Une délégation composée de représentans régionaux de l’UNFPA, de l’OMS, de l’UNICEF et de l’ONUSIDA a effectué, le 3 juin 2026, une visite dans le district sanitaire de Giharo, en province de Rutana, ainsi que dans le site de réfugiés congolais de Musenyi I. Cette mission visait à évaluer les résultats du projet conjoint 2gether4SRHR (« Ensemble pour améliorer la santé reproductive »), financé par la Suède, notamment en matière de santé maternelle, de planification familiale, de lutte contre le VIH et de promotion des droits en santé sexuelle et reproductive.

Cette mission avait notamment pour objectif d’apprécier les résultats déjà enregistrés par le programme, d’identifier les défis rencontrés et les solutions envisagées, ainsi que d’évaluer la collaboration développée avec les communautés, les bénéficiaires et les partenaires de terrain. Le programme vise à améliorer la qualité des soins et des services intégrés de santé reproductive afin d’accélérer la réduction des décès maternels évitables, des besoins non satisfaits en planification familiale, ainsi que des nouvelles infections et des discriminations liées au VIH.
Les bénéficiaires rencontrés au cours de la visite ont salué les effets positifs du projet sur leur santé et celle de leurs familles. Un couple a expliqué que les séances de sensibilisation organisées dans le cadre du projet lui ont permis de mieux comprendre l’importance de la planification familiale.
« Ce projet nous a beaucoup aidés. Aujourd’hui, les femmes et les enfants sont en meilleure santé grâce aux conseils reçus des animateurs communautaires », ont-ils témoigné.

Après avoir expérimenté différentes méthodes contraceptives, ils ont choisi l’auto-injection contraceptive Sayana Press, qu’ils apprécient pour sa simplicité d’utilisation à domicile et la confidentialité qu’elle offre.
Le couple formé par Niyomwungere Cyriack et Nibimenya Médiatrice partage le même constat. Parents d’un premier enfant, ils affirment avoir décidé de planifier les naissances afin d’assurer de meilleures conditions de vie à leur famille.
« Nous avons reçu des informations auprès des services de santé et choisi la méthode injectable, qui nous permet de gagner du temps tout en répondant à nos besoins », expliquent-ils.
Tous remercient les partenaires du projet et encouragent d’autres familles à s’informer davantage sur les différentes méthodes de planification familiale disponibles.
L’hôpital de Giharo enregistre des progrès en santé maternelle
Le directeur de l’hôpital de district de Giharo, le Dr Claver Bikorimana, estime que le projet a joué un rôle déterminant dans l’amélioration de la prise en charge des complications liées à la grossesse et à l’accouchement, contribuant ainsi au bien-être de la mère, du nouveau-né et de la famille.

Selon lui, l’établissement a bénéficié de médicaments, d’équipements médicaux et de matériels destinés à la prise en charge des complications obstétricales ainsi qu’aux interventions chirurgicales.
« Ce projet a profondément transformé notre hôpital. Les décès maternels ont sensiblement diminué et les services sont davantage sollicités par la population », a-t-il déclaré.
L’hôpital accueille aujourd’hui environ 300 femmes par mois, contre 150 auparavant. Les parturientes proviennent de différentes localités de la province de Rutana, mais également de Tanzanie et du site de réfugiés congolais de Musenyi. Le directeur de l’établissement plaide toutefois pour l’extension de la maternité et la modernisation du bloc opératoire afin de répondre à l’augmentation de la demande.
Lancé en 2025 et prévu jusqu’en 2026, le projet 2gether4SRHR est mis en œuvre dans les provinces de Rutana et de Muyinga, deux régions confrontées à d’importants défis en matière de santé maternelle et de lutte contre le VIH. Financé par la Suède, il est exécuté en collaboration avec le ministère de la Santé publique à travers le Programme national de santé de la reproduction (PNSR), le Programme national de lutte contre le sida (PNLS), des associations professionnelles et des organisations non gouvernementales.
Le projet a notamment permis l’introduction de plusieurs pratiques d’auto-soins, telles que l’auto-injection de la contraception injectable Sayana Press, l’autotest du VIH et l’autotest de grossesse. Ces innovations ont contribué à rapprocher les services de santé des communautés, particulièrement des jeunes et des femmes, tout en renforçant leur autonomie, leur discrétion et leur capacité à prendre des décisions éclairées concernant leur santé reproductive.
A Musenyi I, un appel à renforcer la santé sexuelle et reproductive des jeunes
Après leur visite à l’hôpital de Giharo, les représentants régionaux de l’UNFPA, de l’UNICEF, de l’ONUSIDA et de l’OMS se sont rendus au site de réfugiés congolais de Musenyi I.

Cette visite avait pour objectif d’évaluer les réalisations du programme conjoint, les défis rencontrés ainsi que la synergie et la complémentarité des partenaires intervenant sur le terrain. Le programme contribue notamment à réduire la mortalité maternelle grâce à des soins de qualité, à promouvoir la planification familiale, à prévenir les nouvelles infections au VIH et à lutter contre les violences basées sur le genre.
Les femmes et les adolescentes du site ont réservé un accueil chaleureux à la délégation et exprimé leur reconnaissance pour les conseils et les informations reçus.
Selon Meron Negussie, représentante de l’UNFPA, le projet vise à améliorer les conditions de vie des femmes, des jeunes et de l’ensemble de la population burundaise à travers l’accès à des soins de qualité et le renforcement de la demande des services de santé sexuelle et reproductive.
Les partenaires ont salué les progrès réalisés par le gouvernement du Burundi dans le renforcement des services de santé et dans la coordination des interventions. Ils ont toutefois souligné que les grossesses et maternités précoces chez les adolescentes demeurent une préoccupation majeure.
Selon eux, cette situation est souvent liée au manque d’informations sur la santé sexuelle et reproductive, à certaines barrières socioculturelles ainsi qu’à la stigmatisation et à la discrimination dont sont encore victimes de nombreux jeunes. Ces obstacles limitent leur accès aux services de santé et à l’utilisation des moyens de prévention des grossesses non désirées et des infections sexuellement transmissibles.

Koech Rotich, représentant de l’ONUSIDA, a insisté sur le rôle essentiel des familles et des communautés dans la promotion de comportements favorables à la santé. Il a notamment rappelé l’importance du préservatif dans la prévention des grossesses non désirées et dans la lutte contre les infections sexuellement transmissibles, y compris le VIH.
Les agences partenaires ont réaffirmé leur engagement à poursuivre leur collaboration avec le gouvernement du Burundi et les communautés afin de consolider les acquis du projet 2gether4SRHR. Elles entendent continuer à soutenir les efforts visant à réduire la mortalité maternelle, à améliorer l’accès à l’information sur la santé sexuelle et reproductive et à renforcer la participation des femmes et des jeunes au développement du pays.




