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Burunga : un pas de plus vers l’accès aux semences certifiées

À Kayogoro, dans la commune de Makamba, province de Burunga, les agriculteurs disposent désormais d’un nouvel espace pour s’approvisionner en semences de qualité certifiées. Inauguré ce 30 septembre 2026, ce hangar doit faciliter l’accès au maïs et au haricot améliorés, tout en offrant aux producteurs semenciers de meilleures conditions de stockage et de commercialisation.

À Kayogoro, l’accès aux semences certifiées ne devrait plus nécessiter de longs déplacements. Ce mercredi 30 septembre, agriculteurs, producteurs semenciers, autorités administratives et partenaires au développement se sont retrouvés pour inaugurer officiellement un hangar moderne destiné à rapprocher les semences des producteurs.

L’infrastructure a été construite avec l’appui de l’International Fertilizer Development Center (IFDC), à travers le projet Private Seed Sector Development, Phase II (PSSD2), en collaboration avec les producteurs de semences réunis au sein de la Collectif des Producteurs de Semences du Burundi (COPROSEBU),  grâce au financement de l’Ambassade des Pays-Bas au Burundi. L’initiative intervient dans un contexte où l’accès aux semences de qualité constitue un enjeu important pour les agriculteurs. Pour les producteurs de Kayogoro et des environs, disposer d’un point d’approvisionnement plus proche devrait notamment réduire les déplacements à la recherche de semences au moment des semis.

Du maïs et du haricot disponibles sur place

Le hangar propose des semences de maïs hybride et de haricot améliorées

Dans ce nouveau hangar, les agriculteurs peuvent notamment trouver des semences certifiées de maïs hybride et composite, ainsi que des semences améliorées de haricot des variétés Muhoro, Murwiza et Jaune.

Les prix affichés sont de 12 000 FBu pour un sac de 3 kg de semence de maïs blanc et de 24 000 FBu pour un sac de 2 kg de maïs hybride. Le kilogramme de haricot est, quant à lui, vendu à 6 000 FBu. Pour les agriculteurs, l’enjeu n’est pas seulement d’avoir des semences disponibles, mais aussi de pouvoir les obtenir à proximité et auprès d’un point de vente identifié.

Toyi Sadoc, agriculteur de 33 ans, se réjouit de l’ouverture du hangar : « Avant, nous allions jusqu’en Tanzanie pour acheter des semences, parfois à 25 000 FBu/kg. Nous sommes heureux de les trouver désormais ici. »

Toyi Sadoc, agriculteur de 33 ans, se réjouit ainsi de l’ouverture du hangar. Il se souvient des difficultés rencontrées auparavant pour se procurer des semences. « Les mots de remerciement nous manquent. Nous devions aller jusqu’en Tanzanie pour acheter des semences, parfois à 25 000 FBu le kilogramme. Il nous arrivait aussi d’acheter des semences mélangées qui ne germaient pas. Nous sommes heureux de voir ce magnifique hangar. Que Dieu bénisse ceux qui ont apporté ce projet. »

Son témoignage illustre l’un des objectifs de cette infrastructure : rapprocher l’offre de semences des agriculteurs et leur permettre de mieux identifier les semences mises à leur disposition.

Pour Richard Hatungimana, représentant de la COPROSEBU au Burundi, le nouveau hangar vient surtout répondre à un déficit d’infrastructures adaptées au secteur semencier dans cette zone. « Nous avions un problème de stockage des semences certifiées, mais aussi de leur contrôle et de leur commercialisation. Aujourd’hui, nous avons un espace qui permet de répondre à ces besoins », explique-t-il.

Selon lui, le projet a nécessité plusieurs années de préparation avant sa concrétisation. Sa construction, elle, a été réalisée en trois mois. « Nous sommes très heureux de voir ce projet de construction du hangar aboutir en seulement trois mois, alors que l’idée avait été lancée il y a près de quatre ans », souligne Richard Hatungimana.

Au-delà du stockage, l’infrastructure doit également servir de point de rencontre entre les producteurs semenciers et les agriculteurs. Pour les responsables du secteur, faire connaître le site et les différentes variétés disponibles constituera donc une étape importante.

