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Economie

L’inflation régresse, mais la pression sur les ménages reste forte  

Les réformes macroéconomiques engagées commencent à porter des fruits. L’inflation est en passe d’être maitrisée. Le taux d’inflation affiche une tendance baissière depuis le début de cette année. En juillet dernier, il s’établit à 16,2% contre 35,4% à la même période en 2025. Cependant, les syndicalistes et les institutions financières s’inquiètent de la dégradation des conditions de vie des ménages et appellent à des mesures urgentes pour améliorer le pouvoir d’achat.

Chaque mois, les enquêteurs de l’Institut National de la Statistique du Burundi sillonnent tout le pays pour relever les prix des produits de consommation des ménages. Tous les types de points de vente sont concernés : marchés, supermarchés, boutiques, prestataires de services publics et privés, etc. Ce qui aboutit à la détermination de l’Indice National des Prix à la Consommation des ménages au Burundi (IPC) et partant l’inflation qui en découle.

Dans une économie de marché, les prix des biens et des services varient. Certains augmentent, d’autres diminuent. On parle d’inflation lorsque les prix augmentent globalement, et non uniquement les prix de quelques biens et services. La variation des prix sur un marché x ne traduit nécessairement l’inflation comme certains le pensent. L’IPC est basé sur l’observation d’un panier fixe de biens et services, actualisé chaque année. Chaque produit est pondéré, dans l’indice global, proportionnellement à son poids dans la dépense de consommation des ménages. L’indice des prix à la consommation (IPC) est la principale mesure officielle de la hausse ou baisse des prix à la consommation des ménages au Burundi, apprend-on de la publication mensuelle des prix de l’INSBU.

L’inflation alimentaire demeure préoccupante

L’inflation en moyenne annuelle de juillet 2026 s’établit à 16,2% contre 18,4% en juin 2026. Cette inflation est due aux prix des produits alimentaires qui enregistrent une hausse de 12,2%. Il est à noter que dans le panier des biens et de consommation, les cours des produits alimentaires influent négativement ou positivement sur l’inflation. Au cours du mois de juillet, les céréales notamment le riz enregistre une hausse de 29,8%. Comme nous sommes en pleine saison sèche, les légumes frais ou racines sont en hausse 25,4%. Malgré les récentes mesures prises par les autorités administratives de casser les prix de la viande, les prix des produits carnés enregistrent une hausse de 18,2%.

En juillet 2026, l’indice national des prix à la consommation des ménages enregistre une baisse de 0,1%. Cela apparait comme un bon signe pour les ménages mais certains produits sont hors prix. Selon les informations tirées du document diffusée par l’INSBU, les combustibles (augmentation de 28,5%, les loyers (+11,8%), les chaussures pour enfants dont les prix augmentent de 140,7%  et les brochettes et plats au cabaret (+ 41,0%). Ces données montrent que la pression reste forte sur les ménages qui doivent faire des choix raisonnés. Cela veut dire qu’avec le même montant, le consommateur achète moins de produits que le mois passé. Par conséquent, son pouvoir d’achat s’érode considérablement.

Des avancées notables, mais limitées

L’année 2025 a été marquée par une hyperinflation. Selon les experts de la Banque Africaine de Développement (BAD), l’augmentation des prix a été généralisée, impactant proportionnellement les produits agricoles et non agricoles, révélant des déséquilibres structurels profonds. Deux facteurs structurels expliquent ces tensions : le financement monétaire du déficit budgétaire et l’insuffisance de l’offre agricole nationale.

La consommation des ménages est demeurée sous pression en raison d’une inflation élevée. Vers la fin de l’année 2025, l’inflation a fortement diminué et se rapproche désormais des critères de convergence de l’EAC qui fixent le taux d’inflation dans les proportions de 8 %. L’inflation en glissement annuel est passée d’environ 45,5 % en avril 2025 à 10,8 % en mars 2026. Cette évolution reflète principalement l’amélioration de la discipline budgétaire qui a contribué à limiter le recours au financement du déficit par la banque centrale ainsi qu’une meilleure coordination entre les politiques budgétaire et monétaire, lit-on dans un communiqué final sanctionnant la mission des experts du Fonds Monétaire International au Burundi.

D’après la même source, les perspectives économiques du Burundi sont favorables, sous réserve du maintien de la dynamique actuelle de réformes et d’une normalisation des conditions extérieures. L’inflation devrait légèrement augmenter au second semestre de l’année pour atteindre en moyenne 14,5 % en 2026 et converger vers une fourchette de 10 à 12 % à moyen terme, au-dessus de l’objectif de la banque centrale, sous l’hypothèse d’une discipline continue des politiques économiques.

L’amélioration des moyens de subsistance, une priorité

Dans une déclaration sortie le 26 août 2026, les Confédérations Syndicales du Burundi (COSYBU) et CSB, la persistance de la pénurie du carburant entraine une aggravation du coût de la vie. Cette situation affecte particulièrement les travailleurs dont les revenus ne suivent pas nécessairement l’évolution du coût de la vie. Ainsi, elle risque également de compromettre les efforts visant à améliorer les conditions de vie et de travail de la population.

Les syndicalistes estiment que les défis actuels nécessitent transparence, responsabilité, solidarité et dialogue. Pour eux, la protection des moyens de subsistance des citoyens, la sauvegarde des emplois, la préservation du pouvoir d’achat et l’amélioration des conditions de vie et de travail doivent demeurer au cœur des politiques publiques.

Le rapport pays de la BAD invite les autorités à poursuivre une gestion budgétaire prudente en limitant le recours au financement monétaire du déficit budgétaire et le resserrement de la politique monétaire en vue de consolider les acquis en cours en maîtrise de réduction graduelle de l’inflation. En outre, il est conseillé aux décideurs à prendre des mesures courageuses pour réduire progressivement les distorsions du marché des changes et renforcer la transparence dans l’allocation des devises, notamment en faveur des entreprises productives. De cette façon, on pourra dompter le marché de change et atténuer les effets de l’inflation importée.

Benjamin Kuriyo

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