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Budget de l’Etat : une forte dépendance aux recettes fiscales et aux aides

Le budget général de l’Etat pour l’exercice 2026-2027 affiche des ressources globales de 6347 milliards de BIF. Mais derrière la progression des ressources par rapport à l’année précédente, leur composition révèle une forte dépendance aux recettes fiscales et aux aides (86%), alors que les autres sources de financement occupent une place nettement plus limitée.

A partir de la loi des finances portant budget de l’Etat pour l’exercice 2026-2027, la lecture de la composition des ressources budgétaires met en évidence une importante concentration sur les recettes fiscales qui représentent environ 3 684 milliards de BIF, 58% des ressources, soit la principale source des moyens de l’Etat pour l’année budgétaire 2026-2027.

Un apport extérieur de 28%

Les recettes non fiscales représentent 12%, soit 787 milliards de BIF. Elles proviennent notamment des revenus de la propriété, dividendes, loyers, amendes et pénalités, ainsi que les redevances liées aux activités, au patrimoine de l’Etat et de diverses recettes administratives.

A cela s’ajoutent les dons, qui représentent 1773 milliards environ 28 % des ressources globales. Ces derniers constituent une part importante du financement public, mais elles dépendent essentiellement de ressources extérieures. Enfin, les recettes exceptionnelles (récupération des fonds détournés, avance sur subvention des engrais, remboursement achat maïs…) ne représentent que 2% soit 101 milliards. Il est à noter que ces avances sont rarement remboursées en totalité par les bénéficiaires.

Dépenses courantes vs dépenses d’investissement

Les dépenses du budget général de l’Etat pour l’exercice 2026-2027 s’élèvent à 6732 milliards BIF dont les dépenses d’investissement occupent une grande partie, soit 3451 Milliards contre 3280 Milliards des dépenses courantes.

Pour l’exercice 2026-2027, la plus grande partie des dépenses courantes sera utilisée pour la rémunération des salariés, à hauteur de 1272.6 milliards (39%).

D’autre part, le financement des investissements repose largement sur les ressources extérieures, notamment les dons. Sur les 3 451,7 milliards de BIF prévus pour les dépenses d’investissement, 1 773,7 milliards proviendraient des tirages sur dons, soit plus de la moitié (51,4 %).

Une contreperformance dans la collecte  

En juin 2025, le Président de la République a promulguée un budget ambitieux de 5012 milliards de BIF. Onze mois après, une lacune d’environ 1448 milliards de BIF (soit 29%) a été orchestré, selon notre analyse des données fournies par les statistiques de la Banque de la République du Burundi (BRB).

Les recettes fiscales devaient atteindre 2513 milliards mais l’office burundais des recettes (OBR) a collecté un montant de 2348 milliards soit 93% des prévisions.  Les recettes non fiscales prévues étaient d’environ 941 milliards contre 588 milliards réalisées, soit un taux de réalisation de 62%. La récente mission du Fonds Monétaire International (FMI)  attribue cette faible mobilisation des ressources internes a la sous-performance des recettes non fiscales provenant des recettes des loyers et des ventes de biens et services. Les experts du FMI encourage les autorités à prioriser les dépenses et d’améliorer leur efficacité afin de compenser les insuffisances de recettes, tout en protégeant les services essentiels, les dépenses sociales ciblées et les investissements publics de qualité.

Un taux de décaissement relativement faible

En ce qui concerne les dons attendus, les prévisions étaient d’un peu plus de 1326 milliards; les décaissements ont été de 489 milliards soit 37% des décaissements.

Quant aux recettes exceptionnelles, le montant attendu était de 232 milliards.  139, soit 60% ont été remboursés. Ces retours de fonds comprennent notamment 152 milliards de BIF correspondant au remboursement de l’avance sur la subvention des engrais, et 45 milliards de FBu au titre du remboursement des achats de maïs.

Selon les dires du ministre des Finances et de l’Economie numérique devant l’Assemblée Nationale, le 24 décembre 2025, les avances allouées à l’ANAGESA avaient été relevées à 145 milliards de BIF : « Les 145 milliards de BIF que l’Etat a accordés à l’Agence nationale de gestion du stock de sécurité (ANAGESSA) pour acheter du maïs l’année passée n’ont pas été justifiés »

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