit, nous leur offrons un hébergement sécurisé avec leurs biens, avant qu’ils ne rejoignent leurs collines d’origine. »
Mais des difficultés persistent…
Malgré cet accueil chaleureux, plusieurs difficultés persistent. De nombreuses habitations, restées inoccupées pendant des années, se sont détériorées. Jackson Niyonkuru, rentré après avoir fui le pays en 2015, explique que certaines familles doivent réhabiliter leurs maisons avant de pouvoir s’y installer. « Nous demandons au gouvernement de nous appuyer dans la reconstruction de nos habitations afin d’offrir de meilleures conditions de vie à nos enfants », plaide-t-il.

La question de la scolarisation constitue également un défi. Les autorités éducatives indiquent que les enfants arrivés en cours d’année devront attendre la prochaine rentrée scolaire pour intégrer le système éducatif.
Malgré ces obstacles, le retour au pays reste une source de joie pour de nombreux rapatriés. Catherine Gatangaza, réfugiée depuis 2016, exprime son émotion : « Avant même de quitter la Tanzanie, je ressentais déjà la joie de rentrer. Aujourd’hui encore, j’ai du mal à croire que je suis réellement revenue. » Elle appelle toutefois à un soutien accru en faveur des familles sans logement ni terres.
Les habitants de la colline Rukaragata affirment, eux aussi, vivre en harmonie avec les nouveaux arrivants. Richard Ndayishimiye, résident de la localité, lance un appel aux réfugiés encore en exil : « La situation est calme. Ceux qui sont encore à l’étranger peuvent rentrer pour participer à la reconstruction du pays. »
Les autorités communales encouragent les rapatriés à s’impliquer activement dans la reconstruction du pays. Cyprien Nduwimana, chargé du rapatriement des réfugiés à Ruyigi, les invite à se mettre au travail : « Une fois sortis du centre d’accueil, personne ne pourra vous distinguer des autres habitants. Il faut travailler, cultiver et subvenir à ses besoins comme tout le monde. »
Selon les données disponibles, 3 700 personnes ont quitté les camps de Nduta et de Nyarugusu le 10 mars 2026 pour regagner le Burundi, dont 1 834 hommes et 1 866 femmes. Les autorités tanzaniennes ont fixé au 31 mars 2026 la date limite pour la fermeture du camp de Nduta, tandis que les réfugiés de Nyarugusu devront avoir quitté les lieux avant fin juin.




