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Burundi-Chine : 38 tonnes de café vert à 0 % de droit de douane

Le Burundi vient de procéder à l’expédition d’un premier lot de 38 tonnes de café vert vers la Chine par la société chinoise CHICO. Selon l’ODECA, il s’agit d’une nouvelle étape vers l’indépendance vis-à-vis des commissionnaires.

Le ministère en charge de l’Agriculture, via l’Office de développement du café (ODECA en sigle) et l’ambassade de Chine au Burundi procédaient ce 31 juillet au lancement officiel de l’exportation du café burundais vers la Chine. À cette occasion, deux conteneurs de 38 tonnes (poids net) de café  ont embarqué vers l’Empire du Milieu, marquant une étape décisive dans le renforcement des relations économiques et commerciales sino-burundaises.

Selon  Zhao Jiangping, ambassadrice de la Chine au Burundi, cet événement découle du processus de dialogue performant : « En septembre 2024, lors de la visite en Chine du Président de la République du Burundi pour participer au sommet du programme de coopération sino-africaine, nos deux gouvernements ont signé le protocole d’exigence phytosanitaire pour l’exportation des crèmes de café du Burundi vers la Chine. » Par la suite, confie cette diplomate, les barrières techniques à l’entrée du café Burundi sur le marché chinois ont été levées.

 Un café exceptionnel

Zhao Jiangping : « Le café burundais trouvera désormais sa place sur le marché chinois. »

Et de marteler : « En novembre 2024, lors de l’exposition internationale d’exportation à Shanghai, des visiteurs chinois ont été passionnés par le café burundais en raison de sa haute qualité, de son arôme raffiné et de sa saveur unique. »

Le café burundais, produit emblématique du pays, porteur de sa richesse naturelle, trouvera désormais sa place sur le marché chinois, a-t-elle déclaré, tout en exprimant le souhait de l’ouverture d’une nouvelle ère d’opportunités pour les exportateurs burundais dans de nombreux autres secteurs agricoles. 

De son côté, Zhang YaFei, chargé de la commercialisation du café au sein de CHICO, la société chinoise qui s’occupe de cette expédition, se dit reconnaissant de pouvoir venir au Burundi pour l’introduction du café  burundais sur le marché chinois. Avec une population de plus de 1,8 milliard, il a souhaité que beaucoup de Chinois puissent connaître et déguster le café burundais. « Même si nous venons de transporter 38 tonnes de café, nous souhaitons augmenter cette quantité dans un avenir très proche. », a-t-il déclaré et d’ajouter : « Ma compagnie n’est pas venue que pour le commerce du café exclusivement, mais je souhaite que d’autres produits puissent avoir l’accès au marché chinois. »

Un avantage de plus

Emmanuel Niyungeko : « Nous visons à garantir une rémunération plus juste pour nos producteurs, tout en réduisant notre dépendance aux intermédiaires. »

Emanuel Niyungeko, directeur général de la planification au ministère de l’Environnement, de l’Agriculture et de l’Élevage, ne cache pas sa fierté avec ce nouveau partenariat, soulignant que cette expédition marque une étape décisive dans la stratégie burundaise de diversification des marchés d’exportation :  « En accédant directement à des marchés internationaux comme ceux de la Chine, nous visons à garantir une rémunération plus juste pour nos producteurs, tout en réduisant notre dépendance aux intermédiaires. »

Même son de cloche chez Oscar Uwikunda, directeur général de l’ODECA : « C’est un avantage pour le Burundi parce qu’on vient de diversifier les clients. Avant, nous avions les clients européens et plus de 50 % du café du Burundi s’écoulaient sur le marché européen. »

Pour cette année 2025-2026, indique M. Uwikunda, 12 000 tonnes de café vert ont déjà été collectées sur 13 000 escomptés, soit un taux d’achèvement de 92 %, et assure qu’il y a encore une quantité à collecter.

À ce sujet, il appelle le reste du monde commercial à venir écouler les stocks du café burundais. En outre, il exhorte les caféiculteurs à bien entretenir leurs exploitations caféicoles : « Dans les années antérieures les agriculteurs ont abandonné le café en raison d’un prix bas. Mais pour le moment, vous savez que le prix du café est passé de 1280 à 2800 BIF, un prix rémunérateur. »

Pour rappel, l’ODECA permet aux caféiculteurs de vendre leur production à l’étranger. « Donc l’argent provenant de la vente du café est destiné aux agriculteurs, l’ODECA prélève seulement les frais de transformation et de logistique », a-t-il clarifié.  

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