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Galeries Ndayizamba et Le Parisien en flammes : des commerçants impuissants face à leurs pertes

Un violent incendie a ravagé, aux premières heures de la matinée, plusieurs commerces de la Galerie Ndayizamba et Le Parisien, à Bujumbura. Face aux flammes qui dévoraient leurs marchandises, des commerçants ont assisté, impuissants, à la destruction de leurs biens. Entre cris, larmes et scènes de désolation, le sinistre a plongé le centre économique de la capitale dans la stupeur. Les causes de l’incendie restent, pour l’heure, inconnues.

A quelques mètres du lieu du désastre, une foule s’était massée pour suivre l’évolution du sinistre. Certains, bouleversés par la scène, regardaient impuissants. D’autres sortaient leurs téléphones pour filmer ou prendre des photos. Mais pour les commerçants directement touchés, le spectacle était celui de leurs économies et de leurs marchandises réduites en cendres.

Une commerçante, les mains posées sur la tête et les larmes coulant sur ses joues, ne pouvait contenir son désespoir. « Si les policiers m’avaient laissée passer, j’aurais au moins pu sauver quelques articles de mes marchandises. Mais maintenant, je regarde mes biens partir en fumée sous mes yeux », déplore-t-elle.

La voix étranglée par l’émotion et les yeux rougis par les larmes, elle énumère quelques-unes des marchandises qu’elle venait de perdre : « Mes sacs à main… Il y avait aussi des vêtements, des nylons, mes chaussures… oh, l’argent que j’avais emprunté à la banque. S’ils m’avaient seulement laissée passer, j’aurais préféré mourir avec mes biens. »

« Certains ont pu récupérer leurs biens, d’autres non… »

D’autres commerçants ayant perdu leurs marchandises ont également exprimé leur frustration face à la gestion de l’accès aux lieux par les forces de l’ordre. Selon eux, certains ont pu récupérer une partie de leurs biens alors que d’autres en ont été empêchés.

« Il y en a que les policiers ont laissés passer pour récupérer leurs biens, alors que d’autres ont été bloqués. S’ils nous avaient laissés essayer, comme certains l’ont fait, nous aurions peut-être pu sauver quelques articles », témoignent-ils.

Mais pour la police de la plateforme Nationale de Prévention des Risques et de Gestion des catastrophes, empêcher les commerçants de se précipiter dans les flammes répondait avant tout à une nécessité : protéger des vies humaines.

 « Nous ne pouvons pas laisser les gens se jeter dans le feu alors que nous sommes là pour gérer le sinistre. Nous essayons d’éteindre l’incendie sans que des personnes ne s’exposent au danger, afin que l’intervention se déroule correctement et que des vies humaines ne soient pas mises en danger », explique-t-il.

La Croix-Rouge mobilisée auprès des victimes

Alors que les opérations d’extinction se poursuivaient, des secouristes et des membres de la Croix-Rouge étaient également présents sur les lieux pour porter assistance aux personnes affectées par le sinistre.

Un agent de la Croix-Rouge explique que l’intervention ne se limitait pas à l’appui matériel : « Nous apportons notre soutien, notamment en acheminant de l’eau avec des camions-citernes. Nous prenons également en charge les personnes qui ont besoin d’aide, nous les écoutons et leur apportons un soutien psychologique. Pour celles qui sont en état de choc, nous les orientons vers les structures de santé. Nous avons déjà pris en charge quelques personnes. Pour l’instant, nous ne pouvons pas encore donner le nombre exact de personnes que nous avons assistées, car, jusqu’à cette heure, vers 12 heures, les opérations d’extinction se poursuivent », précise-t-il.

Les autorités appellent à la prudence

Plusieurs autorités se sont rendues sur les lieux pour constater l’ampleur des dégâts. Parmi elles figuraient notamment Prosper Bazombaza, vice-président de la République, Léonidas Ndaruzaniye, ministre de l’intérieur ainsi qu’Aloys Ndayikengurukiye, gouverneur de la province de Bujumbura.

Prosper Bazombaza a appelé à la prudence quant aux causes du sinistre. « On ne peut pas affirmer que ces commerces ont été incendiés par des personnes mal intentionnées, puisque le feu s’est déclaré le matin, alors que les lieux étaient encore fermés et que personne n’était encore venu les ouvrir », a-t-il déclaré.

Il a également appelé les commerçants à la vigilance, notamment en évitant de laisser sans surveillance des fers à repasser utilisant du charbon.

A ce stade, l’origine de l’incendie reste inconnue. Selon les autorités, aucune perte en vie humaine n’a été enregistrée.

Le chef de l’Etat, Evariste Ndayishimiye, a lui aussi réagi au sinistre dans un message publié sur le réseau social X (anciennement Twitter). Il a exprimé sa compassion et présenté ses condoléances aux commerçants ayant perdu leurs biens dans l’incendie de la Galerie Ndayizamba et Le Parisien.

Il a encouragé les victimes à ne pas céder au découragement et à garder espoir malgré l’ampleur des pertes. Le président de la République a également annoncé que des enquêtes approfondies avaient été ouvertes afin de déterminer les circonstances et l’origine de cet incendie qui, en quelques heures, a réduit en cendres une partie des commerces de ces deux espaces emblématiques du commerce à Bujumbura.

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