De l’irrigation des champs en saison sèche à l’élevage de porcs de races améliorées, en passant par la culture de l’avocatier et la planification participative du développement local, le projet PAGRIS, financé par l’Ambassade des Pays bas au Burundi, mis en œuvre par IFDC, multiplie les initiatives pour renforcer la sécurité alimentaire, accroître les revenus des ménages et construire des perspectives de développement durable au Burundi.
Alors que les changements climatiques, la sécheresse et le manque de moyens de production continuent de fragiliser l’agriculture et l’élevage au Burundi, le projet PAGRIS, financé par l’Ambassade des Pays bas au Burundi, mis en œuvre par IFDC, accompagne les populations dans la recherche de solutions adaptées à leurs difficultés quotidiennes.
Construction de canaux d’irrigation, distribution de porcs de races améliorées, promotion de la culture de l’avocatier et appui à l’élaboration des plans de développement des collines figurent parmi les initiatives mises en œuvre pour renforcer la production agricole et améliorer les conditions de vie des ménages.
A Rangi, l’irrigation permet de cultiver même en saison sèche
Sur la colline de Rangi, dans la commune de Nyanza, province de Burunga, l’agriculture ne dépend plus uniquement des précipitations. Grâce à un canal d’irrigation construit dans le cadre du projet PAGRIS, les agriculteurs peuvent désormais arroser leurs champs pendant la saison sèche et produire des légumes, des tomates, du maïs et d’autres cultures.
Lors d’une visite effectuée par l’IFDC sur cette colline le 6 octobre 2026, les habitants ont témoigné des changements apportés par cet ouvrage hydraulique, notamment en matière d’accès à la nourriture et de génération de revenus pour subvenir aux besoins de leurs familles.

Bonavanture Habonimana, chef de la colline de Rangi et animateur du projet PAGRIS sur cette colline, explique qu’avant l’arrivée du projet, les habitants tentaient de protéger le ravin de Musurura à l’aide de sacs remplis de matériaux. Après avoir suivi des formations sur la conservation et la restauration des sols cultivables, la colline de Rangi a participé à une compétition entre cinq collines d’intervention du projet dans la commune, au terme de laquelle elle a décroché la deuxième place. Cette distinction a contribué à faire de la construction d’un ouvrage hydraulique moderne une priorité pour les habitants.
Selon Habonimana, le projet PAGRIS a fourni du ciment, des fers à béton ainsi que les fonds nécessaires à la rémunération des ouvriers. De leur côté, les habitants ont apporté des pierres, du sable et d’autres matériaux. Cette contribution conjointe a permis de construire un ouvrage qui leur donne accès à l’eau pour irriguer leurs champs pendant la saison sèche.
Kadogo Augustin, agriculteur de tomates et de maïs sur cette colline, figure parmi les bénéficiaires qui témoignent des retombées positives du projet. Il explique que l’accès à l’eau d’irrigation lui a permis d’étendre ses activités agricoles, de se construire une meilleure maison et de fournir à ses enfants de la nourriture et du matériel scolaire.
« Désormais, lorsque les haricots arrivent à maturité, je peux cultiver du maïs chaque fois que je le souhaite. J’ai vendu les récoltes du mois dernier et gagné plus de 200 000 francs. Quant aux tomates, je prévois d’en récolter plus d’une tonne, alors que nous sommes en pleine saison sèche », témoigne-t-il.
L’agriculteur exprime sa reconnaissance envers le projet PAGRIS de l’IFDC, qui, selon lui, leur a ouvert de nouvelles perspectives de développement.
Des canaux d’irrigation pour soutenir plus de 2 600 ménages

A l’échelle nationale, onze canaux d’irrigation sont prévus sur onze collines. Ces infrastructures devraient permettre à plus de 2 682 ménages d’accéder à l’eau pour irriguer leurs champs pendant la saison sèche.
Quatre canaux sont prévus dans la commune de Mpanda et devraient bénéficier à 921 ménages. Un autre est programmé dans la commune de Bubanza, où 349 ménages devraient en profiter. D’autres ouvrages sont également prévus dans les communes de Mugere, Rwibaga, Isare, Nyanza et Rumonge.
Ces infrastructures devraient contribuer à atténuer les effets de la sécheresse, à accroître les rendements agricoles et à permettre aux producteurs de poursuivre leurs activités pendant des périodes où l’agriculture est habituellement plus difficile.
A Gitega, les habitants participent à la définition des priorités de développement
Au-delà des activités agricoles et d’élevage, le projet PAGRIS accompagne également les populations dans l’élaboration des plans de développement de leurs collines, en mettant l’accent sur la prise en compte de leurs besoins et de leurs priorités.
Du 6 au 8 octobre 2026, les habitants des collines de Kagege, Gwanda, Mavuvu, Makebuko, Rwesero et Gasasa, situées dans la zone de Makebuko, commune et province de Gitega, ont bénéficié de formations sur l’élaboration de plans de développement fondés sur les besoins des populations.
Organisées dans le cadre du projet PAGRIS de l’IFDC, ces formations visent à aider les habitants à identifier les problèmes auxquels ils sont confrontés, à les hiérarchiser et à concevoir des projets susceptibles d’y apporter des réponses concrètes.
Sur les 17 collines réparties dans les quatre zones concernées de la commune de Gitega, ces formations devraient aider les habitants et les responsables locaux à déterminer les projets prioritaires, en tenant compte des aspirations des communautés.
Habonimana Bernard, chef de la colline de Gwanda, indique que les principales difficultés rencontrées par les habitants sont notamment le mauvais état des routes, le manque de ponts reliant les collines et l’insuffisance de bornes-fontaines donnant accès à l’eau potable.
Il souligne que, malgré la présence de nombreuses sources d’eau sur la colline, les habitants ne disposent pas encore de suffisamment de bornes-fontaines pour s’approvisionner en eau potable. À ses yeux, la résolution de ces problèmes aurait des retombées positives sur les conditions de vie de la population, particulièrement en matière de santé, d’hygiène et d’agriculture.
La participation des femmes, un levier pour un développement inclusif

