Afin de garantir une prise en charge de base d’un patient en état généralement critique avant d’avoir les soins au service des urgences, l’organisation Médecin Sans Vacance en collaboration avec Croix-Rouge Flandre, Croix-Rouge du Burundi et le Ministère de la santé organisait à Gitega, en dates du 5 au 8 mai 2025 des sessions de formation à l’endroit des chauffeurs ambulanciers et du personnel d’appui œuvrant dans des hôpitaux des districts sanitaires de Kirundo et Cibitoke.

Ces séances de formations tenues pour la première fois au Burundi dans le cadre du Programme de coopération bilatérale volet Santé « NTUSIGARE INYUMA » référence contre référence, financé par ENABEL visent globalement à améliorer la performance du système de santé du Burundi avec comme objectif de permettre la population, en particulier les femmes, les filles et les personnes vulnérables à accéder à des soins de santé et qualité.
Formation venue à point nommé

Alors que les chauffeurs d’ambulances et les travailleurs sont les premières personnes qui sont en contact avec les patients qui nécessitent une attention particulière avant qu’ils soient accueillis par les prestataires, l’état des lieux dans ces provinces sanitaires a montré un besoin important de formation des chauffeurs d’ambulance et du personnel d’appui, car la quasi-totalité de ces derniers n’est pas outillée pour connaitre ne fut ce que des bases sur les premiers secours.
Asmane Niyongabo, chauffeur d’ambulance au district sanitaire de Mukenke, est bénéficiaire de formation sur les premiers secours. Il exprime sa gratitude pour les connaissances théoriques et pratiques acquises: « En transportant les patients, je roulais à toute vitesse même quand une situation étrange pouvait se produire sur mon patient au cours de chemin, je ne pouvais rien aider avant d’arriver à l’hôpital. Cas d’un patient souffrant d’épilepsie par exemple. Ce ne sera plus le cas cette fois-ci. Pendant ces jours de formations, nous avons appris bien de choses concernant les conduites à tenir en cas d’hémorragie interne et externe, épilepsie, cas d’AVC, attitudes à prendre en cas de brûlure, évanouissement, perte de conscience avec ou sans respiration après un accident…»

Quant à Niyonzima Yvonne, travailleuse à l’hôpital Cibitoke, dans le service des urgences, elle encourage les organisateurs à multiplier des séances de formations du genre à l’endroit de ces profils, car les a-t-elle trouvés très bénéfiques. « Désormais, je ne transporterai plus les malades vers les services de soins sans penser aux techniques apprises pour ne pas risquer de perdre les vies à sauver, selon le type d’accident qui se serait produit. Et c’est pendant ces jours de formation que je viens d’apprendre que j’exerçais mal ma profession. Je dois changer certaines pratiques et partager avec les autres les acquis.»
De meilleurs services sanitaires comme retour attendu…
Selon Marie-Louise Ndayishimiye, la coordinatrice chargée du suivi évaluation au Médecin Sans Vacance, la formation organisée sur les premiers secours était pratique et espère de bons résultats : « Ce personnel est celui qui reçoit les malades en premier lieu pour les cas transférés d’un centre de santé ou d’un hôpital vers un autre. Nous attendons qu’au retour, ces gens aillent vraiment intervenir et effectuent une prise en charge de base effective des patients en situation critique. Par exemple aider le personnel soignant si un malade fait un arrêt cardiaque au cours du transport et cela permettra d’éviter l’aggravation de son état de santé »

Et le Docteur Anicet Nzunogera, formateur d’interpeller le personnel bénéficiaire de la formation à bien pratiquer les gestes qui sauvent appris afin d’aider les malades à arriver à l’hôpital à temps et en bon état et limiter l’aggravation de leur état de santé, car renchérit-il, « En évacuant mal un patient selon sa lésion, il peut perdre sa vie. »




