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Zika et plasmodium ssp : deux nouveaux virus déjà dans nos murs 

Lors d’une conférence scientifique nationale sous le thème « surveillance moléculaire des agents pathogènes sous l’approche One Health au Burundi » à l’Institut National de Santé Publique (INSP) tenue ce 3 juillet 2025, l’existence de deux agents pathogènes jusque-là inconnus dans le pays, a été révélé : plasmodium ssp provoquant une forme de paludisme, et Zika susceptible de nuire gravement à la santé des femmes enceintes et de leurs bébés…

La recherche a été menée conjointement par les laboratoires de santé humaines, vétérinaires et environnementales afin d’identifier les maladies émergentes ainsi que les agents pathogènes provenant des animaux qui peuvent infecter les êtres humains, comme l’indique Joseph Nyandwi, directeur général de l’Institut National de Santé Publique (INSP).

Il a fait savoir qu’il y a un nouveau virus qui provoque le paludisme (Plasmodium ssp) : « Un agent pathogène a été détecté dans les régions de l’intérieur du pays où la malaria est particulièrement persistante. Ce virus, bien que peu répandu, provoque la malaria. Pour le traiter efficacement, il faut ajouter un nouveau médicament à ceux utilisés habituellement contre cette maladie.’

Joseph Nyandwi: « À notre niveau, nous avons les moyens de détecter et d’identifier tout type de virus. Alors qu’auparavant, nous devions envoyer nos prélèvements à l’étranger. « 

Selon lui, la découverte de ce nouveau germe est une avancée cruciale car elle permettra de renforcer la lutte contre le paludisme au Burundi. En ce qui concerne les zoonoses, les chercheurs ont identifié les arbovirus le Zika ou le Chikungunya qui circulent parfois silencieusement dans les communautés.

Et d’indiquer que Zika affecte souvent les femmes enceintes: « Ce virus peut provoquer de graves malformations congénitales chez les nouveau-nés, comme une microcéphalie ou d’autres troubles. » Il appelle ainsi les femmes enceintes à se faire systématiquement dépister lors de leurs consultations médicales. Et d’ajouter que d’autres études sont prévues à l’échelle nationale afin d’identifier les virus présents dans chaque province.

En outre, a-t-il affirmé, d’autres agents pathogènes circulent comme Leptospira ssp, Brucella ssp, les virus des fièvres hémorragiques, et d’autres. D’après le directeur général de l’INSP, grâce à la collaboration entre ces laboratoires, des avancées significatives ont été enregistrées dans la détection des foyers épidémiques et la compréhension des mécanismes de transmission.

D’autres experts, lors de leurs présentations, ont indiqué que les maladies transmissibles ainsi que celles causées par des agents pathogènes devraient faire l’objet de recherches régulières car les microbes responsables évoluent constamment.

A titre d’exemple pour le choléra, grâce à la technique PCR (réaction en chaîne par polymérase), il a été découvert que le type de Vibrio cholerae responsable de cette maladie varie dans certaines régions. En effet, contrairement aux années précédentes où cette épidémie pouvait être rapidement maîtrisée et éradiquée, depuis 2023, il existe des zones où elle continue de réapparaître.

Un cap dans la recherche scientifique franchit

M. Nyandwi affirme que la réalisation de cette recherche au Burundi constitue une avancée majeure et démontre les capacités scientifiques du pays : « Nous sommes en train de mettre en œuvre notre vision 2040–2060. À notre niveau, nous avons les moyens de détecter et d’identifier tout type de virus. Alors qu’auparavant, nous devions envoyer nos prélèvements à l’étranger. »

Et de mentionner qu’ils veulent que ce genre de recherche serve de fondement pour garantir la bonne santé des citoyens Burundais  et anticiper toute forme d’épidémie. En utilisant des outils de biologie moléculaire, martèle-t-il, ils disposent aujourd’hui des moyens efficaces pour détecter précocement, identifier avec précision, et comprendre l’évolution des agents pathogènes qu’ils soient d’origine zoonotique, vectorielle ou environnementale. Et de rappeler que recherches de ce genre exigent beaucoup d’argent et qu’à leur niveau, ils n’ont pas les moyens d’y parvenir seuls. Heureusement, ils sont soutenus par des partenaires, mais le travail est désormais réalisé par des Burundais.

Cependant, des défis persistent : les capacités techniques restent inégalement réparties, le financement de la recherche est encore limité, et la coordination intersectorielle doit être renforcée. Le directeur de l’INSP a fait savoir qu’il est donc essentiel de consolider les efforts, de promouvoir la formation continue des professionnels, de renforcer les partenariats régionaux, et de développer des bases des données génomiques partagées

Des recommandations formulées

À l’issue des échanges et de la présentation des résultats de recherche, plusieurs recommandations ont été formulées, notamment  l’introduction du dépistage systématique du virus Zika dans les services de santé reproductive, le lancement d’études longitudinales représentatives sur les maladies vectorielles et zoonotiques, l’harmonisation des pratiques entre les domaines de la santé humaine et animale, l’élaboration de protocoles de surveillance partagés entre les laboratoires vectorielles et zoonotiques, l’amélioration des infrastructures logistiques et le renforcement des capacités diagnostiques et opérationnelles…etc.

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