Baranyikwa Rose, responsable du groupe de développement de la colline de Rwesero, se réjouit de la participation des femmes aux formations. Elle souligne que celles-ci connaissent particulièrement bien
les difficultés liées à l’accès à l’eau nécessaire à la préparation des repas, à la lessive et aux autres tâches quotidiennes.
Selon elle, leur donner la possibilité de s’exprimer dans le processus d’élaboration des plans de développement permettra de mieux intégrer leurs préoccupations et leurs propositions dans les projets des collines et de la commune.
Niyonkuru Patrick, responsable des travaux d’aménagement des routes dans la commune de Gitega, précise que le projet intervient dans quatre des quatorze zones que compte la commune.
Il explique que les formations visent à renforcer les capacités des membres des groupes chargés de préparer les plans de développement. L’objectif est que les projets identifiés puissent alimenter l’élaboration du plan communal de développement pour les cinq prochaines années.
A Kinoso, les porcs de races améliorées au service des familles
Dans le cadre de ses initiatives de promotion de l’agriculture et de l’élevage, le projet PAGRIS de l’IFDC distribue des porcs de races améliorées sur différentes collines du Burundi.
Le 6 octobre 2026, cette activité a notamment concerné la colline de Kinoso, située dans la commune de Makamba, province de Burunga, où des habitants reçoivent des porcs pour soutenir le développement de leurs ménages.

Nihangaza Philotte, l’une des femmes bénéficiaires sur cette colline, explique que les habitants avaient d’abord suivi des formations sur la conservation des sols cultivables avant de recevoir les animaux.
A l’issue de ces activités, trois groupements de la colline ont reçu des porcs. Cette approche vise à permettre aux premiers bénéficiaires d’en faire profiter progressivement d’autres personnes, afin d’élargir le nombre de ménages touchés par le projet.
Nihangaza estime que ces animaux contribueront à améliorer la production de fumier organique, à accroître les rendements agricoles et à renforcer la sécurité alimentaire des familles.
De son côté, Nkunzimana Jean Marie, du site de Mahinda, remercie les partenaires qui soutiennent le projet. Il invite les bénéficiaires à prendre soin des animaux et à veiller à leur bonne conservation, soulignant qu’ils représentent une source de développement pour les ménages.
Selon les données communiquées par l’IFDC, 233 porcs devraient être distribués sur 25 collines, avec pour objectif de toucher 4 918 ménages dans différentes communes, notamment Cibitoke, Mugina, Bubanza, Rwibaga, Isare, Mpanda, Gishubi, Butihinda, Muyinga, Makamba et Rumonge.
Au-delà de la production de fumier, l’élevage porcin peut constituer une source de revenus grâce à la reproduction des animaux et à leur vente, à condition que les bénéficiaires assurent leur entretien et leur bonne gestion.
A Muzazi, les avocatiers préparent l’avenir des ménages

Sur la colline de Muzazi, dans la commune de Mubimbi, province de Bujumbura, les habitants du site de Kavyiru misent également sur une culture à plus long terme : l’avocatier.
Grâce au projet PAGRIS de l’IFDC, ils ont été formés aux techniques de multiplication des variétés améliorées d’avocatiers. Ils disposent désormais d’une pépinière comptant plus de 4 300 plants et ambitionnent de faire planter au moins 30 avocatiers à chaque ménage.
Ntamarerero Concilie, animatrice du projet PAGRIS sur cette colline, explique que le projet leur a fourni des formations et du matériel pour multiplier les variétés d’avocats Ruhere et Choquette.
Elle précise qu’avant l’intervention du projet, les avocatiers étaient peu nombreux sur la colline. Aujourd’hui, les habitants espèrent que, d’ici trois ans, les arbres auront suffisamment grandi pour commencer à produire des quantités importantes d’avocats.
Ils comptent sur cette culture pour améliorer leur alimentation et générer des revenus grâce à la commercialisation des fruits.
Des initiatives complémentaires pour un développement durable
Les activités menées sur ces différentes collines illustrent l’importance de solutions adaptées aux besoins des populations pour améliorer durablement leurs conditions de vie.
A Rangi, l’accès à l’eau d’irrigation permet aux agriculteurs de poursuivre leurs cultures pendant la saison sèche. A Kinoso, les porcs de races améliorées devraient contribuer à enrichir les sols en fumier organique et à créer de nouvelles possibilités de revenus. A Muzazi, les avocatiers constituent un investissement pour l’avenir, avec l’espoir de récoltes plus abondantes et de revenus supplémentaires.
Dans la commune de Gitega, les formations consacrées à la planification du développement permettent aux habitants de mieux cerner leurs besoins et de participer à la définition des réponses à apporter aux difficultés de leurs communautés.
Pour que ces initiatives produisent des résultats durables, les bénéficiaires devront entretenir les infrastructures et les équipements mis à leur disposition, appliquer les connaissances acquises et poursuivre leurs efforts collectifs.
A travers le projet PAGRIS, l’IFDC soutient ainsi une approche du développement local qui associe agriculture, élevage et participation citoyenne. L’ambition est de contribuer à renforcer l’autonomie alimentaire des ménages, à accroître leurs revenus et à leur offrir de meilleures perspectives d’avenir.




