
Nouveau président en exercice de l’Union africaine, le chef de l’État burundais, Evariste Ndayishimiye, entend placer son mandat sous le signe de la solidarité, de l’eau potable, de la paix et de l’autonomisation de la jeunesse. Dans un contexte continental instable, il promet une gouvernance fondée sur le dialogue, l’humilité et l’action concrète.
Prenant le relais de l’Angola lors du 39ème Sommet de l’organisation continentale africaine, le Burundi hérite de la présidence de l’Union africaine (UA) dans un contexte marqué par des crises sécuritaires, économiques et climatiques persistantes. L’année 2026 est placée sous le thème : « Assurer une disponibilité durable de l’eau et des systèmes d’assainissement sûrs pour atteindre les objectifs de l’Agenda 2063 ».
Selon Évariste Ndayishimiye, plus de 400 millions d’Africains n’ont toujours pas accès à une eau potable sûre, et près de 700 millions restent privés de services d’assainissement adéquats. « On ne peut bâtir une Afrique prospère sans eau potable ni hygiène », a-t-il martelé, soulignant que la santé, l’éducation et la productivité en dépendent directement.
Au niveau du Burundi, le chef de l’État ambitionne qu’à l’horizon 2040, chaque famille rurale puisse accéder à un point d’eau potable en moins de quinze minutes de marche. « Nous estimons que si chaque pays africain faisait un effort pour réduire les distances d’accès à l’eau potable, surtout dans les régions rurales, chacun de nous, en tant que responsable du destin de nos citoyens, reprendrait son souffle », confie le président en exercice de l’Union africaine.
Évariste Ndayishimiye n’a pas manqué de souligner la consolidation de la paix et de la sécurité comme un axe majeur de son mandat à la tête de l’UA. Il affirme son engagement en faveur de l’initiative « Faire taire les armes », destinée à prévenir les conflits et à renforcer la stabilité du continent.
Il plaide pour une meilleure coordination entre les mécanismes africains de paix, de gouvernance et de médiation, en lien étroit avec les communautés économiques régionales. L’objectif est, selon lui, d’anticiper les crises, de promouvoir une gouvernance inclusive et de favoriser la reconstruction post-conflit.
La jeunesse au cœur de la Renaissance africaine
Surnommé « l’ami des jeunes », Évariste Ndayishimiye voit dans la jeunesse africaine un moteur essentiel du changement. Conscient du défi démographique (plus de 2,5 milliards d’habitants attendus en 2050), il souhaite transformer ce potentiel en levier de développement.
En août 2026, il prévoit d’organiser à Bujumbura un grand dialogue continental sur la Jeunesse, la Paix et la Sécurité, couplé à l’Agenda Femmes, Paix et Sécurité. Parallèlement, il promeut le programme A-RISE, axé sur l’innovation, la science, le développement des compétences et l’autonomisation économique des jeunes et des femmes.
Il cite l’expérience burundaise des banques dédiées à ces catégories comme un modèle favorisant l’entrepreneuriat et l’accès au financement, notamment dans le cadre de la zone de libre-échange continentale africaine.
Humilité et responsabilité continentale
Conscient du poids de sa mission, Évariste Ndayishimiye se veut humble face à l’ampleur de la tâche. Dans un discours empreint de spiritualité, il a confié s’en remettre à sa foi pour assumer cette responsabilité historique.
« L’Afrique que nous voulons ne se bâtira pas demain, mais aujourd’hui et chaque jour », a-t-il déclaré, appelant à un engagement collectif fondé sur la solidarité et le respect mutuel.
En promettant une présidence marquée par l’écoute, l’impartialité et la recherche du consensus, le chef de l’État burundais entend inscrire son mandat dans la continuité d’une Afrique plus résiliente, plus inclusive et tournée vers l’avenir.




