Le projet « BAKURE NEZA », dédié au renforcement de la société civile burundaise pour la promotion et la protection des droits des enfants, a atteint des résultats satisfaisants. Il a permis d’améliorer les conditions de vie de 24 000 enfants, dont 13 200 filles et 10 800 garçons, ainsi que de 13 000 membres des communautés locales. Les bénéficiaires, les bailleurs de fonds et le Gouvernement ont exprimé leur satisfaction face aux résultats encourageants obtenus.
Mis en œuvre par Save the Children et SOJPAE, avec le soutien financier de Union européenne, ce projet de 36 mois visait à contribuer à la réalisation et à la protection des droits des enfants au Burundi. Il a débuté le 1er mars 2023 et s’est achevé le 28 février 2026.
Les zones d’intervention couvraient trois anciennes provinces et dix communes du Burundi, à savoir Ntahangwa, Muha et Mukaza dans la mairie de Bujumbura ; Gitega, Giheta, Bugendana et Mutaho dans la province de Gitega ; ainsi que Muyinga, Giteranyi et Butihinda dans la province de Muyinga.
Lors de l’atelier de clôture, le 26 février 2026, les bénéficiaires ont témoigné des nombreux acquis obtenus durant ces trois années et ont affirmé leur volonté de poursuivre la mise en pratique des connaissances acquises.
Les bénéficiaires directs du projet comprennent 10 organisations de la société civile (OSC), sélectionnées sur la base de critères définis, représentant environ 250 membres du personnel, dont 50 % de femmes. S’y ajoutent les autorités locales, les DPDFS (Direction Provincial de Développement Familial et Social), les 33 DCDFS(Direction Communale de Développement familial et Social)ainsi que 100 CPE (Comité de Protection de l’Enfance).
Des initiatives qui ont contribué à renforcer la voix des enfants
Les capacités des organisations de la société civile ont été renforcées afin de leur permettre de s’engager plus efficacement dans le dialogue politique, le plaidoyer et la mise en œuvre d’activités visant la protection et la promotion des droits de l’enfant. Leurs compétences en matière de suivi, de rapportage et de plaidoyer sur les violations des droits de l’enfant ont également été consolidées.
Par ailleurs, le système d’alerte précoce relatif aux violations des droits des enfants a été amélioré, permettant d’informer rapidement les services compétents et de faciliter une prise en charge adéquate et rapide.
Plusieurs initiatives ont contribué à renforcer la voix des enfants dans le cadre de ce projet, notamment le théâtre interactif, les groupes de dialogue, les émissions radiophoniques et télévisées, ainsi que les clubs scolaires (tambourinaires, danses traditionnelles, groupes d’arts martiaux, etc.). Ces actions ont favorisé la création d’espaces sûrs et inclusifs, permettant aux enfants de s’exprimer librement, de partager leurs expériences et de participer activement à la conception, à la mise en œuvre et à l’évaluation des programmes de protection de l’enfance.
À la fin du projet, les bénéficiaires atteints comprennent 10 organisations de la société civile, dont 3 implantées à Bujumbura Mairie, 3 à Muyinga et 4 à Gitega. Le projet a également bénéficié à 3 DPDFS et 10 AS (Assistant Social), ainsi qu’à 294 CPE actifs aux niveaux communautaire et collinaire.
Au total, 51 087 enfants ont été concernés, parmi lesquels 25 671 filles et 25 416 garçons, ainsi que 15 284 membres des communautés locales, dont 7 832 femmes et 7 452 hommes.
Des témoignages vivants…
Dans la commune de Butihinda, province de Muyinga, certains enfants bénéficiaires ont témoigné qu’ils vivaient auparavant dans la rue. Grâce à l’appui reçu, certains ont été choisis pour représenter leurs pairs et ont aidé d’autres enfants à retourner à l’école ou à lancer des initiatives de développement.
Chanceline Irankunda, l’une des bénéficiaires, a expliqué qu’avant l’arrivée du projet, elle vivait dans la rue. Grâce à cette initiative, elle a pu reprendre le chemin de l’école, où elle s’est distinguée parmi les meilleurs élèves. Elle a ensuite été choisie comme ambassadrice pour représenter et inspirer d’autres enfants.
Elle témoigne : « Ce projet m’a beaucoup aidée. Aujourd’hui, je poursuis mes études et je figure parmi les premiers de ma classe. Je remercie ceux qui nous ont soutenus dans cette démarche, car elle nous a permis d’aider à notre tour d’autres enfants à sortir de la rue et à lancer des projets de développement. »

Eric Niyibitanga, de la même province, a raconté qu’il vivait lui aussi dans la rue avant l’arrivée du projet. Grâce à celui-ci, il a acquis de nouvelles connaissances et a pu rejoindre d’autres jeunes dans la mise en œuvre d’initiatives. Il explique également avoir encouragé plusieurs enfants à retourner à l’école, avant d’être choisi comme ambassadeur : « Autrefois, je me cachais et je n’osais pas me mêler aux autres. Le projet nous a apporté des enseignements précieux. J’ai pu mobiliser 253 enfants, dont 80 ont repris le chemin de l’école. Tout cela, nous le devons à ce projet qui nous a véritablement soutenus. »
Sonia Mileu-Churra, représentante de la délégation de l’Union européenne, a chaleureusement félicité les équipes ayant mis en œuvre ce projet, affirmant qu’elles ont accompli un travail remarquable pour la protection de l’enfance, « à 200 % ». Elle a également souligné que plus de 15 000 adultes ont bénéficié des interventions et que les résultats obtenus sont satisfaisants. Elle a remercié le Gouvernement du Burundi pour son engagement constant en faveur de la promotion des droits des enfants.
Le Gouvernement salue une vision ambitieuse

Colette Nkonji, Directrice de la Protection de l’enfant au ministère de la Justice, des Droits de la Personne humaine et du Genre, a souligné que ce projet portait une vision ambitieuse : bâtir une société civile forte, structurée et capable d’opérationnaliser les mécanismes de protection de l’enfant à travers des actions coordonnées et une participation active aux processus décisionnels.
Elle a ajouté : « Le projet BAKURE NEZA a démontré que la protection de l’enfance est plus efficace lorsqu’elle repose sur une collaboration étroite entre l’État, la société civile et les communautés. »
Elle a affirmé que la clôture du projet marque une étape de transition vers la consolidation des acquis et la poursuite des efforts pour offrir à chaque enfant burundais un environnement sûr, protecteur et respectueux de ses droits. Au nom du ministère de la Justice, elle a exprimé une profonde gratitude envers les partenaires techniques et financiers, les organisations de la société civile, les autorités locales et les communautés qui ont contribué avec détermination à la réussite de cette initiative.




