Tel un nuage, la société est constamment troublée par divers orages. Déroutée, l’opinion suit différentes tendances, aux agendas souvent cachés, pouvant mettre à rude épreuves les rapports sociaux… Le point.
Les méandres du quotidien socio-économiques & politiques intriguent et parfois déconcertent. Tant et si bien que des esprits perdent les repères. La commune Murwi de la province Cibitoke connaît une certaine expérience. D’après Melchiade Nzokizwanayo, administrateur communal, certains habitants sont enclins à la chasse aux sorcières. D’autant plus qu’un vieillard a failli être lynché récemment par la foule au marché, qui l’accusait des pratiques de magie noire. « N’eut été l’intervention de l’administration communale et des agents de l’ordre, sa maison allait être saccagée et ses biens pillés », confie-t-il.
Un tel mouvement de masse n’a pas manqué à l’appel au boycott des derniers scrutins de 2020. Selon un habitant de ce coin, des leaders d’une confession religieuse locale ont dissuadé leurs ouailles à participer aux élections, prétextant que la fin du monde approchait : « Avec le raffut de ce message, des élèves ont fait le mur, des paysans ont cessé de labourer leurs champs, des familles se sont disloquées pour attendre le Jugement dernier sur une montagne où se passait des prêches au vitriol.»

Le double jeu
Cette situation a alimenté un chaos général dans cette localité, laissant dans son sillage des malentendus au sein des ménages, malgré que les responsables aient été sanctionnés. Cependant, cet habitant y voit dans leur démarche, un moyen détourné visant à assouvir des intérêts sectaires aux dépens de la foi de ces campagnards. « Probablement que ces hommes agissent à la solde des personnes qui voulaient entraver le déroulement des élections sur notre colline », déduit-t-il.
Ce même raisonnement n’est pas loin de l’analyse de Rémy Havyarimana, expert en résolution pacifique des conflits. Pour lui, si une question qui hante la communauté n’est pas bien traitée, les personnes mal intentionnées peuvent profiter de l’occasion pour donner des pistes de solutions moins dignes et portant préjudice à l’ordre public : « En ce moment-là, l’instigateur peut le faire sciemment, ayant même des attentes négatives, mais positives à son endroit avec des objectifs précis à atteindre. »
Un piège à éviter
Ainsi, explique-t-il, tout discours ou appel à l’insurrection attire souvent des actes hostiles envers une catégorie d’individus ou groupes, pouvant dégénérer dans des violences verbales, voire même physiques. Selon toujours Mr Havyarimana, un basculement pareil laisse place à une anarchie difficile à gérer puisqu’elle n’a pas été bien préparée.
À ce titre, cet expert fait un clin d’œil à ceux dont sont adressés des messages de soulèvements de s’en méfier, car étant des participants, ils sont de facto les premières victimes. Aux auteurs de ces messages, Mr Rémy les invite à se ressaisir et tenir des discours qui reflètent la réalité, en proposant des solutions terre à terre, car au cas contraire, ils seront exposés tôt ou tard aux répercussions de leurs actes.