L’IFDC veut étendre l’expérience

« L’initiative devrait s’étendre à toutes les provinces du Burundi », s’est réjoui Buhanza Gilbert, représentant de l’IFDC et chef du projet PSSD2

Du côté de l’IFDC, l’ouverture de ce hangar est considérée comme une étape dans l’accompagnement du secteur semencier.

Buhanza Gilbert, représentant de l’IFDC et chef du projet PSSD2, s’est réjoui de l’achèvement des travaux. Il précise que l’initiative est appelée à s’étendre à toutes les provinces du Burundi. Il encourage également la COPROSEBU à travailler davantage avec Seed Trade Company (SETRACO), récemment retenue pour fournir des semences certifiées à travers le pays.

L’objectif est notamment de renforcer les liens entre les producteurs semenciers, les fournisseurs et les agriculteurs afin de faciliter l’accès aux semences répondant aux normes requises.

L’administration appelle à privilégier les semences locales. L’administration communale de Makamba voit également dans cette infrastructure un outil susceptible de contribuer à l’amélioration de la production agricole.

L’administration de Makamba encourage l’usage des semences locales, voyant dans ce hangar un levier pour améliorer la production agricole

Hatungimana Jean Bosco, représentant l’administrateur de Makamba lors de la cérémonie, a salué le choix de Kayogoro pour accueillir cette infrastructure et assuré que l’administration continuera à accompagner les acteurs du secteur. « Nous remercions ceux qui ont apporté ce projet. Burunga compte plusieurs communes et beaucoup de terres cultivables, mais vous avez choisi cet endroit. Nous vous en remercions. En tant qu’administration, nous nous engageons à rester aux côtés des agriculteurs et des producteurs de semences afin d’augmenter considérablement la production », a-t-il déclaré.»

Même son de cloche du côté du Bureau Provincial de l’Environnement, de l’Agriculture et de l’Élevage (BPEAE) à Burunga. Sa responsable, Léonie Nshimirimana, estime que les services techniques disposent désormais d’un nouvel outil pour accompagner les agriculteurs. « En tant que techniciens, nous n’avons cessé d’encourager les producteurs de semences. Maintenant qu’il existe cet espace, nous allons redoubler d’efforts. Je les remercie beaucoup d’avoir mis en place ce hangar », affirme-t-elle.

Elle promet notamment de renforcer la sensibilisation afin que les agriculteurs connaissent le site et puissent s’y approvisionner. Elle encourage également les acteurs du secteur à poursuivre la recherche pour diversifier les variétés disponibles. « Vous avez franchi une première étape, continuez donc la recherche. Nous souhaitons qu’à l’avenir, nous puissions aussi y trouver d’autres semences, notamment celles de pois, de soja et d’autres cultures », plaide-t-elle.

Un pas vers les objectifs agricoles à l’horizon 2040-2060

Représentant le secteur semencier au ministère en charge de l’Agriculture, Munondo Jean de Dieu a également salué l’initiative.

« Ces infrastructures contribueront à accroître la production agricole et à atteindre les objectifs du pays à l’horizon 2040-2060 », a souligné Munondo Jean de Dieu, représentant du secteur semencier au ministère en charge de l’agriculture

Pour lui, le développement des infrastructures liées aux semences s’inscrit dans les efforts visant à accroître la production agricole et à atteindre les objectifs fixés par le pays à l’horizon 2040-2060. « Lorsque le ministère voit des citoyens engagés concrètement dans des activités comme celles-ci, nous nous en réjouissons beaucoup. Continuez à travailler et à développer vos initiatives. De son côté, le ministère fera tout son possible pour vous accompagner », a-t-il déclaré.

L’inauguration du hangar marque ainsi une première étape. Pour que l’infrastructure produise pleinement les effets attendus, les différents acteurs devront désormais veiller à la disponibilité régulière des semences, à leur bonne conservation, à leur contrôle et à leur commercialisation, mais aussi à la sensibilisation des agriculteurs.

À Kayogoro, les agriculteurs disposent désormais d’un point d’approvisionnement plus proche. Reste à faire de ce nouveau hangar un véritable centre de référence pour les semences certifiées dans la région, et à maintenir le lien entre producteurs semenciers, services techniques et agriculteurs.

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