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Coupure d’électricité au Burundi : des activités économiques perturbées et des pertes s’enregistrent

Depuis août 2026, les coupures d’électricité se multiplient au Burundi, perturbant le quotidien des ménages et les activités génératrices de revenus. A Bujumbura, des commerçants, des soudeurs et d’autres opérateurs économiques affirment avoir enregistré des pertes importantes. Certains se tournent vers les groupes électrogènes pour poursuivre leurs activités, mais le coût élevé du carburant constitue une charge supplémentaire.

Dans plusieurs quartiers de Bujumbura, l’obscurité se manifeste dès la tombée de la nuit. Lorsque l’électricité revient, certains habitants se précipitent pour charger leurs téléphones et alimenter leurs équipements. Dans certains quartiers, des citoyens affirment passer quatre jours, voire une semaine, sans électricité.

Les conséquences touchent également la conservation de certains produits sensibles à la température. Cyprien Nzeyimana, qui achète à l’étranger certains médicaments pour son usage personnel en raison de leur disponibilité limitée dans les pharmacies au Burundi, explique qu’il commande généralement une quantité suffisante pour couvrir ses besoins pendant un mois.

Selon lui, les coupures d’électricité constituent désormais un obstacle majeur, car certains de ces médicaments doivent être conservés au réfrigérateur afin de préserver leur qualité.

« J’ai perdu des médicaments d’une valeur de 3 millions de francs burundais », témoigne-t-il. Face à l’incertitude liée à l’approvisionnement en électricité, il affirme avoir cessé d’en acheter, par crainte de ne pas pouvoir les conserver dans de bonnes conditions.

Les commerçants confrontés à des pertes

Les activités commerciales sont également affectées. Joselyne M. âgée de 45 ans, résidant à Ngagara Q1, explique avoir subi des pertes dans son commerce de lait.

Avant la multiplication des coupures, elle indique qu’elle achetait jusqu’à 15 litres de lait par jour pour les revendre. Mais les difficultés de conservation l’ont contrainte à suspendre temporairement son activité afin d’éviter de nouvelles pertes.

La commerçante déplore également de devoir continuer à payer des impôts et des taxes alors que son activité génératrice de revenus est à l’arrêt.

Les groupes électrogènes, une solution alternative mais coûte chère

Pour certains travailleurs, l’utilisation d’un groupe électrogène apparaît comme la seule alternative pour poursuivre leurs activités.

« J’utilise beaucoup d’essence malgré son prix élevé. Mon activité génératrice de revenus dépend de l’électricité. Comme je dois continuer à travailler pour subvenir aux besoins de ma famille, je suis obligé d’acheter de l’essence pour faire fonctionner mon activité », raconte un soudeur de Kamenge.

Selon lui, une bouteille d’un 1,5 litre d’essence coûte entre 22 000 et 25 000 francs burundais.

L’ABUCO alerte sur les conséquences économiques et sociales

Pour Jean Noël Nkurunziza, secrétaire général de l’Association burundaise des consommateurs (ABUCO), la pénurie d’électricité affecte directement les revenus des opérateurs économiques.

Il souligne que l’arrêt des activités dépendant de l’électricité entraîne plusieurs conséquences, notamment pour la conservation de certains médicaments nécessitant le réfrigérateur. Il estime également que les coupures peuvent affecter les performances scolaires, le tourisme et les communications téléphoniques.

Selon lui, les difficultés d’approvisionnement en électricité risquent ainsi d’avoir des répercussions qui dépassent le seul secteur énergétique.

Changement climatique, la cause principale de la baisse de production

A la Régideso, le directeur général Jean Albert Manigomba explique que les coupures ne résultent pas d’un manque de volonté de l’entreprise, mais principalement de la baisse de la production hydroélectrique.

Selon lui, la Régideso ne peut pas « vendre » une électricité dont elle ne dispose pas.

Il indique que la demande nationale est actuellement estimée à environ 116 MW, alors que la capacité de production peut atteindre 180 MW en période de pluies. Toutefois, en raison de la faiblesse des ressources hydriques, qu’il attribue notamment aux changements climatiques, la puissance actuellement disponible est inférieure à 70 MW.

Jean Albert Manigomba assure que la Régideso ne laisse pas volontairement ses abonnés sans électricité pendant plusieurs jours. Selon lui, des coupures prolongées peuvent notamment être liées à des pannes nécessitant des interventions techniques.

Il affirme par ailleurs que l’entreprise poursuit ses efforts pour améliorer l’approvisionnement et que le retour des pluies devrait permettre de renforcer progressivement la production hydroélectrique.

Diversification des sources d’énergie, une solution pour faire face à la situation

Face à cette situation, Jean Noël Nkurunziza appelle à diversifier les sources de production d’électricité.

Le secrétaire général de l’ABUCO recommande notamment à la Régideso d’intensifier ses efforts pour exploiter d’autres sources d’énergie et au gouvernement d’accélérer la promotion de l’énergie solaire, particulièrement dans certaines zones urbaines et rurales.

Il encourage également l’entrée davantage d’opérateurs privés dans le secteur de la production d’électricité afin de réduire la dépendance à l’hydroélectricité.

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