Madame Thérèse Ndabarushimana dit Kontorora habite le quartier Gabiro, cellule Kanyambo dans la ville de Ngozi. Ce surnom lui a été attribué pour son rôle de leader communautaire. Cette responsable collinaire et animatrice communautaire et défenseure des droits de l’enfant raconte son parcours.
« En 1991 j’ai intégré le groupe des femmes comme animatrice communautaire. C’est là où j’ai appris les techniques de résolution pacifique des conflits communautaires. Au fil des années, j’ai gagné la confiance de mes compatriotes car des habitants, car je fais mon travail correctement et de façon impartiale », se remémore Mme Thérèse Ndabarushimana. Elle traite régulièrement des cas des différends qui opposent les couples. En cas de mésentente, « j’écoute les parties au confit et je leur prodigue des conseils. Je leur dis qu’il faut pardonner et céder. Les parents doivent apprendre à composer ensemble au lieu de se rejeter les responsabilités. Ce qui aboutit le souvent à la séparation », déplore-t-elle.
Normalement, poursuit nous traitons des cas pour conflits mineurs tel que les dépassements au niveau des lopins de terre. Comme on connaît déjà les délimitations, on privilégie l’entente mutuelle entre les parties au conflit. Elle apporte également une assistance aux enfants en difficulté dont les droits ont été bafoués.
La gestion des divorces, un casse-tête
Cette élue remporte à chaque fois les élections collinaires car elle bénéficie du plein soutien de la population. L’une des grandes difficultés auxquelles elle fait face reste la gestion des cas de divorces. Pour ce genre de situation, nous essayons de concilier les parents en leur encouragent de dépasser leurs différends pour le bien être de leurs enfants. Il s’agit d’exposer les conséquences du divorce sur l’éducation des enfants si les parents venaient à se séparer. Si personne ne s’occupe plus d’eux leur avenir est hypothéqué a jamais. Dans, j’ai à réunir les parents qui étaient séparés pour une histoire liée à la vie conjugale. Plus leurs enfants grandissaient, le couple était privé de rapports sexuels et ils ont fini par se séparer.
Mme Kontorora leur a fourni une astuce: « j’ai dit à la mère de réveiller très tôt le matin les enfants et les envoyer puiser de l’eau ou chercher un matériel X loin chez les voisins. Comme ça le temps qu’ils reviennent ils pouvaient passer à l’action ». Le couple s’est remis ensemble malheureusement l’année dernière le mari est décédé.
La confidentialité au cœur de ses interventions
Notre interlocutrice joue un grand rôle dans la promotion du bien être familial. Elle veiller scrupuleusement au respect des réglés élémentaires d’hygiène. Pour les récalcitrants, elle n’hésite pas à engager ses propres moyens pour assurer la propreté des lieux publics. Pour elle, la confidentialité est le maître mot pour concilier les parties en conflits. « Si vous dévoilez une confidence, vous faussez complètement tout. Et il n’y a personne qui aura confiance en vous. Au contraire, si vous savez garder le secret, la confiance est garantie et comme ça, les membres de la communauté vous confient les faiblesses de leur couple ou les conflits latents entre voisins », estime-t-elle.
Une reconnaissance sociale
Les autorités administratives et les membres de la communauté apprécient son travail. « Nous devons du respect a cette brave femme pour son rôle dans le renforcement du tissu social. Elle est reconnue au niveau de notre localité pour sa contribution dans la promotion du développement des familles et des ménages », affirme Mme Eliane Icoyitungiye, rencontrée au quartier Gabiro.
Mme Icoyitungiye reconnaît qu’elle a appris des séances de sensibilisation animées par Kontorora comment éduquer ses enfants à travers le dialogue parent-enfant et le respect mutuel. Mme Thérèse occupe les devants de la scène dans la sensibilisation des femmes à aspirer leur autonomisation financière en intégrant les groupes d’épargne et de crédits communautaires et éviter tout comportement qui conduirait à l’infidélité qui hante beaucoup de ménages.
Ce dossier rédactionnel a été réalisé dans le cadre du projet « Lutte contre les violences faites aux femmes et aux filles : transformation des normes sociales discriminatoires – TWIRINDE IKUMIRANA II ». Ce projet est exécuté sur financement de l’Union Européenne à travers ONU Femmes Burundi et mis en œuvre par le consortium composé du Collectif des Associations et ONGs Féminines du Burundi (CAFOB) comme Lead, de l’United for Children Burundi Bw’uno Musi (UCBUM) et du Forum National des Femmes (FNF). Ainsi, le CAFOB apporte un soutien financier à la concrétisation de l’initiative médiatique de promotion du genre mise en œuvre par le magazine Jimbere.




