A Bujumbura, des commerçants affirment rencontrer des difficultés avec les machines de facturation électronique de l’Office burundais des recettes (OBR). Ils évoquent des problèmes de connexion internet qui empêcheraient la transmission des factures et les exposeraient, selon eux, à des sanctions. Ils demandent également l’intégration d’une interface en kirundi pour en faciliter l’utilisation. L’OBR assure, de son côté, qu’aucune amende n’est appliquée lorsqu’un dysfonctionnement technique est avéré et rappelle que les utilisateurs sont formés avant la mise en service des appareils.

Interrogés le 24 juillet 2026, plusieurs commerçants expliquent qu’il arrive que les machines ne parviennent pas à transmettre les factures en raison d’une mauvaise connexion Internet. Dans ces situations, certains affirment avoir été sanctionnés alors qu’ils estiment ne pas être responsables de cette défaillance technique.
Au-delà des difficultés de connexion, ils regrettent que les interfaces des machines soient uniquement disponibles en langues étrangères, principalement en français. Selon eux, une version en kirundi permettrait à un plus grand nombre d’utilisateurs de mieux comprendre les fonctionnalités des appareils, de réduire les erreurs de manipulation et de respecter plus facilement leurs obligations fiscales.
« Nous souhaiterions que ces machines soient aussi disponibles en kirundi. Tout le monde ne maîtrise pas le français, et cela nous faciliterait beaucoup le travail au quotidien. Nous commettrions moins d’erreurs et utiliserions les machines avec plus d’assurance », témoigne Jeanne N., commerçante dans une alimentation.
Les commerçants demandent ainsi à l’OBR de prendre en considération ces préoccupations afin d’apporter des solutions adaptées à leurs réalités.
« Nous ne refusons pas d’utiliser ces machines. Nous souhaitons simplement que les difficultés que nous rencontrons soient prises en compte, notamment les problèmes de connexion et la langue. Si des améliorations sont apportées, notre travail sera plus facile et nous pourrons remplir nos obligations fiscales sans difficulté », affirme Claude Niyukuri, commerçant de ciment.
L’OBR : « Aucune amende en cas de véritable problème de connexion »
Interrogé sur ces préoccupations, le porte-parole de l’OBR, Stany Ngendakumana, affirme que les commerçants ne sont pas sanctionnés lorsqu’une facture ne peut pas être transmise en raison d’un véritable problème de connexion.

Il explique que, lorsque la connexion Internet est indisponible, les factures restent enregistrées dans la machine avec le statut « en attente ». Dès que la connexion est rétablie, elles sont automatiquement transmises au système de l’OBR. Les agents de l’administration fiscale peuvent vérifier ces données, ce qui leur permet de distinguer les véritables incidents techniques des situations où aucune facture n’a été enregistrée.
Selon lui, certains contribuables invoquent toutefois des problèmes de connexion alors qu’aucune facture n’apparaît dans le système. Il cite notamment les cas où un commerçant affirme avoir été privé de connexion pendant plusieurs jours, voire plusieurs semaines, sans qu’aucune tentative de transmission ne soit enregistrée.
« En cas de problème de connexion, les factures restent en attente et aucune amende n’est infligée. Nous pouvons le vérifier dans notre système », affirme Stany Ngendakumana.
Il précise par ailleurs que les difficultés liées à Internet relèvent des opérateurs de télécommunications et non de l’OBR.
Une interface en kirundi réclamée
Concernant la demande d’une interface en kirundi, le porte-parole reconnaît que les machines fonctionnent actuellement en français. Il rappelle toutefois que chaque commerçant bénéficie d’une formation avant leur utilisation. Les agents de l’OBR expliquent notamment comment enregistrer les différents produits et restent disponibles pour accompagner les utilisateurs en cas de difficulté.
Pour illustrer son propos, il compare cette situation à celle des téléphones de marques comme Samsung ou Nokia, dont les interfaces sont principalement proposées en français ou en anglais, sans empêcher les utilisateurs burundais de les utiliser au quotidien.
Malgré ces explications, plusieurs commerçants continuent de plaider pour l’intégration du kirundi parmi les langues disponibles sur les machines de facturation électronique. Ils souhaitent également que les difficultés liées à la connexion Internet soient davantage prises en compte afin d’éviter tout malentendu lors des contrôles fiscaux.




