Les éditions GUSOMA ont clôturé ce 25 avril 2025 une semaine dédiée à la promotion du livre et de la lecture, par une rencontre à laquelle participait un public varié. Étudiants, enseignants, écrivains, journalistes ou encore autorités politiques, tous sont revenus sur l’importance de la lecture, et de la promotion des acteurs locaux dans le domaine de l’édition

Un exercice réussi, pour un rendez-vous en test: 70 personnes ont participé à la première « Semaine Gusoma » organisée du 21 au 25 avril 2025, avec onze manuscrits recensés en attente de publication.
Ce bilan vient s’ajouter au résultat encourageant de dix livres publiés par cette structure jeune de trois ans d’existence…
Les débats amorcés durant la semaine ont permis d’aborder les enjeux du coût et de la circulation des livres au Burundi, du manque d’imprimeries locales performantes et de la culture de la lecture, etc.
Si la tenue de cette « Semaine Gusoma » a été la priorité de départ du Pr Eric Ndayisaba, nouveau Directeur de ces éditions, c’est que cet historien mise sur « la communauté Gusoma », c’est à dire un espace animé par des écrivains, des éditeurs, des libraires, des lecteurs et d’autres acteurs, pour faire vivre le livre au Burundi.
Une communauté qui devrait profiter des cinq collections déployées par Gusoma, à savoir Harabaye (romans, nouvelles), le Souffle (poésie, théâtre), Visages (biographies, portraits), Abana (littérature d’enfance et de jeunesse) et Sens (essais, parutions scientifique).
Profiter d’une expertise locale
Car l’on veut lire au Burundi, comme l’affirme Pierre Nkurikiye (Lt-Col), porte-parole du Ministère de l’intérieur, du développement communal et de la sécurité, et écrivain: « Contrairement à l’opinion courante, les Burundais veulent lire. Je donne l’exemple de mon recueil « Imyibutsa y’ikirundi » (proverbes burundais), dont la demande ne cesse de croître. »
Pour qu’il y ait plus à lire, il faut des acteurs solides dans le domaine du livre: « Les institutions publiques devraient solliciter les services locaux de publication, plutôt que d’exporter ces paiements. Un investissement qui, à long terme, permettrait à la fois de soutenir les auteurs, éditeurs et imprimeurs burundais, et éviterait au pays de perdre des devises », plaidera Nkurikiye.
Un appel positivement reçu par le Pr André Nduwimana, Directeur Général des Curricula et Innovations pédagogiques au Ministère de l’Education nationale et de la recherche scientifique: « Jusqu’ici, les institutions comme notre Ministère, peinaient à trouver un éditeur au Burundi, dépensant beaucoup d’argent pour éditer les manuels scolaires à l’étranger. L’ initiative Gusoma constitue donc une solution durable, à soutenir. »
Vers une industrie du livre au Burundi

Parmi ceux qui se félicitent (déjà) de l’existence des éditions Gusoma, le jeune auteur Alain Pascal Niyonzima, dont le « Recueil trilingue des nouvelles, Dusome », a été rendu public la veille de la journée mondiale du livre: « Gusoma a été une solution pour arriver à mon rêve : publier un livre. Mais il faut nourrir l’ambition littéraire, à travers les concours, forums dédiés. »
La semaine Gusoma a également été l’occasion de rappeler l’importance des milieux littéraires dans la vulgarisation, la préservation et l’enrichissement des langues natales, à l’image de la campagne Curijambo lancée en 2024.
Toutes ces interventions participeront in fine à poser les fondements d’une industrie du livre au Burundi. En attendant d’y être, la présidente de l’Association burundaise des écrivains et promoteurs du livre (ABEPL), Jeanne d’Arc Nduwayo, a rappelé que son organisation a adressé un mémorandum au Gouvernement du Burundi portant les doléances des écrivains pour l’avènement de l’industrie du livre. Et de saluer l’ambition du gouvernement de remettre en place le Fonds de la culture, qui existait déjà avant la crise de 1993.
À noter que dans le cadre de ces activités dédiées au livre, les Éditions Gusoma ont marqué leur engagement par un don important d’ouvrages à la Bibliothèque nationale. Une initiative saluée avec enthousiasme, dans l’attente de l’application de la nouvelle loi sur le dépôt légal.




